Vous inspectez vos aubergines et le feuillage ressemble à une passoire. Des dizaines de petits trous ronds, réguliers, comme criblés au poinçon.
Premier réflexe : penser à une maladie. Erreur.
Aucun champignon ne fait ça. Le vrai coupable est un minuscule coléoptère qui bondit dès que votre main approche — et il déteste certaines variétés plus que d’autres.
Regardez de près, en plein soleil de préférence. Vous verrez de petits insectes noirs ou bronze, de 2 à 3 mm, qui sautent comme des puces au moindre mouvement.
Voilà l’altise.
Ces coléoptères grignotent l’épiderme des jeunes feuilles et créent ces perforations caractéristiques. La différence avec une maladie ? Les trous sont nets, ronds, sans halo jaune ni feutrage. Une attaque de champignon comme l’oïdium laisse un dépôt poudreux, pas des trous propres.
L’altise adore les solanacées et les crucifères. Aubergine, radis, roquette, jeunes choux : le même insecte, partout. Un feuillage criblé sans dépôt ni moisissure signe presque toujours une attaque d’altise.
Tout dépend de l’âge du plant. Une aubergine adulte, bien installée, encaisse les trous sans broncher : la photosynthèse continue, les fruits grossissent.
C’est la jeune plante qui trinque. Sur un plant repiqué depuis moins de trois semaines, une attaque massive peut ralentir la croissance, voire faire caler la végétation.
En pleine chaleur estivale, le stress se cumule avec le manque d’eau.
Et un détail qui rassure : l’altise ne touche quasiment jamais les fruits. Vos aubergines restent parfaitement comestibles.
Toutes les aubergines ne se valent pas face aux altises. Les variétés à feuillage vigoureux et à croissance rapide s’en sortent mieux, parce qu’elles reconstituent leur surface foliaire plus vite que l’insecte ne la dévore.
L’aubergine ‘Barbentane’, variété provençale précoce et robuste, fait partie de celles-là. Son développement franc lui permet de dépasser rapidement le stade fragile où l’altise fait le plus de dégâts.
La ‘Violette de Florence’, trapue et productive, se comporte elle aussi correctement en climat chaud.
| Variété | Vigueur | Résistance altise |
|---|---|---|
| ‘Barbentane’ | Forte, précoce | Bonne |
| ‘Violette de Florence’ | Moyenne à forte | Correcte |
Le choix de la variété ne remplace pas la prévention, mais il vous donne une longueur d’avance.
L’altise fuit l’humidité. Voilà votre première arme, gratuite et immédiate.
Si l’attaque persiste sur de jeunes plants, un insecticide naturel prêt à l’emploi pour plantes bio appliqué le soir suffit généralement. Pour renforcer les plants, une pulvérisation de purin d’orties dilué stimule la reprise de croissance.
Oui, arroser le feuillage plusieurs soirs de suite, c’est un peu fastidieux. Mais la différence est visible en une semaine.

L’astuce à retenir : Des trous nets sans dépôt = altise, pas maladie ; arrosez le feuillage le soir.
Cherchez de petits insectes noirs ou bronze de 2 à 3 mm qui sautent quand vous approchez la main. Les trous qu’ils font sont ronds, nets et sans halo coloré.
Oui, absolument. L’altise ne s’attaque qu’aux feuilles, jamais aux fruits, qui restent parfaitement sains et bons à consommer.
Pas systématiquement. Sur un plant adulte, laissez faire.
N’intervenez que sur les jeunes plants ou quand plus de la moitié du feuillage est atteint.
Elles adorent la chaleur et le sol sec. Les périodes chaudes et sèches déclenchent les pontes et accélèrent leur activité sur le feuillage.