Une pomme qui tombe avant maturité, un petit trou dans la peau, des galeries à l’intérieur du fruit : le carpocapse, également appelé ver des fruits, est probablement passé par là. Ce petit papillon est l’un des principaux ravageurs du pommier et du poirier. Sa chenille pénètre dans les fruits pour s’y nourrir, parfois au point de compromettre une grande partie de la récolte. Comment reconnaître ses attaques, à quelle période intervenir et quels traitements naturels privilégier ? Voici les solutions pour protéger efficacement les arbres fruitiers.
| Ravageur | Carpocapse des pommes et des poires (Cydia pomonella) |
| Arbres concernés | Principalement pommier et poirier, mais aussi noyer |
| Symptômes | Petit trou dans le fruit, déjections, galeries, chute prématurée |
| Période à surveiller | Du printemps à la fin de l’été, selon le climat |
| Prévention | Ramassage des fruits atteints, bandes de carton ondulé, surveillance des vols |
| Lutte biologique | Virus de la granulose, traitements adaptés aux jeunes chenilles, selon les produits autorisés |
Le carpocapse (Cydia pomonella) est un petit papillon gris brun, généralement discret. L’adulte ne provoque pas directement les dégâts : c’est sa chenille, blanchâtre à rosée avec une tête brune, qui s’attaque aux fruits.
Après l’éclosion, la jeune chenille pénètre dans une pomme ou une poire et creuse une galerie dans la chair, souvent en direction des pépins. Elle s’y nourrit pendant plusieurs semaines avant de quitter le fruit pour poursuivre son développement.
Les principaux signes d’une attaque sont :
Attention : un fruit présentant une galerie n’est pas nécessairement entièrement perdu. Lorsque les dégâts sont localisés et qu’aucune pourriture n’est présente, il est parfois possible de retirer généreusement la partie abîmée et de consommer le reste rapidement. Les fruits pourris ou fortement altérés doivent en revanche être écartés.
Le carpocapse des pommes et des poires touche principalement le pommier et le poirier. Il peut également s’attaquer aux fruits du noyer.
D’autres arbres fruitiers peuvent présenter des fruits véreux, mais les responsables ne sont pas nécessairement les mêmes. Les prunes, par exemple, sont notamment attaquées par des espèces distinctes de carpocapses. Il est donc important d’identifier le ravageur avant de choisir un piège ou un traitement.
Le cycle du carpocapse dépend fortement de la température. Les premières émergences de papillons surviennent généralement au printemps, souvent entre avril et mai dans les régions les plus douces, parfois plus tard ailleurs.
Après l’accouplement, les femelles pondent sur les feuilles ou à proximité des jeunes fruits. Les chenilles éclosent puis cherchent rapidement à pénétrer dans les pommes et les poires.
En été, une nouvelle génération peut apparaître lorsque les conditions climatiques le permettent. Dans certaines régions chaudes, les attaques se prolongent ainsi jusqu’à la fin de l’été.
La jeune chenille ne reste exposée que pendant une période limitée. Dès qu’elle a pénétré dans la pomme, elle est largement protégée des traitements pulvérisés sur l’arbre.
Le bon moment pour intervenir se situe donc autour de l’éclosion des œufs, avant que les larves ne creusent leurs galeries. C’est pourquoi la surveillance des vols et le choix de la date de traitement sont essentiels.
Dans un verger familial, la meilleure stratégie consiste à associer plusieurs méthodes complémentaires plutôt qu’à compter sur un seul traitement.
Les pièges à phéromones attirent les papillons mâles grâce à une substance reproduisant l’odeur émise par les femelles.
Ils sont particulièrement utiles pour :
Installez-les avant le début présumé des vols, puis contrôlez-les régulièrement. Le calendrier dépend de la région et de la météo.
À retenir : un ou deux pièges de surveillance ne suffisent généralement pas à empêcher les attaques. Leur rôle principal est d’aider le jardinier à intervenir au bon moment.
Les bandes de carton ondulé constituent une méthode mécanique simple et peu coûteuse.
Le principe consiste à entourer le tronc d’une bande de carton, généralement au début de l’été. Certaines chenilles quittant les fruits recherchent un abri pour se transformer ou passer l’hiver. Elles peuvent alors se réfugier dans les ondulations du carton.
Il suffit ensuite de retirer les bandes et de détruire les chenilles ou cocons qu’elles contiennent, avant qu’ils ne permettent l’émergence de nouveaux papillons.
