Gui : cette plante parasite qui se révèle dans les arbres après la chute des feuilles
Le gui, ou Viscum album, est une plante hémiparasite bien connue de nos campagnes. Facilement repérable en hiver sous forme de boules vertes dans la ramure des arbres dénudés, il intrigue autant par son rôle dans la nature que par les nombreuses légendes et traditions qu’il véhicule.
Caractéristiques du gui :
Nom : Viscum album
Famille : Viscacées
Type : Plante hémiparasite
Feuillage : Persistant
Floraison : Mars-avril
Le gui dans les arbres
Bien visible dès l’automne et tout l’hiver, le gui apparaît sous forme de boules vertes dans la couronne des arbres qui ont perdu leurs feuilles. C’est à cette saison qu’on le repère le plus facilement.
Boules de gui visibles dans la ramure des arbres en hiver
Le gui est une plante dépourvue de racines dans le sol : il vit entièrement sur l’arbre qui l’héberge et prend, au fil des ans, l’apparence d’une boule dense et arrondie. Il s’installe dans de nombreux arbres de nos régions, parmi lesquels :
On le trouve aussi, mais plus rarement, sur le poirier, l’érable, le noisetier, le charme, le châtaignier ou encore le cerisier. Selon les régions, le gui a tendance à s’installer sur des essences différentes, en fonction du climat local et des oiseaux présents.
Comment le gui se développe-t-il ?
Le gui germe à partir des graines contenues dans ses baies blanches, très collantes. Transportées par les oiseaux, ces graines se déposent sur une branche, où elles s’ancrent et développent des suçoirs (haustoria) qui pénètrent dans les tissus de l’arbre. La plante prélève alors :
l’eau,
les sels minéraux,
et une partie de la sève élaborée.
Bien que pourvue de feuilles vertes, donc capable de photosynthèse, le gui reste dépendant de son hôte pour sa nutrition et sa survie. Avec le temps, les touffes s’étoffent et peuvent se multiplier sur un même arbre.
Le gui : une nuisance pour les arbres ?
Le gui est généralement considéré comme une plante nuisible pour les arbres, car il puise directement dans leur sève. Pourtant, la réalité est nuancée : sur un arbre en bonne santé, quelques touffes de gui sont souvent tolérées sans dégâts majeurs.
Boules de gui sur un arbre mort
Le problème survient lorsque le gui est très abondant :
l’arbre s’épuise plus vite, car il doit alimenter à la fois ses propres branches et les touffes de gui,
les branches fortement infestées peuvent se dessécher progressivement,
l’arbre devient plus sensible aux stress (sécheresse, maladies, vieillissement).
En revanche, le gui constitue un formidable réservoir de nourriture pour les oiseaux en hiver, grâce à ses baies riches en énergie. À ce titre, il joue un rôle écologique important dans les milieux naturels et les haies bocagères.
Limiter et supprimer le gui
Pour éviter que le gui n’affaiblisse trop l’arbre, la meilleure solution reste de le supprimer au fur et à mesure. L’idéal est d’intervenir en fin d’hiver, lorsque l’arbre est nu et que les touffes sont bien visibles.
Élimination manuelle : sciez la branche infestée en revenant suffisamment en arrière pour retirer la zone où le gui s’est ancré. Si vous coupez seulement la touffe en surface, il repartira.
Travail en hauteur : pour les grands arbres (tilleuls, peupliers…), faites appel à un élagueur professionnel, surtout si les branches sont hautes ou fragiles.
Surveillance régulière : une inspection chaque hiver permet d’enlever les nouvelles touffes avant qu’elles ne deviennent trop volumineuses.
Dans un jardin d’ornement, vous pouvez choisir de conserver quelques boules de gui pour leur aspect décoratif et leur intérêt pour les oiseaux, tout en veillant à ce qu’elles ne se multiplient pas excessivement.
Tradition de la branche de gui
Le gui est très présent dans l’imaginaire populaire. Il est de tradition, notamment dans les pays d’Europe, de s’embrasser sous une branche de gui au moment des fêtes de Noël ou à minuit, le jour de l’An. Ce geste est censé apporter chance, amour et longue vie.
Cette symbolique remonte en partie aux druides, qui considéraient déjà le gui comme une plante sacrée. Ils lui attribuaient des vertus protectrices, lui prêtaient le pouvoir de guérir certaines maladies ou d’apporter fertilité et prospérité. Récolté avec solennité, souvent à l’aide d’une faucille d’or (dans la légende), il était un élément important des rituels anciens.
Toxicité et danger du gui
Le gui est une plante toxique pour l’être humain et pour de nombreux animaux domestiques. Il ne faut en aucun cas ingérer ses feuilles ni ses baies blanches.
Baies blanches de gui, décoratives mais toxiques
L’ingestion peut provoquer :
des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées),
des troubles cardiaques,
voire des symptômes plus graves en cas de forte dose.
Lors de la manipulation du gui, notamment pour en faire des décorations, il est recommandé :
d’utiliser des gants pour protéger vos mains,
de tenir les enfants éloignés,
de veiller à ce que les chiens et chats n’y aient pas accès.
Seuls certains oiseaux sont capables de consommer les baies sans danger, ce qui contribue à la dispersion naturelle de la plante.
Conseils du jardinier – FAQ
Le gui est-il toujours dangereux pour les arbres ? Une faible quantité de gui sur un grand arbre en bonne santé n’est généralement pas dramatique. En revanche, de nombreuses touffes sur un arbre déjà affaibli ou âgé peuvent accentuer son dépérissement. Il est alors conseillé de l’éliminer progressivement.
Comment se débarrasser du gui efficacement ? Il faut retirer la partie de branche où le gui s’est implanté, et pas seulement couper la boule verte. Sur les grands arbres, l’intervention d’un professionnel est préférable. Un suivi régulier évite qu’il ne revienne en masse.
Peut-on utiliser le gui cueilli dans les arbres comme décoration intérieure ? Oui, à condition de le manipuler avec précaution, d’éviter toute ingestion des baies et de le placer hors de portée des enfants et des animaux. Après les fêtes, mettez-le aux déchets ménagers plutôt qu’au compost.
Le gui a-t-il des usages médicinaux ? Le gui a été utilisé dans différentes médecines traditionnelles, mais ses effets et sa toxicité nécessitent une grande prudence. N’utilisez jamais de préparations maison : seuls des produits standardisés et encadrés médicalement peuvent éventuellement être envisagés. Demandez toujours l’avis d’un professionnel de santé.
Pourquoi trouve-t-on plus de gui sur certains arbres que sur d’autres ? Le gui a des préférences d’hôtes selon les régions et les espèces présentes. Les peupliers, tilleuls et pommiers sont particulièrement touchés dans de nombreuses zones, car leurs branches offrent des conditions favorables à l’implantation des graines.
Les baies de gui sont-elles dangereuses pour les oiseaux ? Non, les oiseaux qui les consomment sont adaptés à cette nourriture. Ce sont même eux qui assurent la dispersion du gui. En revanche, ces baies restent toxiques pour les humains et pour la plupart des animaux domestiques.
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.