Il pleut depuis plusieurs jours, le jardin est détrempé et pourtant votre oranger du Mexique en pot fait grise mine. Ses feuilles deviennent molles, certaines brunissent et le terreau semble humide en surface. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer que la plante puisse manquer d’eau.
Pourtant, la pluie ne suffit pas toujours à réhydrater une plante en pot. Sous un feuillage dense, contre un mur ou dans un terreau devenu trop sec, l’eau peut ne jamais atteindre correctement les racines. À l’automne, ce phénomène passe facilement inaperçu, car on cesse naturellement de penser à l’arrosage. Voici les quatre causes à vérifier avant l’arrivée du froid.
Une surface humide ne signifie pas nécessairement que toute la motte a reçu suffisamment d’eau. Quelques millimètres de pluie peuvent mouiller le dessus du terreau sans atteindre les racines situées plus profondément.
Pour le vérifier, commencez par soulever légèrement le pot, si sa taille le permet. Un contenant nettement plus léger qu’après un arrosage complet peut indiquer que le substrat est sec. Ce repère devient particulièrement utile lorsqu’on connaît bien le poids habituel de ses potées.
Enfoncez ensuite un doigt à plusieurs centimètres de profondeur ou utilisez une petite baguette en bois pour contrôler l’humidité sous la surface.
Observez également le bord du pot : lorsqu’un terreau s’est fortement desséché, il peut se rétracter et laisser apparaître un espace entre la motte et la paroi. L’eau emprunte alors plus facilement ce passage au lieu de pénétrer dans le substrat.
Attention : des feuilles molles ne prouvent pas à elles seules un manque d’eau. Une plante dont les racines souffrent d’un excès d’humidité peut présenter des symptômes similaires. Il faut donc vérifier le terreau avant d’arroser.
Certains arbustes persistants possèdent un feuillage suffisamment dense pour détourner une partie de l’eau de pluie vers l’extérieur du pot.
C’est notamment possible avec un pittosporum, un laurier-tin ou un oranger du Mexique bien développé. Les gouttes ruissellent sur les feuilles et tombent autour du contenant, tandis que la surface du terreau reçoit beaucoup moins d’eau qu’on pourrait le croire.
Après plusieurs jours de pluie, vérifiez donc les pots placés sous des feuillages très fournis, surtout lorsque leur diamètre est inférieur à celui de la ramure.
Un pot installé contre une façade, sous un balcon ou près d’une avancée de toiture peut rester presque au sec, même pendant une période pluvieuse.
Le phénomène est particulièrement fréquent sur les terrasses et les balcons couverts. Selon la direction du vent, la pluie peut atteindre le feuillage sans réellement mouiller le terreau.
Les jardiniers pensent alors que les précipitations ont remplacé les arrosages, alors que la plante continue de puiser dans ses réserves.
C’est l’un des problèmes les plus trompeurs. Après une longue période de sécheresse, certains terreaux, notamment ceux riches en tourbe, peuvent devenir hydrophobes : ils absorbent difficilement l’eau.
Lorsqu’il pleut ou que vous arrosez, l’eau peut alors ruisseler à la surface ou s’écouler le long des parois avant de ressortir par les trous de drainage.
Le pot semble avoir été abondamment arrosé, mais le centre de la motte reste sec.
Un signe révélateur : l’eau traverse très rapidement le contenant alors que le terreau demeure léger et sec en profondeur.
Après plusieurs années dans le même contenant, certaines plantes développent un système racinaire très dense. Les racines finissent par occuper une grande partie du volume disponible.
Il reste alors moins de substrat capable de retenir l’eau. La motte peut sécher rapidement entre deux pluies, particulièrement si le pot est exposé au vent.
Si les racines tournent en cercle contre les parois ou ressortent abondamment par les trous de drainage, un rempotage pourra être nécessaire au printemps.
Un olivier, un laurier-tin, un choisya ou un pittosporum conservent leur feuillage pendant l’hiver. Même lorsque leur croissance ralentit, ils continuent de perdre une certaine quantité d’eau par transpiration.
Contrairement à une plante installée en pleine terre, les racines d’une plante en pot sont exposées au froid sur plusieurs côtés. Lors d’une période de gel prolongée, une partie de la motte peut geler et rendre temporairement l’eau inaccessible aux racines.
La bonne méthode dépend de l’état du terreau et de la taille du contenant.
Un terreau adapté aide également à conserver un bon équilibre entre rétention d’eau et drainage. Lors du prochain rempotage, choisissez un substrat correspondant aux besoins de la plante, comme un terreau pour plantes fleuries lorsque celui-ci convient à l’espèce cultivée.
Si les racines occupent presque tout le contenant, prévoyez un rempotage au printemps dans un pot légèrement plus grand. Retrouvez les principales étapes dans notre guide du rempotage des plantes.
Oui, si le substrat est sec et que la plante en a besoin. Mais il n’existe pas de fréquence valable pour toutes les potées.
Un olivier installé dans un grand bac exposé au vent, un choisya abrité sous un balcon et une vivace entrée en repos végétatif n’ont pas les mêmes besoins.
En automne et en hiver, surveillez surtout :
Lorsque l’arrosage est nécessaire, intervenez de préférence le matin, pendant une période hors gel, afin que l’eau puisse pénétrer dans le substrat et s’évacuer normalement.
Évitez de suivre un calendrier fixe : c’est l’état de la motte qui doit décider de l’arrosage, pas le nombre de jours écoulés depuis la dernière pluie.
Une plante qui jaunit ou dont les feuilles retombent ne manque pas forcément d’eau.
Enfin, les cactus et certaines succulentes nécessitent un régime très différent : leurs arrosages doivent généralement être fortement réduits pendant le repos hivernal. Découvrez les erreurs à éviter avec les cactus et les succulentes.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.