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Bouturage à l’automne : 5 techniques et les plantes qui s’y prêtent

Boutures repiquées dans des godets de terreau

Couper une tige, la planter et obtenir une nouvelle plante identique à la plante mère : le bouturage reste l’une des façons les plus simples et économiques de multiplier arbustes, vivaces et aromatiques. Et contrairement à une idée reçue, tout ne s’arrête pas avec la fin de l’été. L’automne permet encore de bouturer de nombreuses plantes, à condition de choisir la bonne technique : bouture semi-ligneuse, à talon, à crossette, herbacée ou même bouture de racine.

Quand faire des boutures en automne ?

Il n’existe pas une seule date valable pour toutes les plantes. En automne, le choix de la méthode dépend surtout de l’état des tiges et du type de plante à multiplier.

De la fin de l’été au début de l’automne, de nombreux rameaux de l’année deviennent semi-ligneux : encore relativement souples à leur extrémité, ils commencent à durcir à leur base. Ils conviennent particulièrement bien à de nombreux arbustes et aromatiques.

Plus tard dans la saison, les boutures réalisées sur du bois davantage lignifié ou directement à partir des racines prennent le relais. Certaines ne s’enracineront véritablement qu’après l’hiver.

Le matériel pour réussir ses boutures d’automne

Pas besoin de beaucoup de matériel. La propreté des outils et la qualité du substrat comptent davantage que la sophistication de l’équipement.

  • Un sécateur propre et bien affûté afin d’obtenir des coupes nettes.
  • Des godets propres ou une caissette suffisamment profonde.
  • Un substrat léger et drainant, par exemple un mélange de terreau universel et de sable grossier ou de perlite.
  • Une cloche, un châssis ou un sac transparent pour les boutures tendres ayant besoin d’une atmosphère humide pendant leur enracinement.
  • Des étiquettes pour identifier les différentes plantes jusqu’au printemps.

L’hormone de bouturage n’est pas indispensable pour toutes les plantes. Elle peut favoriser l’enracinement de certaines espèces plus difficiles, alors que les plantes faciles à bouturer s’en passent généralement très bien.

Point essentiel : une bouture qui ne possède pas encore de racines est très sensible au dessèchement. À l’inverse, un substrat constamment détrempé favorise la pourriture. Il faut donc maintenir une humidité régulière, sans excès.

Quelles plantes peut-on bouturer en automne ?

Arbustes, aromatiques, petits fruitiers et vivaces peuvent encore être multipliés à cette saison, mais la technique varie selon la plante et la maturité de ses tissus. Voici les principales plantes concernées dans cet article.

Plante Technique Partie prélevée Protection
Hortensia Semi-ligneuse Pousse de l’année À protéger des fortes gelées
Laurier-rose Semi-ligneuse Jeune rameau Hors gel
Buddleia Semi-ligneuse Pousse de l’année À l’abri ou sous châssis
Escallonia Semi-ligneuse Pousse de l’année À l’abri des fortes gelées
Troène Semi-ligneuse Tige de l’année Dehors à l’abri
Lavande Semi-ligneuse Pousse non fleurie À l’abri, substrat drainant
Romarin Semi-ligneuse Pousse de l’année À l’abri, substrat drainant
Houx À talon Rameau latéral avec talon Sous châssis ou à l’abri
Pyracantha À talon Rameau latéral avec talon À l’abri
Berbéris À talon Rameau latéral À l’abri
Vigne À crossette Rameau lignifié avec vieux bois À l’abri ou sous châssis
Groseillier À crossette Rameau lignifié Dehors à l’abri
Cassissier À crossette Rameau lignifié Dehors à l’abri
Figuier À crossette Rameau lignifié À protéger des fortes gelées
Basilic Herbacée Pousse tendre À rentrer avant le froid
Menthe Herbacée Extrémité de pousse À protéger pendant l’enracinement
Sauge Herbacée Pousse tendre À protéger du gel
Verveine Herbacée Pousse tendre À rentrer avant les gelées
Pélargonium Herbacée Tige non fleurie Hors gel
Coleus Herbacée Extrémité de tige À rentrer avant le gel
Pavot d’Orient Racinaire Fragment de racine Sous châssis ou à l’abri
Acanthe Racinaire Fragment de racine Sous protection
Anémone du Japon Racinaire Fragment de racine Sous châssis froid
Framboisier Racinaire Fragment de racine À l’abri jusqu’à la reprise
Pervenche Racinaire Fragment de racine Sous protection
Sumac Racinaire Fragment de racine Sous châssis ou à l’abri

Technique 1 : la bouture semi-ligneuse

C’est l’une des techniques les plus intéressantes à la fin de l’été et au début de l’automne. Elle concerne les arbustes dont les tiges de l’année ont commencé à se lignifier : la base durcit tandis que l’extrémité reste encore relativement souple.

