Faut-il sortir la bêche cet automne ou patienter jusqu’au printemps ? La question se pose souvent devant une touffe d’hémérocalles devenue trop volumineuse, un aster qui se dégarnit au centre ou un massif de vivaces qui fleurit moins généreusement.
La réponse dépend de plusieurs facteurs : l’espèce, la nature de ses racines, le climat et l’état du sol. Certaines vivaces profitent d’une division automnale pour bien s’installer, tandis que d’autres reprennent mieux au printemps. Voici comment choisir la bonne période, plante par plante.
Une vivace récemment divisée doit reconstituer un système racinaire suffisant pour assurer sa reprise. En automne, cette opération peut être favorable lorsque le sol est encore doux, ressuyé et que les premières fortes gelées sont suffisamment éloignées.
Il n’existe cependant pas de température minimale ni de délai universel valable pour toutes les espèces. La vitesse d’enracinement dépend de la plante, de l’humidité et de la température du sol.
Dans les régions aux hivers précoces, mieux vaut généralement intervenir en septembre ou au début d’octobre. Sur la façade atlantique et dans les régions méridionales, la période favorable peut se prolonger davantage si les conditions restent douces.
À l’inverse, une terre froide, détrempée ou régulièrement soumise au gel complique la reprise. Les éclats fraîchement replantés risquent alors de pourrir ou d’être soulevés par l’alternance du gel et du dégel.
En sol argileux compact, attendez que la terre soit suffisamment ressuyée pour travailler sans former de grosses mottes collantes. Si le terrain reste humide tout l’hiver, la division printanière sera souvent préférable.
De nombreuses vivaces à touffes denses ou à racines fibreuses supportent bien une division en automne, à condition de leur laisser le temps de s’installer avant les grands froids.
Pour ces plantes, la division automnale permet parfois un bon enracinement avant l’été suivant. Mais elle n’est pas systématiquement supérieure à une division printanière.
Les vivaces adaptées à l’ombre sèche peuvent notamment profiter des pluies automnales pour s’installer avant les périodes de sécheresse, à condition que le sol reste bien drainé.
Certaines plantes supportent mal les perturbations racinaires juste avant l’hiver, notamment lorsqu’elles apprécient la chaleur ou redoutent l’humidité stagnante.
La division au printemps leur permet de bénéficier de températures croissantes et de plusieurs mois de végétation pour s’enraciner.
Attention aux sauges arbustives et aux hélianthèmes : ces plantes à base ligneuse ne se multiplient pas aussi facilement par division qu’une vivace herbacée classique. Le bouturage constitue généralement une meilleure solution.
Les pivoines herbacées se divisent de préférence entre la fin de l’été et le début de l’automne, lorsque leur végétation commence à entrer en repos.
Chaque éclat doit conserver plusieurs yeux bien formés et des racines charnues saines. La plantation doit rester relativement superficielle, car des bourgeons trop profondément enterrés peuvent compromettre la floraison.
Une pivoine divisée peut demander deux ou trois saisons avant de retrouver une floraison généreuse. Si votre touffe est saine et fleurit abondamment, inutile de la déranger.
Pour choisir rapidement la bonne période, voici les principales recommandations selon le type de plante et sa sensibilité au froid.
| Vivaces | Période conseillée | Conseil de division |
|---|---|---|
| Hostas | Printemps ou début d’automne | Conserver plusieurs bourgeons par éclat |
| Hémérocalles | Printemps ou automne doux | Séparer les touffes en portions bien enracinées |
| Asters d’automne | Printemps de préférence | Prélever les parties périphériques vigoureuses |
| Achillées et marguerites | Printemps ou début d’automne | Éliminer les parties centrales épuisées |
| Heuchères et bergénias | Printemps ou début d’automne | Conserver une rosette et des racines sur chaque éclat |
| Iris des jardins | Été, après floraison | Replanter les rhizomes superficiellement |
| Pivoines herbacées | Fin d’été à début d’automne | Préserver plusieurs yeux et des racines charnues |
| Agapanthes et kniphofias | Printemps | Diviser uniquement les touffes suffisamment développées |
| Sedums d’automne | Printemps | Prélever des éclats portant plusieurs jeunes pousses |
| Graminées persistantes | Printemps, selon l’espèce | Éviter les divisions trop petites et les espèces peu tolérantes |
Une division réussie commence par une touffe saine, un sol suffisamment humide mais non détrempé et des outils propres.
Un paillage de quelques centimètres peut ensuite limiter les variations de température et préserver l’humidité. Laissez toutefois le collet dégagé pour éviter les risques de pourriture.
Les éclats destinés à être conservés temporairement en pot peuvent être installés dans un terreau pour plantes fleuries suffisamment drainant.
La reprise ne se manifeste pas toujours immédiatement, surtout après une division automnale.
Au printemps, l’apparition de nouvelles pousses constitue un signe encourageant. Une plante qui conserve des bourgeons fermes et un collet sain peut également être bien vivante malgré l’absence de croissance visible pendant l’hiver.
Évitez de tirer sur les éclats pour tester leur enracinement : ce geste peut endommager les jeunes racines en formation.
Pour approfondir les méthodes de multiplication, découvrez nos conseils sur la division des vivaces et le bouturage d’automne.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.