Une botte de foin coûte entre 5 et 8 €. Et la plupart des jardiniers n’y voient qu’un matériau à étaler au pied des légumes.
Pourtant, cette herbe séchée — feuilles, tiges fines et graines mêlées — sait faire bien d’autres choses : parfumer une volaille dans la fonte, garder des carottes croquantes jusqu’en mars, servir de litière, et même chauffer un bain dans les Alpes. Cinq usages qui donnent envie d’en acheter deux.
Le foin, c’est une prairie entière séchée sur pied puis fauchée : fléole des prés, dactyle pelotonné, fétuque élevée, trèfles, parfois quelques fleurs de prairie. Feuilles comprises. Graines comprises.
La paille, elle, ne garde que les tiges creuses des céréales après battage. Beaucoup plus rigide, beaucoup plus pauvre, beaucoup moins parfumée.
C’est cette richesse en feuilles fines et en légumineuses qui rend le foin intéressant partout ailleurs qu’au sol : il retient l’air (donc il isole), il absorbe l’humidité, et il libère des composés aromatiques dès qu’on le chauffe ou qu’on le mouille. Pour son usage au jardin, tout est expliqué dans notre article sur le paillage de foin sur terre argileuse. Ici, on sort du potager.
Une grosse poignée de foin, humidifiée sous le robinet et essorée à la main. Tapissez le fond d’une cocotte en fonte sur 3 à 4 cm.
Posez le poulet dessus, recouvrez-le d’une seconde couche de foin, fermez le couvercle.
Comptez 1 h 15 à 180 °C pour une volaille de 1,5 kg, sans ouvrir. La vapeur qui monte du foin humide cuit la chair très doucement pendant que la peau dore par-dessus.
Le foin ne se mange pas : on le jette après cuisson. Il sert uniquement de matelas aromatique et de régulateur d’humidité.
Oui, la première fois, on hésite à mettre de l’herbe séchée dans son four. Mais l’odeur qui sort de la cocotte à l’ouverture règle la question.
C’est l’usage le plus ancien et le plus efficace. Dans une caisse en bois, alternez 2 à 3 cm de foin bien sec et une couche de racines qui ne se touchent pas, jusqu’en haut. Le foin absorbe l’humidité résiduelle et empêche la contagion : si une racine s’abîme, les voisines ne suivent pas.
Placez la caisse dans un local à 4-8 °C, à l’obscurité. Un cellier, un garage nord, une cave.
Les variétés de garde tiennent le mieux : la carotte ‘Colmar à cœur rouge’ et la betterave ‘Crapaudine’, avec leur peau épaisse, passent l’hiver sans se rider. Vérifiez la caisse toutes les trois semaines et retirez ce qui ramollit. La même logique s’applique aux fruits, comme le détaillent les méthodes anciennes de conservation sans réfrigérateur.
Soyons clairs sur la litière : le foin est d’abord un fourrage. Pour les lapins et cobayes, c’est de la nourriture — ils en consomment leur volume de corps chaque jour.
Pour les poules, la paille reste plus adaptée au sol du poulailler, car le foin retient davantage l’humidité et se tasse vite. En revanche, une poignée de foin dans le pondoir fait un nid parfait.
Dehors, une poignée de foin sec glissée dans un abri à insectes offre un refuge d’hivernage aux chrysopes et aux coccinelles.
Et puis il y a le bain de foin, le Heubad du Haut-Adige : on s’allonge dans du foin de montagne fraîchement fauché qui fermente et monte au-dessus de 40 °C. Vingt minutes, pas plus. Cette pratique se fait uniquement en établissement spécialisé, jamais à la maison — la fermentation est difficile à contrôler.
Prenez une poignée et serrez. Un bon foin est souple, légèrement craquant, vert clair à vert doré, et ne laisse presque pas de poussière sur les mains.
Une botte carrée de 20 kg, achetée directement chez un agriculteur, revient souvent moins cher qu’un sac de paillage en jardinerie.

L’astuce à retenir : un foin vert clair, souple et sans poussière convient aussi bien à la cuisine qu’à la cave.
Le foin est de l’herbe de prairie séchée, avec ses feuilles et ses graines. La paille ne contient que les tiges creuses des céréales, une fois le grain récolté.
Uniquement s’il s’agit d’un foin de prairie naturelle non traité, sec et sans moisissure. Le foin de paillage bas de gamme, souvent poussiéreux, n’a pas sa place en cuisine.
Carottes et betteraves de garde tiennent quatre à cinq mois entre 4 et 8 °C. Contrôlez la caisse toutes les trois semaines et retirez les racines molles.
Il peut les intéresser, surtout s’il contient beaucoup de graines. Stockez les bottes surélevées, à l’écart des murs, et fermez bien les caisses de légumes.