Craquez pour le Kalmia latifolia qui saura égayer votre jardin grâce à son feuillage délicat et à sa floraison aussi généreuse qu’éclatante.
Kalmia latifolia en résumé :
Le laurier des montagnes (ou américain) est un magnifique arbuste au feuillage dense et buissonnant. Sa floraison généreuse est son plus grand atout : en été, les rameaux se parent de grands bouquets de fleurs d’un rose éclatant.
Les feuilles ne sont pas dénuées de charme pour autant. De forme ovale, elles arborent un vert intense et brillant, qui égaiera votre jardin même en hiver, grâce à leur nature persistante.
Au jardin, le Kalmia latifolia se remarque autant par son feuillage persistant que par ses inflorescences en grappes. Les fleurs, souvent finement dessinées (bordures, ponctuations, dégradés), apportent un style “bijou” très différent des grosses fleurs d’hortensia ou des corolles des rhododendrons. C’est un arbuste qui s’apprécie de près : placez-le à un endroit où l’on passe souvent (entrée, terrasse, allée), tout en respectant ses exigences de sol et de fraîcheur.
Son port naturellement arrondi en fait aussi un excellent candidat pour structurer un massif de terre de bruyère. Il se tient bien, ne devient pas anarchique, et son feuillage dense sert d’écrin à des vivaces d’ombre claire (fougères, heuchères, hostas) ou à des bruyères en couvre-sol.
Le laurier américain est disponible dans 2 variétés différentes :
Il existe aussi d’autres cultivars intéressants (selon disponibilité en pépinière) : des formes très compactes pour les petits jardins, et des variétés plus hautes pour les massifs. Quand vous choisissez, pensez surtout à deux critères pratiques : la taille adulte (le Kalmia n’aime pas les tailles sévères) et l’exposition (mi-ombre souvent plus simple en été si votre sol sèche vite).
Il est très important de noter que le Kalmia latifolia (comme tous les Kalmia) est toxique dans toutes ses parties.
Avant de parler plantation, le point clé est de comprendre ce que le Kalmia “cherche” : un sol humifère, acide à neutre, léger, drainé, mais qui reste frais. Ce n’est pas un arbuste pour terre sèche et calcaire. Il peut supporter un peu de soleil, mais seulement si la motte ne manque jamais d’eau en été. Dans la plupart des jardins, la mi-ombre lumineuse est la situation la plus sûre : soleil du matin et ombre l’après-midi, ou lumière tamisée sous des arbres non étouffants.
Le laurier d’Amérique ne se plaît pas partout. Vous devrez veiller à lui fournir un minimum d’éléments pour faciliter sa croissance :
Comme le laurier des montagnes redoute la sécheresse, il est préférable de le planter en début d’automne. Sa grande rusticité lui fera passer l’hiver sans problème et, pendant ce temps, il pourra créer un système racinaire plus apte à supporter le manque d’eau.
Une plantation de printemps est possible, surtout pour les sujets en conteneur, mais elle impose un suivi d’arrosage très rigoureux tout l’été. Si vous plantez au printemps, le paillage et la surveillance de l’humidité deviennent indispensables.
Une fois que vous avez choisi le bon emplacement, il suffit de :

Pour maximiser la reprise, ajoutez ensuite deux gestes simples : arrosez abondamment à la plantation, puis vérifiez l’humidité de la motte chaque semaine pendant les premières semaines. Le Kalmia n’aime pas l’alternance “trempé / sec” : il préfère une fraîcheur régulière.
Grâce à ses proportions, le laurier d’Amérique peut tout à fait être planté en pot. Il suffit pour cela de choisir un conteneur volumineux, pourvu de trous de drainage et d’une réserve d’eau. Pour la plantation, déposez une couche de billes d’argile au fond du pot (sans boucher les trous) et complétez ensuite avec un mélange de deux tiers de terre de Bruyère, d’un tiers de sable et d’un peu de vermiculite. Cette dernière facilitera l’évacuation de l’eau, tout en retenant l’humidité dans le substrat.