Prélevez une tige saine d’environ 10 à 15 cm. Retirez les feuilles situées sur la partie qui sera enterrée et conservez quelques feuilles au sommet. Si elles sont particulièrement grandes, leur surface peut être réduite afin de limiter les pertes d’eau.

Installez la bouture dans un substrat léger et maintenez-le humide sans le détremper.

Plantes concernées : hortensia, laurier-rose, buddleia, escallonia, troène, lavande et romarin.

L’escallonia et le buddleia font notamment partie des arbustes intéressants pour se familiariser avec cette technique.

Technique 2 : la bouture à talon

La bouture à talon est une variante particulièrement intéressante pour certains arbustes. Au lieu de sectionner directement le rameau latéral, on le détache de manière à conserver à sa base un petit fragment de la branche qui le portait : le talon.

Si ce morceau est trop long ou déchiré, parez-le proprement au sécateur avant de mettre la bouture dans son substrat.

  • Plantes concernées : berbéris, houx, pyracantha, genêt et certaines bruyères.
  • Prélevez de préférence un rameau latéral adapté plutôt qu’une longue pousse terminale.
  • Le talon doit rester petit et propre.

Le geste demande un peu plus de précision qu’une bouture classique, mais cette méthode est particulièrement adaptée à certaines plantes ligneuses.

Technique 3 : la bouture à crossette

La bouture à crossette ressemble à la bouture à talon, mais elle conserve volontairement à la base du rameau une petite portion de bois plus ancien.

Elle s’utilise sur des rameaux déjà bien lignifiés et convient notamment à la vigne et à plusieurs arbustes fruitiers.

Plantes concernées : vigne, groseillier, cassissier et figuier.

Prélevez un rameau lignifié en conservant à sa base le morceau de bois plus ancien. Les boutures peuvent mesurer environ 20 à 25 cm selon la plante.

Une bonne partie du rameau peut être installée dans le substrat en laissant quelques bourgeons au-dessus de la surface.

Ces boutures ligneuses peuvent passer l’hiver dans un endroit protégé, par exemple contre un mur ou sous châssis, avant de véritablement redémarrer au printemps.

Technique 4 : la bouture herbacée de fin de saison

Cette technique concerne les plantes dont les tiges sont encore vertes, tendres et non lignifiées. Elle est particulièrement utile pour certaines aromatiques et plantes gélives que l’on souhaite conserver pendant l’hiver.

Prélevez une extrémité de pousse saine d’environ 8 à 10 cm, de préférence sans fleur.

Retirez les feuilles de la partie inférieure et conservez quelques feuilles au sommet. Comme ces tiges tendres perdent rapidement de l’eau, une atmosphère humide favorise leur maintien pendant les premiers temps.

  • Plantes concernées : basilic, menthe, sauge, verveine, pélargonium et coleus.
  • La menthe et le coleus peuvent également produire des racines dans l’eau.
  • Les boutures de plantes gélives doivent être mises à l’abri avant l’arrivée du gel.

Pour une plante comme la verveine ou le pélargonium, le bouturage d’automne permet aussi de conserver de jeunes sujets à l’abri pendant l’hiver.

Technique 5 : la bouture de racine

Cette méthode ne nécessite aucune tige. Certaines plantes peuvent produire de nouvelles pousses à partir d’un simple fragment de racine.

La période de repos végétatif est particulièrement adaptée à cette multiplication.

  1. Dégagez délicatement quelques racines sur le pourtour de la plante.
  2. Choisissez des racines suffisamment vigoureuses.
  3. Découpez-les en tronçons d’environ 5 à 8 cm.
  4. Repérez le sens de chaque fragment avant de le mettre en pot.
  5. Installez-les dans un substrat léger et maintenez-les protégés pendant l’hiver.

Pour éviter de perdre le sens du fragment, vous pouvez effectuer une coupe droite du côté supérieur et une coupe oblique du côté inférieur.

Plantes concernées : pavot d’Orient, acanthe, anémone du Japon, framboisier, pervenche et sumac.

