Un mur clair, une rambarde en métal, et ce bac de 80 cm qui prend le soleil de 10 h à 19 h. En août, le terreau y dépasse les 40 °C et tout ce qui a été planté au printemps a cramé.
En novembre, il ne reste que de la terre tassée. Pourtant cette exposition est la meilleure du balcon : il suffit de la garnir avec trois plantes qui se relaient au lieu d’une seule qui s’épuise.
La contrainte n’est pas le soleil. C’est le volume de terre.
Vingt litres de terreau dans un bac de 20 cm de profondeur, chauffés sur trois faces, se dessèchent en 36 heures l’été.
Ajoutez le rayonnement du mur derrière, qui restitue la chaleur jusqu’à 22 h. Et l’hiver, l’inverse : le même bac gèle sur toute son épaisseur dès que la nuit descend sous −4 °C, parce que les racines n’ont aucune masse de sol pour les tamponner.
D’où le choix de trois plantes aux périodes décalées. Une qui encaisse le froid, une qui encaisse la canicule, une qui occupe l’entre-deux. Même bac, même terreau, trois moments. Prévoyez un terreau universel et 3 cm de pouzzolane au fond : sans drainage, l’alternance pluie-sécheresse fait pourrir les collets.
C’est elle qui tient la balconnière de novembre à mai. Les pensées ouvrent leurs fleurs à 2 °C et redémarrent après une gelée à −8 °C sans broncher.
Deux séries valent le détour pour un bac exposé sud :
Plantez-les en godet dès l’automne, cinq pieds pour 80 cm de longueur, collet au ras du terreau. L’erreur classique : les planter trop profond, le cœur pourrit en trois semaines sous les pluies.
Pincez les fleurs fanées chaque semaine, sinon la plante monte en graines et s’arrête net en mars.
Il prend le relais exactement quand les pensées fatiguent. Le zinnia adore le sol chaud et sec — c’est l’une des rares annuelles qui fleurit mieux quand on l’arrose peu.
En balconnière, oubliez les grands zinnias à bouquets. Visez les séries naines : ‘Profusion Orange’ plafonne à 35 cm et ne demande aucun tuteur, ‘Zahara Starlight Rose’ tient 30 cm avec une excellente résistance à l’oïdium, ce feutrage blanc qui défigure les feuilles en fin d’été.
Semez en godet à l’intérieur mi-avril, repiquez mi-mai après les dernières gelées, trois plants par bac de 80 cm. Arrosez au pied, jamais sur le feuillage.
Les fleurs tiennent jusqu’à la première gelée blanche, souvent début novembre en plaine.
C’est lui qui comble le trou de mai-juin, entre la fin des pensées et le départ des zinnias. Le freesia apporte deux choses que les deux autres n’ont pas : des tiges arquées de 40 cm et un vrai parfum, perceptible à un mètre en fin de journée.
Attention, il n’est pas rustique : les bulbes gèlent sous −3 °C. Dans le Nord, l’Est ou en altitude, plantez-les en mars à 5 cm de profondeur, 8 cm d’écart, pour une floraison en juin-juillet.
Sur la façade méditerranéenne et la côte atlantique douce, la plantation d’octobre fonctionne et donne des fleurs dès avril.
Oui, il faut déterrer les bulbes après le dessèchement du feuillage et les stocker au sec. C’est fastidieux.
Mais un bulbe de freesia conservé trois ans fleurit mieux qu’un bulbe neuf.
Le principe tient en une ligne : le haut derrière, le retombant devant, les bulbes au milieu.
Un détail que personne ne mentionne : vérifiez chaque semaine l’espace entre le terreau et la paroi du bac. Dès qu’il atteint 1 cm, l’eau d’arrosage file droit au fond sans mouiller les racines.
Tassez du doigt, puis arrosez lentement, 1,5 L en deux fois.
Le calendrier obtenu : fleurs violettes de novembre à mai, parfum et verticales en juin, explosion orange de juillet aux gelées. Trois semaines de creux fin mai, pas plus. Si cette exposition vous tente pour d’autres pots, trois plantes grasses à bouturer complètent très bien l’ensemble sur le rebord de fenêtre voisin.
L’astuce à retenir : trois floraisons décalées dans un même bac valent mieux qu’une seule plante qui s’épuise.
Oui, tant que le terreau n’est pas gelé, les pensées en godet s’installent très bien jusqu’à fin novembre. Elles feront peu de racines avant février mais fleuriront dès les premiers redoux.
Non si elle ne contient que des pensées : elles supportent −10 °C en pleine terre et −6 °C en bac. En revanche, entourez le bac d’un voile ou d’un carton si une vague de froid prolongée est annoncée.
Il tolère un sol sec en surface, pas un dessèchement complet du bac. Comptez 1,5 L tous les deux jours en juillet-août, le soir, au pied uniquement.
Un engrais liquide pour plantes fleuries tous les 15 jours d’avril à septembre suffit. Arrêtez les apports en octobre : nourrir les pensées à l’entrée de l’hiver produit un feuillage mou qui gèle au premier coup de froid.
La fiche complète du sujet : Pensée : plantation, entretien, floraison et variétés
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.