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5 récupérateurs d’eau de pluie comparés : lequel se remplit le plus vite cette saison ?

Cuve d'eau de pluie et collecteur de gouttière

Deux averses sérieuses cette semaine, et votre cuve est toujours à moitié vide alors que celle du voisin a débordé ? La question revient chaque automne, quand les pluies reprennent après un été sec.

Cinq modèles ont été raccordés sur la même toiture, chacun sur une descente de gouttière desservant 40 m². Une pluie de 22 mm en six heures a servi d’étalon.

Les écarts sont énormes — et le volume du réservoir n’y est presque pour rien.

Ce qui fixe vraiment la vitesse de remplissage

La surface de toit raccordée, d’abord. Tout le reste vient après.

La règle est simple : 1 mm de pluie sur 1 m² de toiture donne 1 litre d’eau. Une descente qui drainent 40 m² reçoit donc 880 litres lors d’une averse de 22 mm. Un récupérateur de 300 litres branché dessus sera plein avant la fin de la pluie, forcément. Le même récupérateur sur un abri de jardin de 6 m² ne verra passer que 130 litres.

Le deuxième facteur, c’est le collecteur — la pièce qui dérive l’eau de la descente vers la cuve. Trois familles existent :

  • Le chapeau chinois (simple entonnoir posé sur la cuve ouverte) : aucune filtration, pertes par éclaboussures
  • Le voleur d’eau à percer dans la descente : débit limité, simple, économique
  • Le collecteur filtrant automatique : grille inox, trop-plein renvoyé dans la descente, rendement nettement supérieur

Enfin le diamètre. Une descente en 100 mm évacue presque deux fois plus qu’une 80 mm à forte pluie.

Sur les toits de tuiles anciens, la section est souvent sous-dimensionnée : l’eau part par le trop-plein de la gouttière avant même d’atteindre le collecteur.

Les 5 modèles au banc d’essai : les chiffres

Modèle Collecteur Après 22 mm Temps de remplissage
Cuve murale plate 300 L Filtrant 80 mm 300 L (pleine) 2 h 40
Tonneau bois 200 L Chapeau chinois 200 L (pleine) 2 h 10
Cuve ronde PEHD 500 L Filtrant 100 mm 500 L (pleine) 4 h 20
Cubitainer IBC 1000 L Filtrant 100 mm 670 L non rempli
Citerne souple 1000 L Voleur d’eau 32 mm 410 L non rempli

Le tonneau de 200 litres arrive premier au chronomètre. Logique : c’est le plus petit.

Mais il a laissé filer près de 250 litres au sol, faute de trop-plein raccordé, et son eau était constellée de débris de mousse au bout de trois heures.

Le vrai gagnant, c’est la cuve de 500 litres à collecteur 100 mm : pleine en 4 h 20, sans une goutte perdue autour du pied.

Le collecteur compte plus que le volume

La citerne souple raccordée par un simple voleur d’eau de 32 mm n’a capté que 410 litres sur les 880 disponibles. Moins de la moitié.

L’orifice sature dès que la pluie dépasse 5 mm par heure, et le surplus continue tranquillement sa route vers l’égout.

Oui, remplacer un collecteur demande de percer une descente et de reprendre l’étanchéité. C’est un chantier d’une heure.

Mais l’écart de rendement mesuré ici atteint 30 % sur une seule averse.

Autre point que les notices passent sous silence : la crapaudine, cette grille placée à l’entrée de la descente. En automne, elle se charge de feuilles mortes en quelques jours. Un chapeau de gouttière obstrué à moitié fait chuter la collecte de 40 % — et rien ne fuit, rien ne se voit. Un contrôle tous les quinze jours entre la mi-septembre et la mi-novembre suffit.

Pour tout ce qui concerne le raccordement, les prix et le calcul du retour sur investissement, le guide sur les récupérateurs d’eau de pluie détaille chaque étape.

Lequel choisir selon votre configuration

Le bon modèle dépend surtout de la surface de toit raccordée, pas de la taille du jardin.

  • Moins de 15 m² de toit (abri, garage) : cuve murale plate 200 à 300 L, collecteur filtrant 80 mm
  • 25 à 50 m² : cuve ronde 500 L, collecteur 100 mm — le meilleur compromis du test
  • Plus de 60 m² : deux cuves reliées en cascade par un tube de 40 mm à la base, bien mieux qu’un seul gros volume
  • Terrasse ou petite cour : citerne souple sous une structure, à condition d’un collecteur de 100 mm

Le cubitainer de 1000 litres reste le meilleur rapport litre/euro, mais il demande une dalle stable : plein, il pèse une tonne. Sa paroi translucide verdit aussi en quelques semaines, sauf si on l’habille d’une bâche opaque. Les modèles étroits se glissent derrière un mur et peuvent porter une jardinière sur leur couvercle. Et si l’eau stockée alimente un réseau, le choix du système d’arrosage déterminera la hauteur minimale sous laquelle placer la cuve.

Grille de gouttière encombrée de feuilles mortes au-dessus d'un collecteur d'eau de pluie en automne

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : un collecteur filtrant de 100 mm récupère 30 % d’eau en plus, quel que soit le réservoir.

Combien de litres peut-on espérer par averse ?

Multipliez la surface de toit raccordée par la hauteur de pluie en millimètres : 40 m² et 10 mm donnent 400 litres théoriques. Comptez 10 à 15 % de pertes par évaporation et absorption des tuiles.

Faut-il vider sa cuve avant l’hiver ?

Videz-la aux deux tiers et laissez le robinet ouvert dès que les nuits passent sous -5 °C annoncés. Une cuve pleine qui gèle se fissure par la base, presque toujours au niveau du raccord.

L’eau stockée se conserve-t-elle plusieurs mois ?

Oui, à l’obscurité et avec un couvercle bien fermé : sans lumière, pas d’algues. Un fond de sédiments s’accumule au bout d’un an, à évacuer par la vanne basse au printemps.

Deux cuves valent-elles mieux qu’une grande ?

Souvent oui. Deux réservoirs de 500 litres reliés à leur base se remplissent comme un seul de 1000 litres, se déplacent bien plus facilement et permettent d’en isoler un pour le nettoyage.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.