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Ver des pommes et des poires : comment lutter contre le Carpocapse ?

Carpocapse

Une pomme qui tombe avant maturité, un petit trou dans la peau, des galeries à l’intérieur du fruit : le carpocapse, également appelé ver des fruits, est probablement passé par là. Ce petit papillon est l’un des principaux ravageurs du pommier et du poirier. Sa chenille pénètre dans les fruits pour s’y nourrir, parfois au point de compromettre une grande partie de la récolte. Comment reconnaître ses attaques, à quelle période intervenir et quels traitements naturels privilégier ? Voici les solutions pour protéger efficacement les arbres fruitiers.

En résumé : comment lutter contre le carpocapse ?

Ravageur Carpocapse des pommes et des poires (Cydia pomonella)
Arbres concernés Principalement pommier et poirier, mais aussi noyer
Symptômes Petit trou dans le fruit, déjections, galeries, chute prématurée
Période à surveiller Du printemps à la fin de l’été, selon le climat
Prévention Ramassage des fruits atteints, bandes de carton ondulé, surveillance des vols
Lutte biologique Virus de la granulose, traitements adaptés aux jeunes chenilles, selon les produits autorisés

Carpocapse : reconnaître le ver des pommes et des poires

Le carpocapse (Cydia pomonella) est un petit papillon gris brun, généralement discret. L’adulte ne provoque pas directement les dégâts : c’est sa chenille, blanchâtre à rosée avec une tête brune, qui s’attaque aux fruits.

Après l’éclosion, la jeune chenille pénètre dans une pomme ou une poire et creuse une galerie dans la chair, souvent en direction des pépins. Elle s’y nourrit pendant plusieurs semaines avant de quitter le fruit pour poursuivre son développement.

Les principaux signes d’une attaque sont :

  • un petit trou visible à la surface du fruit ;
  • des déjections brunâtres près de l’orifice ;
  • des galeries à l’intérieur de la chair ;
  • une chute prématurée des pommes ou des poires ;
  • une dégradation plus rapide des fruits touchés.

Attention : un fruit présentant une galerie n’est pas nécessairement entièrement perdu. Lorsque les dégâts sont localisés et qu’aucune pourriture n’est présente, il est parfois possible de retirer généreusement la partie abîmée et de consommer le reste rapidement. Les fruits pourris ou fortement altérés doivent en revanche être écartés.

 

pomme envahie de carpocapse - vereuse

Le carpocapse est un petit papillon dont la larve s’attaque directement aux fruits du verger.

Quels arbres fruitiers sont attaqués ?

Le carpocapse des pommes et des poires touche principalement le pommier et le poirier. Il peut également s’attaquer aux fruits du noyer.

D’autres arbres fruitiers peuvent présenter des fruits véreux, mais les responsables ne sont pas nécessairement les mêmes. Les prunes, par exemple, sont notamment attaquées par des espèces distinctes de carpocapses. Il est donc important d’identifier le ravageur avant de choisir un piège ou un traitement.

Quand le carpocapse attaque-t-il les fruits ?

Le cycle du carpocapse dépend fortement de la température. Les premières émergences de papillons surviennent généralement au printemps, souvent entre avril et mai dans les régions les plus douces, parfois plus tard ailleurs.

Après l’accouplement, les femelles pondent sur les feuilles ou à proximité des jeunes fruits. Les chenilles éclosent puis cherchent rapidement à pénétrer dans les pommes et les poires.

En été, une nouvelle génération peut apparaître lorsque les conditions climatiques le permettent. Dans certaines régions chaudes, les attaques se prolongent ainsi jusqu’à la fin de l’été.

Pourquoi faut-il intervenir avant l’entrée dans le fruit ?

La jeune chenille ne reste exposée que pendant une période limitée. Dès qu’elle a pénétré dans la pomme, elle est largement protégée des traitements pulvérisés sur l’arbre.

Le bon moment pour intervenir se situe donc autour de l’éclosion des œufs, avant que les larves ne creusent leurs galeries. C’est pourquoi la surveillance des vols et le choix de la date de traitement sont essentiels.

