Couper une tige, la planter et obtenir une nouvelle plante identique à la plante mère : le bouturage reste l’une des façons les plus simples et économiques de multiplier arbustes, vivaces et aromatiques. Et contrairement à une idée reçue, tout ne s’arrête pas avec la fin de l’été. L’automne permet encore de bouturer de nombreuses plantes, à condition de choisir la bonne technique : bouture semi-ligneuse, à talon, à crossette, herbacée ou même bouture de racine.
Il n’existe pas une seule date valable pour toutes les plantes. En automne, le choix de la méthode dépend surtout de l’état des tiges et du type de plante à multiplier.
De la fin de l’été au début de l’automne, de nombreux rameaux de l’année deviennent semi-ligneux : encore relativement souples à leur extrémité, ils commencent à durcir à leur base. Ils conviennent particulièrement bien à de nombreux arbustes et aromatiques.
Plus tard dans la saison, les boutures réalisées sur du bois davantage lignifié ou directement à partir des racines prennent le relais. Certaines ne s’enracineront véritablement qu’après l’hiver.
Pas besoin de beaucoup de matériel. La propreté des outils et la qualité du substrat comptent davantage que la sophistication de l’équipement.
L’hormone de bouturage n’est pas indispensable pour toutes les plantes. Elle peut favoriser l’enracinement de certaines espèces plus difficiles, alors que les plantes faciles à bouturer s’en passent généralement très bien.
Point essentiel : une bouture qui ne possède pas encore de racines est très sensible au dessèchement. À l’inverse, un substrat constamment détrempé favorise la pourriture. Il faut donc maintenir une humidité régulière, sans excès.
Arbustes, aromatiques, petits fruitiers et vivaces peuvent encore être multipliés à cette saison, mais la technique varie selon la plante et la maturité de ses tissus. Voici les principales plantes concernées dans cet article.
| Plante | Technique | Partie prélevée | Protection |
|---|---|---|---|
| Hortensia | Semi-ligneuse | Pousse de l’année | À protéger des fortes gelées |
| Laurier-rose | Semi-ligneuse | Jeune rameau | Hors gel |
| Buddleia | Semi-ligneuse | Pousse de l’année | À l’abri ou sous châssis |
| Escallonia | Semi-ligneuse | Pousse de l’année | À l’abri des fortes gelées |
| Troène | Semi-ligneuse | Tige de l’année | Dehors à l’abri |
| Lavande | Semi-ligneuse | Pousse non fleurie | À l’abri, substrat drainant |
| Romarin | Semi-ligneuse | Pousse de l’année | À l’abri, substrat drainant |
| Houx | À talon | Rameau latéral avec talon | Sous châssis ou à l’abri |
| Pyracantha | À talon | Rameau latéral avec talon | À l’abri |
| Berbéris | À talon | Rameau latéral | À l’abri |
| Vigne | À crossette | Rameau lignifié avec vieux bois | À l’abri ou sous châssis |
| Groseillier | À crossette | Rameau lignifié | Dehors à l’abri |
| Cassissier | À crossette | Rameau lignifié | Dehors à l’abri |
| Figuier | À crossette | Rameau lignifié | À protéger des fortes gelées |
| Basilic | Herbacée | Pousse tendre | À rentrer avant le froid |
| Menthe | Herbacée | Extrémité de pousse | À protéger pendant l’enracinement |
| Sauge | Herbacée | Pousse tendre | À protéger du gel |
| Verveine | Herbacée | Pousse tendre | À rentrer avant les gelées |
| Pélargonium | Herbacée | Tige non fleurie | Hors gel |
| Coleus | Herbacée | Extrémité de tige | À rentrer avant le gel |
| Pavot d’Orient | Racinaire | Fragment de racine | Sous châssis ou à l’abri |
| Acanthe | Racinaire | Fragment de racine | Sous protection |
| Anémone du Japon | Racinaire | Fragment de racine | Sous châssis froid |
| Framboisier | Racinaire | Fragment de racine | À l’abri jusqu’à la reprise |
| Pervenche | Racinaire | Fragment de racine | Sous protection |
| Sumac | Racinaire | Fragment de racine | Sous châssis ou à l’abri |
C’est l’une des techniques les plus intéressantes à la fin de l’été et au début de l’automne. Elle concerne les arbustes dont les tiges de l’année ont commencé à se lignifier : la base durcit tandis que l’extrémité reste encore relativement souple.
Prélevez une tige saine d’environ 10 à 15 cm. Retirez les feuilles situées sur la partie qui sera enterrée et conservez quelques feuilles au sommet. Si elles sont particulièrement grandes, leur surface peut être réduite afin de limiter les pertes d’eau.
Installez la bouture dans un substrat léger et maintenez-le humide sans le détremper.
Plantes concernées : hortensia, laurier-rose, buddleia, escallonia, troène, lavande et romarin.
L’escallonia et le buddleia font notamment partie des arbustes intéressants pour se familiariser avec cette technique.
La bouture à talon est une variante particulièrement intéressante pour certains arbustes. Au lieu de sectionner directement le rameau latéral, on le détache de manière à conserver à sa base un petit fragment de la branche qui le portait : le talon.
Si ce morceau est trop long ou déchiré, parez-le proprement au sécateur avant de mettre la bouture dans son substrat.
Le geste demande un peu plus de précision qu’une bouture classique, mais cette méthode est particulièrement adaptée à certaines plantes ligneuses.
La bouture à crossette ressemble à la bouture à talon, mais elle conserve volontairement à la base du rameau une petite portion de bois plus ancien.
