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Le pincement de 30 secondes qui relance les rosiers grimpants jusqu’aux gelées

Rosier grimpant fleuri sur un mur de pierre

Trois semaines. C’est le délai qu’il faut à un rosier grimpant remontant pour sortir une nouvelle vague de boutons après un simple pincement des pousses.

Pas une taille sévère, pas de gros sécateur : juste l’extrémité molle des tiges, coupée au bon endroit. Le mur qui semblait s’endormir repart, et les dernières roses tiennent jusqu’aux premières gelées.

Voici exactement où couper, et quand.

Ce que ce geste change vraiment sur le mur

Un rosier grimpant remontant fleurit par vagues. Entre deux vagues, la plante consacre son énergie à former des cynorrhodons — ces petits fruits orangés qui suivent les fleurs fanées.

Et tant qu’ils grossissent, la production de nouveaux boutons ralentit nettement.

Le pincement coupe court à ce signal. La sève file alors vers les yeux situés juste sous la coupe, qui débourrent en 8 à 12 jours et portent des boutons en 18 à 25 jours selon la douceur.

Sur un grimpant vigoureux comme ‘New Dawn’ ou ‘Pierre de Ronsard’, trois à quatre pousses pincées par mètre carré suffisent à transformer l’aspect du mur.

Ce qu’il faut savoir : l’effet ne dure pas éternellement. Passé le 25 septembre en climat froid, les nouvelles pousses n’auront plus le temps de fleurir.

En Provence ou sur la côte atlantique, la fenêtre s’étire jusqu’aux premiers jours d’octobre.

Le bon outil, la bonne heure

Vous n’avez besoin que de deux choses : des gants qui résistent aux épines et une lame propre. Sur les pousses vraiment tendres, l’ongle du pouce fait le travail — la tige cède avec un petit claquement sec, signe qu’elle est encore herbacée.

Dès que la tige a durci et ne se casse plus nettement, passez au sécateur à lame droite, désinfecté à l’alcool entre deux rosiers.

  • Des gants spécial rosier à manchette longue
  • Un sécateur affûté, lame nettoyée
  • Un seau pour les déchets — ne les laissez pas au pied
  • De quoi arroser : 10 litres au pied le soir même

Le meilleur moment de la journée ? La fin d’après-midi, quand le feuillage est sec et que la plaie ne cuira pas au soleil.

Le geste, étape par étape

Repérez d’abord les pousses de l’année qui portent une fleur fanée ou un jeune fruit à leur extrémité. Ce sont elles qui répondent.

  1. Descendez le long de la tige jusqu’à la première feuille à cinq folioles — les feuilles à trois folioles, plus haut, donnent des pousses faibles.
  2. Coupez 5 mm au-dessus de cet œil, en biais, du côté opposé au bourgeon.
  3. Choisissez un œil tourné vers l’extérieur du mur, pas vers le support.
  4. Comptez environ 15 cm de pousse retirée. Pas plus.
  5. Répétez sur 5 à 8 pousses par pied, pas davantage.

Et arrêtez-vous là. La tentation de continuer est forte, mais une taille des rosiers grimpants en règle se pratique en fin d’hiver, jamais maintenant.

Le soir même, arrosez au pied et apportez une poignée d’engrais rosier riche en potasse, griffé sur 3 cm. La potasse fabrique des fleurs et durcit le bois avant l’hiver.

Les trois erreurs qui annulent tout

La première est la plus fréquente : pincer un rosier non remontant. ‘Albertine’, le rosier de Banks ou ‘Veilchenblau’ ne fleurissent qu’une fois, sur le bois formé l’année précédente.

Vous supprimez la floraison du printemps prochain sans rien gagner.

La deuxième : l’azote. Un engrais universel riche en azote déclenche des pousses tendres, gorgées d’eau, qui gèleront à la première nuit à -3 °C.

Réservez-le au printemps.

La troisième : couper trop bas, en pleine tige lignifiée. Le rosier réagit alors en produisant du bois, pas des fleurs, et vous perdez six semaines.

Un dernier point souvent négligé — palissez à l’horizontale les nouvelles tiges au fur et à mesure. Une tige couchée fleurit sur toute sa longueur ; la même tige dressée ne fleurit qu’au sommet. La différence est spectaculaire dès la vague suivante, et le même principe vaut pour les rosiers buissons en fin de saison.

Main gantée pinçant l'extrémité d'une jeune pousse de rosier grimpant au sécateur

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : pincez 15 cm au-dessus d’une feuille à cinq folioles, uniquement sur les grimpants remontants.

Comment savoir si mon rosier grimpant est remontant ?

S’il a fleuri une deuxième fois entre juillet et août, il est remontant. Les variétés à floraison unique n’ont donné qu’une explosion de fleurs en mai-juin, suivie de rien.

Puis-je faire ce pincement en octobre ?

Non, les nouvelles pousses n’auraient plus le temps de mûrir avant les gelées. Après la fin septembre, contentez-vous de retirer les fleurs fanées, comme expliqué dans notre guide sur l’effeuillage des fleurs fanées.

Faut-il laisser quelques cynorrhodons sur le pied ?

Oui, gardez-en une dizaine sur les tiges du haut : ils nourrissent les oiseaux en hiver et décorent le mur. Le reste part au pincement.

Ce geste fonctionne-t-il sur un rosier grimpant en pot ?

Il fonctionne, mais la réponse est plus lente d’environ une semaine. Arrosez 5 litres deux fois par semaine dans les trois semaines qui suivent, sinon les boutons avortent.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.