Cette méthode ne capture pas toutes les chenilles, mais elle peut contribuer à réduire les populations d’une année sur l’autre.
Attention : les plaques jaunes engluées destinées à d’autres insectes ne remplacent pas ces bandes de carton. Elles ne constituent pas une méthode spécifique de lutte contre le carpocapse.
C’est l’un des gestes les plus simples à mettre en place.
Ramassez régulièrement les fruits tombés prématurément et retirez ceux qui présentent des signes d’attaque sur l’arbre.
En agissant rapidement, vous pouvez éliminer une partie des chenilles avant qu’elles ne quittent les fruits pour poursuivre leur cycle.
Évitez de laisser les fruits infestés au pied des arbres. Pour ceux qui contiennent encore des larves, privilégiez une élimination qui empêche leur développement plutôt qu’un compostage à froid.
Plusieurs animaux participent à la régulation des populations de carpocapses.
Les mésanges peuvent consommer des chenilles, notamment lorsqu’elles prospectent les écorces. Les chauves-souris capturent différents papillons nocturnes, tandis que certains insectes auxiliaires parasitent les œufs ou les larves.
Pour favoriser cette biodiversité :
Ces mesures contribuent à l’équilibre du jardin, mais ne garantissent pas à elles seules l’absence de fruits véreux.
Lorsque les attaques sont importantes, certains traitements biologiques peuvent compléter les mesures préventives. Leur utilisation dépend toutefois de leur autorisation, de leur disponibilité et du stade de développement du ravageur.
Le virus de la granulose, également appelé CpGV, est un agent biologique spécifique du carpocapse. Il entre notamment dans la composition de certaines préparations professionnelles ou spécialisées, dont des produits commercialisés sous le nom de Carpovirusine.
Il agit sur les jeunes chenilles lorsqu’elles ingèrent le virus, avant ou pendant leur pénétration dans les fruits.
Son efficacité dépend donc du positionnement du traitement et peut nécessiter plusieurs applications selon les recommandations du produit.
Avant toute utilisation, vérifiez que la préparation est bien autorisée en France pour l’usage concerné, notamment au jardin amateur, et respectez strictement son étiquette.
Le Bacillus thuringiensis (Bt) est une bactérie utilisée dans certaines préparations biologiques contre les chenilles.
Son efficacité sur le carpocapse est toutefois limitée par la rapidité avec laquelle les jeunes larves pénètrent dans les fruits. Une application trop tardive ne permet pas de les atteindre.
Il ne faut donc pas considérer le Bt comme une solution systématique ni recommander un traitement à date fixe. Vérifiez également que le produit utilisé dispose bien d’une autorisation correspondant à cet usage.
La confusion sexuelle consiste à diffuser des phéromones dans le verger pour perturber la rencontre entre les mâles et les femelles.
Cette technique est utilisée dans les vergers professionnels et peut réduire les accouplements lorsqu’elle est correctement mise en œuvre.
Elle est cependant moins adaptée à quelques arbres isolés, notamment en raison de la petite surface traitée et de l’arrivée possible de femelles déjà fécondées depuis les environs.
| Période | Gestes conseillés |
|---|---|
| Fin d’hiver | Observer les troncs, nettoyer les fruits oubliés et préparer les pièges. |
| Printemps | Installer les pièges à phéromones avant les premiers vols et commencer la surveillance. |
| Début d’été | Installer des bandes de carton ondulé et surveiller les jeunes fruits. |
| Été | Ramasser les fruits attaqués, suivre les vols et intervenir si nécessaire avec un produit autorisé. |
| Fin d’été et automne | Retirer et examiner les bandes de carton, éliminer les fruits infestés et limiter les refuges des larves. |
Ces périodes sont indicatives : dans les régions chaudes, les vols peuvent commencer plus tôt et se prolonger davantage.
Une partie des chenilles passe l’hiver à l’abri, notamment dans les fissures de l’écorce ou d’autres refuges proches des arbres. Elles peuvent ainsi être à l’origine des premiers papillons du printemps suivant.
Pour limiter les nouvelles infestations, associez le ramassage des fruits atteints, l’utilisation des bandes de carton ondulé et la surveillance des vols dès le printemps.
Dans un verger familial, la régularité compte davantage qu’une intervention isolée. Quelques gestes répétés chaque année peuvent contribuer à diminuer la pression du ravageur.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.