Quel que soit le mode de culture choisi (en pleine terre ou en pot), il est conseillé de terminer la plantation par un paillage épais. Pour le Kalmia latifolia, préférez un paillis naturel, comme les écorces de pins maritimes qui maintiendront l’acidité du pH dans le sol.
En pot, le Kalmia peut rester beau longtemps à condition de respecter trois points : un contenant assez grand, un substrat acide qui retient l’humidité sans se gorger d’eau, et une surveillance de l’arrosage en été. Un pot trop petit sèche vite et chauffe plus fort : c’est souvent la cause des échecs.
Le laurier des montagnes ne demande pas de soins particuliers, hormis la surveillance de l’arrosage en été et l’alimentation annuelle du paillis.
Pour les arbustes en pot, prévoyez un rempotage tous les 5 ans environ, ainsi qu’un léger apport de terre de Bruyère en surface (surfaçage) en hiver et tous les ans.
C’est souvent l’arrosage qui fait la différence entre un Kalmia “qui végète” et un Kalmia “qui s’installe”. Les deux premières années, l’objectif est simple : éviter que la motte ne sèche en profondeur. En été, une terre sèche en surface peut être encore humide dessous, ou l’inverse : le plus fiable est de vérifier au doigt (ou avec un petit plantoir) sur 5 à 8 cm.
Le paillage est l’allié n°1 du Kalmia : il limite l’évaporation, stabilise la température du sol, nourrit la terre en se décomposant et aide à maintenir une réaction acide. Renouvelez-le chaque année (écorces de pin, aiguilles, feuilles mortes compostées, BRF de feuillus non calcaires).
Côté fertilisation, évitez les engrais trop riches en azote. Un apport léger au printemps, spécial “plantes de terre de bruyère”, ou un compost de feuilles bien mûr en surface, suffit. Trop d’azote donne un feuillage abondant mais une plante plus fragile et moins florifère.
Taille : légère et au bon momentLe Kalmia supporte mal les tailles sévères sur le vieux bois. En pratique, contentez-vous d’une taille légère après floraison : supprimer les inflorescences fanées (si accessibles) et éventuellement raccourcir un rameau déséquilibré. La croissance lente impose la patience : mieux vaut choisir dès le départ un emplacement adapté et une variété à la bonne taille.
Pour propager un pied de Kalmia latifolia, vous pourrez opter soit pour des boutures semi-aoûtées en fin d’été, soit pour un semis en automne.
En bouturage, la clé est l’humidité ambiante : substrat léger et acide, chaleur douce, et atmosphère confinée. Le semis est plus long et aléatoire : on l’utilise surtout pour la curiosité botanique, car les semis ne reproduisent pas toujours fidèlement les caractéristiques d’un cultivar.
Le laurier des montagnes ne se montre pas sensible aux maladies. Il peut néanmoins être attaqué par quelques parasites comme la cochenille ou le charançon de la vigne.
En complément, gardez à l’esprit deux situations fréquentes chez les plantes de terre de bruyère :
Le Kalmia latifolia est le candidat idéal pour compléter un massif de plantes de terre de Bruyère. Il pourra alors accompagner vos rhododendrons, azalées, Andromède du Japon, camélia, etc.
Comme il peut être planté en pot, le laurier des montagnes est également parfait pour agrémenter terrasse et balcon.
Pour un massif vraiment décoratif toute l’année, combinez : un fond d’arbustes (Kalmia + rhododendron/azalée), une couche intermédiaire (bruyères, heuchères), et un couvre-sol (petites bruyères, gaulthérie, fougères basses). Le Kalmia joue alors le rôle de pièce maîtresse : il structure, il fleurit, et son feuillage persistant garde le massif vivant en hiver.
Le Kalmia est une plante décorative, mais toxique. Évitez de l’installer à portée des jeunes enfants et surveillez les animaux domestiques si votre jardin est accessible. Dans un massif, le risque reste faible : c’est surtout l’ingestion qui pose problème. Pour approfondir, reportez-vous à la page plantes toxiques du jardin.
©Nadine Trief, ©JillLang, ©Annette Meyer