Une racine ronde de 7 cm, ferme sous le pouce, à la peau lisse et satinée. Voilà l’objectif. Pas le gros navet de 12 cm qui sonne creux au couteau et qui pique en bouche. Entre aujourd’hui et les premières gelées, il vous reste une fenêtre courte pour orienter vos navets dans la bonne direction.
Quatre gestes suffisent, et le premier est le plus urgent.
Laissez 10 à 12 cm entre chaque plant, et supprimez tout le reste. C’est le geste qui décide de la qualité finale, et presque personne ne va assez loin.
Un rang de navets trop dense donne des racines en forme de toupie, allongées, coriaces. Les plantes se font concurrence pour l’eau et l’azote, et aucune ne grossit correctement.
Vous obtenez vingt navets médiocres au lieu de dix beaux.
Arrachez délicatement les plants excédentaires en tenant la terre autour des voisins d’une main. Faites-le le soir, sur sol humide.
Et ne jetez pas : les jeunes fanes se mangent, sautées à la poêle comme des épinards.
Oui, c’est un peu fastidieux de sacrifier des plants qui ont l’air en pleine forme. Mais la différence de calibre est visible en dix jours.
Un navet qui subit des à-coups — sec trois jours, noyé le quatrième — concentre des composés soufrés et devient piquant. Il peut aussi éclater en longues fentes verticales quand la reprise d’eau est brutale.
Comptez 10 à 15 litres par mètre carré, deux fois par semaine par temps sec, au pied et jamais sur le feuillage en pleine journée. Un paillage de 5 cm de tonte séchée ou de paille courte divise les besoins par deux et garde le collet au frais.
Les petits trous ronds sur les fanes, ce sont les altises — de minuscules coléoptères noirs qui sautent quand on approche la main. Sur un jeune plant, elles peuvent réduire la surface foliaire de moitié.
Moins de feuilles, moins de sucres fabriqués, racine chétive.
Un filet anti-insectes à maille de 0,8 mm posé dès la levée règle le problème sans traitement. Bordez-le bien : les altises passent par le moindre interstice.
Les limaces, elles, attaquent la nuit et rasent les cotylédons. Un passage de granulés de phosphate ferrique comme Ferramol après une pluie tiède suffit généralement sur un rang. Pour les bases de la culture — semis, distances, sol —, la fiche complète sur le navet au potager détaille tout.
Un navet d’automne met 55 à 70 jours entre la levée et la maturité, selon la variété. Faites le calcul à rebours depuis vos premières gelées habituelles : mi-novembre dans le Sud-Ouest, fin octobre en Alsace ou dans le Massif central.
Et surtout : n’attendez pas le gros calibre. Au-delà de 8 cm de diamètre, la chair se creuse et se lignifie.
Arrachez au fur et à mesure des besoins.
Les variétés ne se valent pas pour cette période :
Bonne nouvelle : une gelée légère à -3 °C ne les abîme pas. Elle rend même la chair plus sucrée.
C’est en dessous de -5 °C que les racines gèlent en surface et deviennent molles à la décongélation. Un voile d’hivernage jeté sur le rang les nuits annoncées froides gagne deux à trois semaines de récolte.
Vous pouvez aussi profiter de la place libérée pour prévoir la suite du potager de fin d’été, ou pour associer vos rangs à d’autres cultures comme dans ce duo bourrache et navet.

L’astuce à retenir : éclaircissez à 10 cm et arrachez avant 8 cm de diamètre — au-delà, la chair devient creuse.
Ce sont les altises, de minuscules insectes sauteurs qui perforent les feuilles de la famille des choux. Un filet anti-insectes à maille fine posé dès la levée les arrête complètement.
Non, surtout pas. Le collet du navet doit rester à l’air libre, c’est normal qu’il dépasse de 2 à 3 cm.
Le recouvrir favorise la pourriture au niveau du collet.
Dans les régions à hivers doux, oui, sous un bon paillage de 15 cm de feuilles mortes. Ailleurs, arrachez avant les gros gels et conservez-les en cave, fanes coupées à 2 cm, dans du sable légèrement humide.
C’est une montée à graines, souvent déclenchée par un coup de chaud ou un manque d’eau prolongé. Les plants montés ne feront plus de racine consommable : arrachez-les, mais laissez-en un ou deux fleurir pour les pollinisateurs.