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La hernie du chou : reconnaître, prévenir et traiter cette maladie tenace

hernie du chou

La hernie du chou est une maladie cryptogamique redoutable, provoquée par un champignon capable de survivre plus de dix ans dans le sol. Ses spores peuvent voyager avec les vers de terre, l’eau de ruissellement, les outils du jardinier, ou même le fumier d’animaux ayant mangé une plante infectée. Cette maladie, qui provoque des tumeurs sur les racines des crucifères, peut décimer une culture entière si rien n’est entrepris pour la prévenir. Apprenons à reconnaître, prévenir et limiter cette maladie fongique particulièrement tenace.

Les facteurs favorisant

La hernie du chou est provoquée par le champignon Plasmodiophora brassicae, un organisme microscopique qui vit dans le sol et pénètre dans les racines pour y déclencher la formation de galles.

  • Ce champignon peut survivre plus de 10 ans sous forme de spores en attente d’une plante hôte.
  • L’humidité excessive est l’un des facteurs principaux, tout comme les sols acides et pauvres en calcium.
  • Lorsque les températures oscillent entre 19 et 25°C, le risque d’apparition est maximal.
  • Les sols compactés, mal drainés ou travaillés en monoculture sont aussi particulièrement à risque.

Le champignon se développe tout au long de la saison végétative, avec une intensité accrue au printemps et en été. La maladie n’épargne pas les parcelles irrégulièrement entretenues, où les mauvaises herbes de la famille des Brassicacées servent de relais naturel.

Les plantes sensibles

La maladie touche principalement les Brassicacées, cultivées ou sauvages. Voici les plantes les plus couramment concernées :

Les mauvaises herbes comme la bourse-à-pasteur, la sanve, la moutarde des champs ou même certains graminées comme le dactyle peuvent abriter le champignon sans présenter de symptômes visibles.

Les symptômes

Lorsque les premiers signes apparaissent, il est souvent déjà trop tard pour sauver la plante. Le champignon s’est déjà installé dans les racines et continue de se multiplier :

  • Fanage intermittent des feuilles, surtout lors des fortes chaleurs, avec reprise d’allure la nuit
  • Jaunissements irréguliers sur le feuillage
  • Présence d’une matière laineuse sur les racines
  • Grosses tumeurs profondes ou superficielles, d’abord blanches puis brunes et malodorantes en pourrissant
  • Mort rapide de la plante, accompagnée d’une libération de spores qui contaminent durablement la parcelle

Ces symptômes peuvent être confondus avec un manque d’eau ou un coup de chaleur, mais la présence de galles racinaires confirme systématiquement la maladie.

La lutte préventive

Comme il n’existe aucun traitement curatif, la lutte repose exclusivement sur la prévention. Voici les mesures les plus efficaces pour protéger vos cultures :

  • Aérer le sol pour améliorer le drainage : griffage régulier, apport de matière organique bien décomposée, travail léger du sol au printemps
  • Chauler ou amender en calcium 10 à 14 jours avant plantation : lithothamne, algues, chaux horticole
  • Rotation des cultures stricte d’au moins 7 ans après une attaque
  • Planter après des alliacées (oignons, poireaux), dont l’effet nettoyant est reconnu
  • Semer des engrais verts comme la vesce ou l’avoine avant d’installer les choux (éviter la moutarde, qui entretient la maladie)
  • Éliminer les mauvaises herbes hôtes des Brassicacées
  • Désinfecter soigneusement les outils et nettoyer vos chaussures après intervention dans une parcelle contaminée
  • Tremper les racines des jeunes plants dans une décoction de prêle et stimuler la croissance avec du purin d’ortie ou de prêle

Le traitement curatif

Contrairement à d’autres maladies, aucun traitement fongicide (même naturel) n’est réellement efficace contre la hernie du chou.

La seule solution reste l’arrachage immédiat des plants atteints.

 

hernie du chou traitement

Hernie du chou : arrachage immédiat des plants atteints

Ensuite :

  • Brûlez les plants si la réglementation de votre commune l’autorise
  • Sinon, jetez-les loin du potager : surtout pas de compost
  • Ne les donnez jamais aux animaux : le champignon résiste à la digestion

Après l’arrachage, il est conseillé de laisser la parcelle au repos ou d’y cultiver uniquement des plantes non sensibles pendant plusieurs années.

Conseils du jardinier – FAQ

Peut-on cultiver des choux sur une parcelle contaminée ?
Seulement après une rotation d’au moins 7 ans. Avant cela, privilégiez des légumes non sensibles (tomates, salades, haricots, pommes de terre).

La chaux élimine-t-elle le champignon ?
Non, mais elle réduit fortement sa capacité à se multiplier en augmentant le pH du sol.

Les variétés résistantes existent-elles ?
Oui, certains choux hybrides sont plus tolérants, mais aucune variété n’est totalement immunisée.

La hernie du chou peut-elle se transmettre par l’eau ?
Oui. L’eau de ruissellement peut disséminer les spores d’une parcelle à l’autre.

Peut-on désinfecter une parcelle contaminée ?
Non, aucun traitement n’éradique les spores dans le sol. Seule la rotation longue est efficace.

 


©ratnasear, ©Aleksa


Écrit par Pascale Bigay | L'écriture a ponctué la vie de Pascale. Tout comme la nature, la botanique, le jardinage... C'est pourquoi à travers ses mots, elle vous fait partager ses expériences et ses découvertes de jardinage, ses plantations de vivaces ou d'arbustes, ses recettes du potager, la vie de ses poules...