Elle s’utilise sur des rameaux déjà bien lignifiés et convient notamment à la vigne et à plusieurs arbustes fruitiers.
Plantes concernées : vigne, groseillier, cassissier et figuier.
Prélevez un rameau lignifié en conservant à sa base le morceau de bois plus ancien. Les boutures peuvent mesurer environ 20 à 25 cm selon la plante.
Une bonne partie du rameau peut être installée dans le substrat en laissant quelques bourgeons au-dessus de la surface.
Ces boutures ligneuses peuvent passer l’hiver dans un endroit protégé, par exemple contre un mur ou sous châssis, avant de véritablement redémarrer au printemps.
Cette technique concerne les plantes dont les tiges sont encore vertes, tendres et non lignifiées. Elle est particulièrement utile pour certaines aromatiques et plantes gélives que l’on souhaite conserver pendant l’hiver.
Prélevez une extrémité de pousse saine d’environ 8 à 10 cm, de préférence sans fleur.
Retirez les feuilles de la partie inférieure et conservez quelques feuilles au sommet. Comme ces tiges tendres perdent rapidement de l’eau, une atmosphère humide favorise leur maintien pendant les premiers temps.
Pour une plante comme la verveine ou le pélargonium, le bouturage d’automne permet aussi de conserver de jeunes sujets à l’abri pendant l’hiver.
Cette méthode ne nécessite aucune tige. Certaines plantes peuvent produire de nouvelles pousses à partir d’un simple fragment de racine.
La période de repos végétatif est particulièrement adaptée à cette multiplication.
Pour éviter de perdre le sens du fragment, vous pouvez effectuer une coupe droite du côté supérieur et une coupe oblique du côté inférieur.
Plantes concernées : pavot d’Orient, acanthe, anémone du Japon, framboisier, pervenche et sumac.
Les nouvelles pousses apparaissent généralement lorsque les conditions redeviennent favorables. Pour découvrir d’autres méthodes, consultez également nos conseils sur la multiplication et la division des vivaces.
C’est une question essentielle avec un bouturage réalisé en automne. Toutes les boutures ne doivent pas être hivernées de la même façon.
| Type de bouture | Pendant l’hiver |
|---|---|
| Semi-ligneuse rustique | Endroit abrité ou sous châssis, avec protection contre les fortes gelées |
| À talon | Sous châssis ou dans un emplacement protégé |
| À crossette | Peut hiverner dehors à l’abri selon la plante |
| Herbacée et gélive | À rentrer dans un endroit lumineux et hors gel |
| Racinaire | Sous châssis froid ou dans un emplacement protégé selon la plante |
Dans tous les cas, évitez les excès d’eau pendant la mauvaise saison. Un substrat froid et détrempé augmente fortement le risque de pourriture.
Les échecs viennent souvent de quelques erreurs simples.
Un substrat détrempé peut provoquer la pourriture de la base avant même l’apparition des racines. Le mélange doit rester légèrement humide mais bien aéré.
Tant que les racines ne sont pas suffisamment développées, la bouture ne peut pas compenser une forte perte d’eau par le feuillage. Évitez donc une exposition brûlante et privilégiez une lumière adaptée à la plante.
Plus la surface foliaire est importante, plus la bouture perd de l’eau. Supprimer les feuilles inférieures et réduire éventuellement les plus grandes limite cette transpiration.
Tirer régulièrement sur une bouture risque d’endommager les jeunes racines. Attendez plutôt l’apparition d’une nouvelle croissance ou une résistance nette avant d’intervenir.
Une fois les feuilles tombées, distinguer plusieurs boutures ligneuses devient vite compliqué. Inscrivez dès le départ le nom de la plante et, si besoin, la variété et la date de prélèvement.
L’astuce à retenir : en automne, choisissez d’abord la technique en fonction de la plante et de la maturité de ses tiges. Maintenez ensuite le substrat légèrement humide et protégez les boutures selon leur rusticité.
De nombreuses plantes s’y prêtent : hortensia, buddleia, troène, lavande, romarin, houx, vigne, groseillier, cassissier, figuier, menthe, pélargonium ou encore certaines vivaces par bouture de racine. La technique varie selon la plante.
Pas systématiquement. Beaucoup de plantes faciles à multiplier s’enracinent sans hormone. Elle peut en revanche être utile pour favoriser l’enracinement de certaines espèces plus difficiles.
Cela dépend de la plante. Certaines boutures ligneuses et rustiques peuvent hiverner dans un emplacement extérieur protégé ou sous châssis. Les boutures tendres et celles issues de plantes gélives doivent être protégées du gel.
Oui. Octobre permet encore de multiplier différentes plantes, notamment avec des rameaux semi-ligneux ou lignifiés et, pour certaines vivaces, à partir de fragments de racines. Il faut toutefois adapter la technique au stade de végétation et au climat.
La durée varie beaucoup selon l’espèce, la technique et les conditions de culture. Certaines boutures tendres s’enracinent rapidement, tandis que des boutures ligneuses réalisées en automne peuvent rester discrètes pendant l’hiver et réellement démarrer au printemps.
Une base qui noircit peut notamment signaler une pourriture favorisée par un substrat trop humide. Retirez les parties atteintes, réduisez les arrosages et veillez à utiliser un mélange suffisamment drainant et des outils propres.
Attendez qu’elle soit correctement enracinée et montre des signes de croissance. Pour de nombreuses boutures réalisées en automne, le repiquage intervient au printemps suivant, lorsque la végétation redémarre.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.