Vous avez découvert des mille-pattes sous un pot de fleurs, dans le compost ou au pied de vos légumes ? Leur présence peut surprendre, voire inquiéter lorsqu’ils sont nombreux. Pourtant, ces petits animaux jouent souvent un rôle utile au jardin : certains participent à la décomposition des matières végétales, tandis que d’autres chassent de petits invertébrés.
Faut-il les laisser tranquilles ou chercher à les éloigner ? Tout dépend de l’espèce, de son comportement et de l’endroit où elle se trouve.
La plupart des mille-pattes rencontrés dans la terre ou sous les feuilles mortes sont des auxiliaires du jardin. Ils contribuent au fonctionnement naturel du sol, mais pas tous de la même manière.
Les iules, gloméris et polydesmes consomment principalement des matières végétales en décomposition : feuilles mortes, fragments de bois et autres débris organiques. En les fragmentant, ils facilitent le travail des champignons et des bactéries qui poursuivent leur dégradation.
Cette activité participe progressivement à la formation d’une matière organique mieux intégrée au sol. Elle contribue aussi au recyclage des éléments nutritifs nécessaires aux plantes.
Les lithobies, en revanche, sont des chasseurs. Rapides et discrets, ils se nourrissent de petits invertébrés, notamment d’insectes et de leurs larves. Leur présence contribue à la diversité des prédateurs naturels du jardin.
On les rencontre souvent dans les endroits frais, humides et peu exposés à la lumière. Leur apparence et leur façon de se déplacer permettent généralement de les distinguer.
Un repère simple : les mille-pattes lents qui s’enroulent sont généralement des décomposeurs, tandis que ceux qui courent rapidement sont souvent des prédateurs.
Dans la grande majorité des cas, leur présence n’est pas préoccupante. Les diplopodes préfèrent les végétaux morts ou déjà en cours de décomposition.
Cependant, certaines espèces peuvent occasionnellement grignoter des tissus végétaux tendres, notamment de jeunes plantules, des fruits en contact avec le sol ou des parties déjà fragilisées.
Ce comportement peut apparaître lorsque les individus sont particulièrement nombreux ou que les conditions sont favorables à leur prolifération.
Si vous découvrez des dégâts sur vos cultures, vérifiez également la présence de limaces, d’escargots ou de pourritures. Les mille-pattes peuvent simplement profiter de végétaux déjà abîmés.
Les mille-pattes recherchent des milieux où ils peuvent conserver leur humidité corporelle. C’est pourquoi ils se réfugient volontiers sous les pierres, les pots, les planches de bois, les feuilles mortes et le paillage.
Le printemps et l’automne sont souvent des périodes favorables à leur activité, lorsque le sol est suffisamment humide et que les températures restent douces.
En été, les fortes chaleurs et la sécheresse les poussent davantage à rechercher des refuges. En hiver, leur activité ralentit généralement avec le froid, sans disparaître nécessairement dans les couches de sol protégées du gel.
Il n’existe pas de température unique à partir de laquelle tous les mille-pattes cessent de s’alimenter : leur comportement dépend des espèces et des conditions locales.
Il n’est pas nécessaire d’acheter quoi que ce soit pour les attirer. Quelques pratiques simples permettent de préserver leur habitat et d’encourager la vie du sol.
Un apport de compost mûr peut également enrichir le sol en matière organique. Il nourrit avant tout l’activité biologique du sol, sans constituer une méthode spécifique pour attirer les mille-pattes.
Au potager, gardez toutefois les zones de semis dégagées : les jeunes légumes ont besoin de lumière et ne doivent pas être recouverts d’une épaisse couche de feuilles.

Sous les feuilles mortes et le paillage, les mille-pattes trouvent nourriture et humidité, tout en participant à l’équilibre du sol.
Il arrive que les iules soient présents en grand nombre, notamment après des périodes pluvieuses. Ils peuvent alors se déplacer sur les terrasses, près des murs ou entrer occasionnellement dans les habitations.
Dans ce cas, inutile de recourir systématiquement à un insecticide. Il suffit généralement de réduire l’humidité excessive à proximité des ouvertures, de retirer les accumulations de végétaux contre les murs et de ramasser les individus présents dans la maison.
Au jardin, une population abondante n’est pas nécessairement le signe d’un déséquilibre. Elle peut simplement indiquer que le milieu est riche en matière organique et offre de nombreux refuges.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.