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‘Carouby de Maussane’ : le pois gourmand qui produit encore quand il fait 30 °C

Main cueillant une large gousse plate de pois gourmand Carouby de Maussane sur un rang palissé

Un pois qui grimpe à 1,80 m et fleurit violet, ça n’a rien d’un petit pois de printemps. Le ‘Carouby de Maussane’ vient des Alpilles, se mange cosse comprise, et donne des gousses plates de 10 à 12 cm quand les variétés naines ont déjà jauni.

La plupart des jardiniers ne le sèment jamais. Pourtant c’est exactement le profil qu’il faut en cette fin de saison.

Une gousse plate de 12 cm, et une plante deux fois plus haute

Oubliez l’image du rang de pois arrivant à mi-cuisse. Le ‘Carouby de Maussane’ monte à 1,50 m, souvent 1,80 m sur sol frais, et ses fleurs bicolores rose-violet en font une des rares plantes potagères vraiment décoratives.

Les gousses se cueillent entières, avant que les grains ne se forment. Larges, aplaties, un peu translucides à contre-jour.

Elles cassent net entre les doigts quand elles sont au bon stade — si elles plient sans casser, c’est déjà trop tard, les fibres sont là.

Ce qu’il faut savoir : cette variété est un pois cultivé de type mangetout à cosse plate, donc sans parchemin (la membrane coriace qui rend les cosses immangeables). Une poignée de gousses crues dans une salade, et vous comprenez pourquoi elle a survécu à un siècle de sélection industrielle sans jamais entrer dans les catalogues grand public.

Pourquoi il tient là où les pois nains lâchent

Soyons honnêtes : aucun pois n’aime 32 °C. Le pollen devient stérile au-delà de 27 °C, et une nuit à 22 °C suffit à faire avorter des fleurs.

Le ‘Carouby’ ne fait pas exception.

Mais il a trois avantages structurels sur les variétés naines type ‘Norli’ :

  • Un système racinaire plus profond, qui va chercher l’eau à 40 cm quand un pois nain se contente des 15 premiers centimètres
  • Une masse foliaire qui ombre son propre pied — le sol reste sensiblement plus frais sous le rang
  • Une floraison étalée sur 5 à 6 semaines, contre 2 à 3 pour les variétés naines : si une vague de chaleur grille une série de fleurs, la suivante prend le relais

C’est cette floraison décalée qui fait toute la différence en fin d’été. Vous perdez une semaine de production, pas la récolte.

Le semer maintenant : fenêtre, profondeur, support

La fenêtre utile court jusqu’à la première semaine de septembre au sud de la Loire, et se referme fin août dans le nord et l’est. Comptez 60 à 75 jours entre le semis et les premières gousses, avec des plants qui supportent -2 °C sur le feuillage mais dont les fleurs grillent dès le premier vrai gel.

Le geste précis : arrosez la ligne la veille, copieusement. Le pois lève mal en terre sèche et chaude, c’est là que 80 % des semis d’arrière-saison échouent.

  • Semez en poquets de 4 graines, tous les 25 cm, à 3 cm de profondeur
  • Espacez les rangs de 60 cm minimum — ces plants font de l’ombre
  • Installez le filet ou le grillage avant la levée : les vrilles cherchent un appui dès 15 cm de haut
  • Étalez 8 cm de paillage une fois les plants à 10 cm, jamais avant
  • Arrosez 5 L/m², deux fois par semaine, tôt le matin

Un tuteurage bâclé, et vous retrouvez 1,50 m de végétation couchée après le premier orage. Ça n’arrive qu’une fois.

Récolter au bon stade, et les deux variétés à semer à côté

Passez tous les deux jours dès l’apparition des premières gousses. Le stade idéal : la cosse mesure 10 cm, les grains se devinent à peine comme de légères bosses.

Quarante-huit heures de plus et la texture change complètement.

Plus vous cueillez, plus la plante refleurit — la logique est la même que pour les pois gourmands en général : une seule gousse laissée à grainer envoie le signal d’arrêt à tout le pied.

Pour sécuriser la récolte, semez deux variétés en parallèle :

  • ‘Norli’ : nain, 60 cm, sans tuteur, premières gousses en 55 jours. Le pari sûr en région froide.
  • ‘Corne de Bélier’ : grimpant lui aussi, gousses recourbées jusqu’à 15 cm, un peu plus tardif que le ‘Carouby’.

Et si la météo tourne franchement froide début octobre, le rang n’est pas perdu : coupez les tiges au ras du sol, laissez les racines en place, et enchaînez avec un semis de mâche ou de roquette. L’azote fixé par les nodosités des pois profite directement à la culture suivante.

Fleurs bicolores violettes du pois gourmand grimpant sur un filet de 1,80 m au potager

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : arrosez le sillon la veille du semis et posez le support avant la levée.

Peut-on encore semer des pois gourmands en fin d’été ?

Oui, jusqu’à début septembre au sud de la Loire et fin août ailleurs. Au-delà, les fleurs n’auront pas le temps de nouer avant les premiers gels.

Faut-il tremper les graines de pois avant de semer ?

Deux à quatre heures dans l’eau tiède suffisent en sol chaud, pas davantage. Une graine trempée trop longtemps pourrit avant de germer.

Le ‘Carouby de Maussane’ a-t-il besoin d’engrais ?

Non. Le pois fixe l’azote de l’air grâce aux bactéries de ses racines : un apport azoté fait de la feuille au détriment des gousses.

Quelle différence entre pois gourmand et pois mangetout ?

C’est le même légume : une cosse sans parchemin, consommée entière. Le ‘Carouby’ appartient au type à cosse plate, plus large et plus tendre que les mangetout ronds façon ‘Sugar Snap’.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.