Comment lutter naturellement contre le carpocapse ?

Dans un verger familial, la meilleure stratégie consiste à associer plusieurs méthodes complémentaires plutôt qu’à compter sur un seul traitement.

1. Installer des pièges à phéromones

Les pièges à phéromones attirent les papillons mâles grâce à une substance reproduisant l’odeur émise par les femelles.

Ils sont particulièrement utiles pour :

  • détecter le début des vols au printemps ;
  • suivre l’évolution des populations ;
  • repérer les périodes où une intervention peut être nécessaire.

Installez-les avant le début présumé des vols, puis contrôlez-les régulièrement. Le calendrier dépend de la région et de la météo.

À retenir : un ou deux pièges de surveillance ne suffisent généralement pas à empêcher les attaques. Leur rôle principal est d’aider le jardinier à intervenir au bon moment.

 

Piège à phéromones utilisé pour surveiller les vols du carpocapse

Les pièges à phéromones permettent de repérer les périodes de vol du carpocapse.

2. Poser des bandes de carton ondulé sur les troncs

Les bandes de carton ondulé constituent une méthode mécanique simple et peu coûteuse.

Le principe consiste à entourer le tronc d’une bande de carton, généralement au début de l’été. Certaines chenilles quittant les fruits recherchent un abri pour se transformer ou passer l’hiver. Elles peuvent alors se réfugier dans les ondulations du carton.

Il suffit ensuite de retirer les bandes et de détruire les chenilles ou cocons qu’elles contiennent, avant qu’ils ne permettent l’émergence de nouveaux papillons.

Cette méthode ne capture pas toutes les chenilles, mais elle peut contribuer à réduire les populations d’une année sur l’autre.

Attention : les plaques jaunes engluées destinées à d’autres insectes ne remplacent pas ces bandes de carton. Elles ne constituent pas une méthode spécifique de lutte contre le carpocapse.

3. Ramasser rapidement les fruits véreux

C’est l’un des gestes les plus simples à mettre en place.

Ramassez régulièrement les fruits tombés prématurément et retirez ceux qui présentent des signes d’attaque sur l’arbre.

En agissant rapidement, vous pouvez éliminer une partie des chenilles avant qu’elles ne quittent les fruits pour poursuivre leur cycle.

Évitez de laisser les fruits infestés au pied des arbres. Pour ceux qui contiennent encore des larves, privilégiez une élimination qui empêche leur développement plutôt qu’un compostage à froid.

4. Favoriser les prédateurs naturels

Plusieurs animaux participent à la régulation des populations de carpocapses.

Les mésanges peuvent consommer des chenilles, notamment lorsqu’elles prospectent les écorces. Les chauves-souris capturent différents papillons nocturnes, tandis que certains insectes auxiliaires parasitent les œufs ou les larves.

Pour favoriser cette biodiversité :

  • installez des nichoirs et des abris adaptés ;
  • conservez des haies diversifiées autour du verger ;
  • évitez les insecticides à large spectre ;
  • favorisez les plantes fleuries utiles aux insectes auxiliaires.

Ces mesures contribuent à l’équilibre du jardin, mais ne garantissent pas à elles seules l’absence de fruits véreux.

Quels traitements biologiques contre le carpocapse ?

Lorsque les attaques sont importantes, certains traitements biologiques peuvent compléter les mesures préventives. Leur utilisation dépend toutefois de leur autorisation, de leur disponibilité et du stade de développement du ravageur.

Le virus de la granulose du carpocapse

Le virus de la granulose, également appelé CpGV, est un agent biologique spécifique du carpocapse. Il entre notamment dans la composition de certaines préparations professionnelles ou spécialisées, dont des produits commercialisés sous le nom de Carpovirusine.

Il agit sur les jeunes chenilles lorsqu’elles ingèrent le virus, avant ou pendant leur pénétration dans les fruits.

Son efficacité dépend donc du positionnement du traitement et peut nécessiter plusieurs applications selon les recommandations du produit.

