Un semis fraîchement réalisé, une terre soigneusement préparée et, dès le lendemain, des trous un peu partout : les chats peuvent rapidement compromettre les efforts du jardinier. Leur préférence pour les terres meubles explique pourquoi les potagers et les massifs récemment travaillés sont particulièrement exposés. Pourtant, il existe des solutions simples pour empêcher les chats de gratter la terre, sans les blesser ni utiliser de répulsif. Le principe consiste à protéger physiquement les surfaces sensibles, en choisissant une méthode adaptée aux plantations.
Pour faire leurs besoins, de nombreux chats recherchent une surface dans laquelle ils peuvent facilement creuser. Une terre fine, meuble et relativement sèche leur offre des conditions favorables.
C’est pourquoi certaines zones du jardin sont plus souvent concernées :
Un chat peut également revenir régulièrement dans une zone déjà utilisée. Les odeurs laissées sur place peuvent contribuer à cette fidélité, même si les comportements varient d’un animal à l’autre.
Le meilleur moyen de limiter les dégâts consiste donc à rendre la terre inaccessible au grattage, plutôt qu’à chercher systématiquement à repousser l’animal par une odeur désagréable.
Les jeunes semis sont particulièrement vulnérables. Un seul passage de chat peut déplacer les graines, détruire les premiers germes ou déranger les plantules.
Pour les protéger, une solution fiable consiste à installer une barrière physique au-dessus de la zone cultivée.
Un morceau de grillage rigide à mailles suffisamment serrées, installé sur un petit cadre ou des supports, peut empêcher le chat d’accéder à la terre.
Quelques précautions sont indispensables :
Un filet de protection bien tendu sur des arceaux peut également convenir, à condition qu’il ne puisse pas s’affaisser sur les semis et qu’il ne présente pas de risque d’enchevêtrement pour les animaux.
Attention : recouvrir directement une planche de semis de plusieurs centimètres de pouzzolane, de graviers ou de paillis grossier est à éviter. Ces matériaux peuvent gêner la levée des graines et compliquer l’entretien des jeunes cultures.
À l’automne, les massifs fraîchement préparés pour accueillir les tulipes, narcisses, crocus ou jacinthes présentent souvent une terre particulièrement facile à gratter.
Dans ce cas, les rameaux issus de la taille des arbustes constituent une solution économique.
Récupérez des rameaux de noisetier, de charme ou d’autres arbustes non épineux, puis répartissez-les à la surface du massif.
L’objectif n’est pas de créer une barrière dangereuse, mais de rendre le grattage moins commode.
Elle ne garantit pas qu’aucun chat ne reviendra, mais peut contribuer à rendre le massif moins intéressant pour un animal habitué à gratter une terre dégagée.
Lorsque les plantes sont bien installées, la problématique est différente. Il n’est plus nécessaire de protéger la germination, mais plutôt de limiter les espaces de sol facilement accessibles.
Un paillage adapté aux végétaux peut contribuer à couvrir ces surfaces.
Selon les cultures et les caractéristiques du sol, plusieurs matériaux sont envisageables :
Le paillage n’est cependant pas un répulsif garanti. Certains chats peuvent continuer à gratter des matériaux légers ou à se déplacer entre les plantes.
Il faut également respecter les besoins des végétaux, notamment au niveau du collet, de l’humidité et de la circulation de l’air.
Le paillage doit d’abord être choisi pour ses qualités horticoles, et non uniquement pour éloigner les chats.
Le marc de café, les écorces d’agrumes ou certaines plantes aromatiques sont régulièrement présentés comme des solutions pour éloigner les chats.
Leur efficacité reste pourtant incertaine et variable selon les animaux.
Une odeur qui dérange un chat peut être parfaitement tolérée par un autre. À l’extérieur, la pluie, le vent et la dégradation des matières odorantes peuvent également réduire leur persistance.
Certaines recettes doivent même être évitées.
Les répulsifs du commerce peuvent être utilisés lorsqu’ils sont adaptés à l’usage recherché et conformément à leur étiquetage, mais leur efficacité n’est pas systématique.
Pour protéger une petite surface de semis, une barrière physique reste généralement une solution plus prévisible.
Lorsqu’un chat utilise régulièrement une zone du jardin, il peut être nécessaire de maintenir la protection pendant quelque temps.
Il n’existe pas de délai universel au bout duquel l’animal abandonne définitivement un emplacement.
Quelques mesures complémentaires peuvent être utiles :
Si le chat appartient au foyer, il est également important de lui proposer un endroit adapté pour faire ses besoins, notamment une litière propre, accessible et placée dans un environnement calme.
Pour un chat du voisinage, la protection des cultures demeure souvent plus réaliste que la recherche d’une solution destinée à l’empêcher totalement d’entrer dans le jardin.
Au-delà des dégâts causés aux plantations, les déjections de chat peuvent présenter un risque sanitaire, notamment en raison de certains parasites comme Toxoplasma gondii.
Si un chat a fait ses besoins dans une planche de culture :
Un simple lavage ne garantit pas l’élimination de tous les agents pathogènes. Les légumes directement souillés par des matières fécales doivent être écartés de la consommation crue.
La prévention reste donc essentielle, en particulier dans les espaces destinés aux salades, radis, carottes et autres légumes proches du sol.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.