Une bande d’un mètre le long de l’allée, exposée plein sud du matin au soir. La terre y sèche en trois jours et se craquelle dès la mi-août.
Vous avez essayé les hostas, ils n’ont pas passé juillet. Trois vivaces suffisent pourtant à tenir cet endroit de juin aux premières gelées, sans arrosage quotidien.
Voici lesquelles, à quelle distance les planter, et dans quel ordre.
Elle occupe le premier rang. Ses ombelles plates, portées à 50 ou 70 cm selon le cultivar, servent de ligne horizontale à toute la scène — c’est elle qui structure.
L’achillée déteste la richesse. En terre amendée au compost, elle pousse mou et se couche à la première averse d’orage. En sol pauvre et caillouteux, elle tient droite jusqu’en novembre.
Coupez les ombelles fanées fin juillet, au-dessus de la première feuille saine : une seconde floraison arrive 4 à 5 semaines plus tard. Mais laissez les dernières sécher sur pied.
Brunes et rigides, elles restent décoratives tout l’hiver.
Elle casse l’horizontale de l’achillée avec ses épis dressés. Veronica spicata ‘Royal Candles’ monte à 40 cm, en bleu violacé dense, de la mi-juin à fin août. ‘Alba’ donne la même silhouette en blanc pur, utile pour éclairer une bordure sombre en fin de journée.
Le geste qui change tout : rabattre les épis fanés à mi-hauteur dès qu’ils brunissent par le bas. La plante relance une série de hampes plus courtes en une vingtaine de jours. C’est exactement le principe détaillé pour relancer la floraison de la véronique.
Attention à l’hiver, pas à l’été. La véronique encaisse très bien la sécheresse, mais un sol gorgé d’eau de décembre à février fait pourrir la souche. En terre lourde, plantez-la sur une légère butte de 10 cm.
Sans l’aster, la bordure s’éteint début septembre. Deux valeurs sûres, très différentes.
Aster × frikartii ‘Mönch’ fleurit de juillet à fin octobre — près de quatre mois sans interruption, en bleu lavande à cœur jaune. Il monte à 70 cm et demande un sol bien drainé. Symphyotrichum novae-angliae ‘Purple Dome’ reste compact à 50 cm, forme un dôme violet intense en septembre-octobre et ne nécessite aucun tuteur.
Pincez les tiges de ‘Mönch’ de 10 cm vers la mi-mai : il ramifie et ne s’ouvre plus en couronne sous la pluie. Les asters de Nouvelle-Angleterre résistent nettement mieux à l’oïdium (ce feutre blanc sur les feuilles) que les asters de Nouvelle-Belgique, souvent défigurés dès août en bordure chaude.
Le principe : trois étages de hauteur, trois périodes de floraison, et des groupes impairs. Jamais un pied isolé de chaque espèce — l’effet est maigre.
Le jaune soufre de l’achillée et le bleu de la véronique se renforcent mutuellement : ce sont deux couleurs complémentaires. L’aster mauve, qui arrive plus tard, reprend le bleu quand les épis ont disparu. Le même raisonnement d’étagement fonctionne avec les sauges en bordure étroite si vous voulez varier.
L’automne est la meilleure fenêtre de plantation pour ces trois-là : d’octobre à fin novembre, tant que le sol n’est pas gelé. Les racines s’installent pendant l’hiver et la bordure démarre deux à trois semaines plus tôt au printemps suivant.
Creusez un trou deux fois plus large que la motte, griffez le fond, n’ajoutez surtout pas d’engrais. Un seul arrosage copieux à la plantation — 5 litres par pied — puis plus rien jusqu’au printemps si la pluie fait son travail.
Ne rabattez pas tout en novembre. Oui, une bordure de tiges sèches fait moins propre qu’un sol nu.
Mais ces tiges creuses hébergent des larves d’auxiliaires, et la silhouette givrée des ombelles d’achillée vaut largement le désordre apparent.
Pour l’achillée et la véronique, la touffe s’épuise au bout de 3 à 4 ans. Diviser au bon moment relance la floraison et vous donne de quoi prolonger la bordure gratuitement.
L’astuce à retenir : trois étages de hauteur, trois périodes de floraison, et des groupes de 3 ou 5 pieds.
Oui, les trois s’accommodent très bien d’un pH élevé, à condition que le drainage soit correct. L’achillée est même plus florifère en terrain calcaire et pauvre.
La première année, un arrosage copieux tous les 10 jours en période sèche. Ensuite, les pieds installés se passent d’eau sauf canicule prolongée au-delà de trois semaines.
Trop d’ombre, trop d’azote, ou pas de pincement. Pincez les tiges de 10 cm mi-mai et choisissez un cultivar compact comme ‘Purple Dome’ qui tient seul à 50 cm.
Possible avec un bac d’au moins 50 cm de profondeur et un mélange très drainant. Comptez un arrosage par semaine en été, contre aucun en pleine terre.
La fiche complète du sujet : Aster : floraisons de printemps, d’été et d’automne
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.