Avant toute utilisation, vérifiez que la préparation est bien autorisée en France pour l’usage concerné, notamment au jardin amateur, et respectez strictement son étiquette.

Le Bacillus thuringiensis est-il efficace ?

Le Bacillus thuringiensis (Bt) est une bactérie utilisée dans certaines préparations biologiques contre les chenilles.

Son efficacité sur le carpocapse est toutefois limitée par la rapidité avec laquelle les jeunes larves pénètrent dans les fruits. Une application trop tardive ne permet pas de les atteindre.

Il ne faut donc pas considérer le Bt comme une solution systématique ni recommander un traitement à date fixe. Vérifiez également que le produit utilisé dispose bien d’une autorisation correspondant à cet usage.

Et la confusion sexuelle ?

La confusion sexuelle consiste à diffuser des phéromones dans le verger pour perturber la rencontre entre les mâles et les femelles.

Cette technique est utilisée dans les vergers professionnels et peut réduire les accouplements lorsqu’elle est correctement mise en œuvre.

Elle est cependant moins adaptée à quelques arbres isolés, notamment en raison de la petite surface traitée et de l’arrivée possible de femelles déjà fécondées depuis les environs.

Calendrier de prévention et de lutte contre le carpocapse

Période Gestes conseillés
Fin d’hiver Observer les troncs, nettoyer les fruits oubliés et préparer les pièges.
Printemps Installer les pièges à phéromones avant les premiers vols et commencer la surveillance.
Début d’été Installer des bandes de carton ondulé et surveiller les jeunes fruits.
Été Ramasser les fruits attaqués, suivre les vols et intervenir si nécessaire avec un produit autorisé.
Fin d’été et automne Retirer et examiner les bandes de carton, éliminer les fruits infestés et limiter les refuges des larves.

Ces périodes sont indicatives : dans les régions chaudes, les vols peuvent commencer plus tôt et se prolonger davantage.

Comment éviter le retour du carpocapse l’année suivante ?

Une partie des chenilles passe l’hiver à l’abri, notamment dans les fissures de l’écorce ou d’autres refuges proches des arbres. Elles peuvent ainsi être à l’origine des premiers papillons du printemps suivant.

Pour limiter les nouvelles infestations, associez le ramassage des fruits atteints, l’utilisation des bandes de carton ondulé et la surveillance des vols dès le printemps.

Dans un verger familial, la régularité compte davantage qu’une intervention isolée. Quelques gestes répétés chaque année peuvent contribuer à diminuer la pression du ravageur.

Conseils du jardinier – FAQ

  • Comment reconnaître une pomme attaquée par le carpocapse ? Elle présente généralement un petit trou, parfois entouré de déjections brunâtres. À l’intérieur, une galerie peut rejoindre la zone des pépins.
  • Quand installer les pièges à phéromones ? Avant le début des vols printaniers, généralement entre avril et mai selon les régions et les températures. Les captures permettent ensuite de suivre l’activité du ravageur.
  • Les pièges à phéromones suffisent-ils à protéger les pommes ? Non. Dans un jardin familial, ils servent surtout à surveiller les vols. Ils doivent être associés à d’autres mesures de prévention.
  • Quel traitement naturel utiliser contre le ver des pommes ? Le ramassage des fruits infestés et les bandes de carton ondulé sont des méthodes simples. Des préparations biologiques spécifiques peuvent également être utilisées lorsqu’elles sont autorisées et correctement positionnées.
  • Peut-on manger une pomme qui contient un ver ? Si le fruit est sain en dehors d’une zone limitée, il peut parfois être consommé après avoir retiré largement la partie atteinte. En présence de pourriture ou d’une altération importante, mieux vaut l’écarter.
  • Le carpocapse disparaît-il en hiver ? Non. Certaines chenilles passent l’hiver dans un cocon protecteur avant de reprendre leur développement au printemps.
  • Le carpocapse attaque-t-il aussi les prunes ? Les prunes peuvent être attaquées par d’autres espèces de carpocapses. Les méthodes de surveillance et les pièges doivent donc être adaptés au ravageur concerné.

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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.