Trois semaines. C’est le délai qu’il faut à un rosier grimpant remontant pour sortir une nouvelle vague de boutons après un simple pincement des pousses.
Pas une taille sévère, pas de gros sécateur : juste l’extrémité molle des tiges, coupée au bon endroit. Le mur qui semblait s’endormir repart, et les dernières roses tiennent jusqu’aux premières gelées.
Voici exactement où couper, et quand.
Un rosier grimpant remontant fleurit par vagues. Entre deux vagues, la plante consacre son énergie à former des cynorrhodons — ces petits fruits orangés qui suivent les fleurs fanées.
Et tant qu’ils grossissent, la production de nouveaux boutons ralentit nettement.
Le pincement coupe court à ce signal. La sève file alors vers les yeux situés juste sous la coupe, qui débourrent en 8 à 12 jours et portent des boutons en 18 à 25 jours selon la douceur.
Sur un grimpant vigoureux comme ‘New Dawn’ ou ‘Pierre de Ronsard’, trois à quatre pousses pincées par mètre carré suffisent à transformer l’aspect du mur.
Ce qu’il faut savoir : l’effet ne dure pas éternellement. Passé le 25 septembre en climat froid, les nouvelles pousses n’auront plus le temps de fleurir.
En Provence ou sur la côte atlantique, la fenêtre s’étire jusqu’aux premiers jours d’octobre.
Vous n’avez besoin que de deux choses : des gants qui résistent aux épines et une lame propre. Sur les pousses vraiment tendres, l’ongle du pouce fait le travail — la tige cède avec un petit claquement sec, signe qu’elle est encore herbacée.
Dès que la tige a durci et ne se casse plus nettement, passez au sécateur à lame droite, désinfecté à l’alcool entre deux rosiers.
Le meilleur moment de la journée ? La fin d’après-midi, quand le feuillage est sec et que la plaie ne cuira pas au soleil.
Repérez d’abord les pousses de l’année qui portent une fleur fanée ou un jeune fruit à leur extrémité. Ce sont elles qui répondent.
Et arrêtez-vous là. La tentation de continuer est forte, mais une taille des rosiers grimpants en règle se pratique en fin d’hiver, jamais maintenant.
Le soir même, arrosez au pied et apportez une poignée d’engrais rosier riche en potasse, griffé sur 3 cm. La potasse fabrique des fleurs et durcit le bois avant l’hiver.
La première est la plus fréquente : pincer un rosier non remontant. ‘Albertine’, le rosier de Banks ou ‘Veilchenblau’ ne fleurissent qu’une fois, sur le bois formé l’année précédente.
Vous supprimez la floraison du printemps prochain sans rien gagner.
La deuxième : l’azote. Un engrais universel riche en azote déclenche des pousses tendres, gorgées d’eau, qui gèleront à la première nuit à -3 °C.
Réservez-le au printemps.
La troisième : couper trop bas, en pleine tige lignifiée. Le rosier réagit alors en produisant du bois, pas des fleurs, et vous perdez six semaines.
Un dernier point souvent négligé — palissez à l’horizontale les nouvelles tiges au fur et à mesure. Une tige couchée fleurit sur toute sa longueur ; la même tige dressée ne fleurit qu’au sommet. La différence est spectaculaire dès la vague suivante, et le même principe vaut pour les rosiers buissons en fin de saison.

L’astuce à retenir : pincez 15 cm au-dessus d’une feuille à cinq folioles, uniquement sur les grimpants remontants.
S’il a fleuri une deuxième fois entre juillet et août, il est remontant. Les variétés à floraison unique n’ont donné qu’une explosion de fleurs en mai-juin, suivie de rien.
Non, les nouvelles pousses n’auraient plus le temps de mûrir avant les gelées. Après la fin septembre, contentez-vous de retirer les fleurs fanées, comme expliqué dans notre guide sur l’effeuillage des fleurs fanées.
Oui, gardez-en une dizaine sur les tiges du haut : ils nourrissent les oiseaux en hiver et décorent le mur. Le reste part au pincement.
Il fonctionne, mais la réponse est plus lente d’environ une semaine. Arrosez 5 litres deux fois par semaine dans les trois semaines qui suivent, sinon les boutons avortent.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.