Les nouvelles pousses apparaissent généralement lorsque les conditions redeviennent favorables. Pour découvrir d’autres méthodes, consultez également nos conseils sur la multiplication et la division des vivaces.

Où conserver les boutures pendant l’hiver ?

C’est une question essentielle avec un bouturage réalisé en automne. Toutes les boutures ne doivent pas être hivernées de la même façon.

Type de bouture Pendant l’hiver
Semi-ligneuse rustique Endroit abrité ou sous châssis, avec protection contre les fortes gelées
À talon Sous châssis ou dans un emplacement protégé
À crossette Peut hiverner dehors à l’abri selon la plante
Herbacée et gélive À rentrer dans un endroit lumineux et hors gel
Racinaire Sous châssis froid ou dans un emplacement protégé selon la plante

Dans tous les cas, évitez les excès d’eau pendant la mauvaise saison. Un substrat froid et détrempé augmente fortement le risque de pourriture.

Les erreurs qui font échouer les boutures d’automne

Les échecs viennent souvent de quelques erreurs simples.

Trop arroser

Un substrat détrempé peut provoquer la pourriture de la base avant même l’apparition des racines. Le mélange doit rester légèrement humide mais bien aéré.

Placer les boutures en plein soleil

Tant que les racines ne sont pas suffisamment développées, la bouture ne peut pas compenser une forte perte d’eau par le feuillage. Évitez donc une exposition brûlante et privilégiez une lumière adaptée à la plante.

Conserver trop de feuilles

Plus la surface foliaire est importante, plus la bouture perd de l’eau. Supprimer les feuilles inférieures et réduire éventuellement les plus grandes limite cette transpiration.

Vérifier sans cesse si les racines sont apparues

Tirer régulièrement sur une bouture risque d’endommager les jeunes racines. Attendez plutôt l’apparition d’une nouvelle croissance ou une résistance nette avant d’intervenir.

Oublier d’étiqueter

Une fois les feuilles tombées, distinguer plusieurs boutures ligneuses devient vite compliqué. Inscrivez dès le départ le nom de la plante et, si besoin, la variété et la date de prélèvement.

Conseils du jardinier – FAQ

L’astuce à retenir : en automne, choisissez d’abord la technique en fonction de la plante et de la maturité de ses tiges. Maintenez ensuite le substrat légèrement humide et protégez les boutures selon leur rusticité.

Quelles plantes peut-on bouturer en automne ?

De nombreuses plantes s’y prêtent : hortensia, buddleia, troène, lavande, romarin, houx, vigne, groseillier, cassissier, figuier, menthe, pélargonium ou encore certaines vivaces par bouture de racine. La technique varie selon la plante.

Faut-il utiliser de l’hormone de bouturage ?

Pas systématiquement. Beaucoup de plantes faciles à multiplier s’enracinent sans hormone. Elle peut en revanche être utile pour favoriser l’enracinement de certaines espèces plus difficiles.

Les boutures d’automne doivent-elles rester dehors ?

Cela dépend de la plante. Certaines boutures ligneuses et rustiques peuvent hiverner dans un emplacement extérieur protégé ou sous châssis. Les boutures tendres et celles issues de plantes gélives doivent être protégées du gel.

Peut-on faire des boutures en octobre ?

Oui. Octobre permet encore de multiplier différentes plantes, notamment avec des rameaux semi-ligneux ou lignifiés et, pour certaines vivaces, à partir de fragments de racines. Il faut toutefois adapter la technique au stade de végétation et au climat.

Combien de temps faut-il pour qu’une bouture s’enracine ?

La durée varie beaucoup selon l’espèce, la technique et les conditions de culture. Certaines boutures tendres s’enracinent rapidement, tandis que des boutures ligneuses réalisées en automne peuvent rester discrètes pendant l’hiver et réellement démarrer au printemps.

Pourquoi mes boutures noircissent-elles à la base ?

Une base qui noircit peut notamment signaler une pourriture favorisée par un substrat trop humide. Retirez les parties atteintes, réduisez les arrosages et veillez à utiliser un mélange suffisamment drainant et des outils propres.

Quand repiquer une bouture faite en automne ?

Attendez qu’elle soit correctement enracinée et montre des signes de croissance. Pour de nombreuses boutures réalisées en automne, le repiquage intervient au printemps suivant, lorsque la végétation redémarre.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

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