Plantes du sportif : cinq alliées de l’effort selon l’herboristerie
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Ginseng, spiruline, éleuthérocoque, schisandra, rhodiole : cinq plantes que la naturopathie associe à la pratique sportive, de la reprise d’activité à la récupération. Voici, pour chacune, la partie utilisée, la forme d’emploi la plus courante, le moment de la journée conseillé, le goût à prévoir — et les précautions à lire avant de commencer.
Carte d’identité des cinq plantes
Plante
Nom latin
Famille
Partie utilisée
Récolte
Goût
Ginseng
Panax ginseng
Araliacées
Racine
Automne, sur des plants âgés de plusieurs années
Terreux, doux puis franchement amer
Spiruline
Arthrospira platensis
Cyanobactéries (micro-algue)
Biomasse entière séchée
Cultivée et récoltée en bassin, en saison chaude
Marin, prononcé, un peu végétal
Éleuthérocoque
Eleutherococcus senticosus
Araliacées
Racine et écorce de racine
Automne, après le jaunissement du feuillage
Boisé, légèrement piquant
Schisandra
Schisandra chinensis
Schisandracées
Baies séchées
Fin d’été et début d’automne
Les « cinq saveurs » : acide dominante
Rhodiole
Rhodiola rosea
Crassulacées
Rhizome
Fin d’été, en montagne
Amer, astringent, note de rose au séchage
Ce qu’on leur prête
Ginseng : la tradition asiatique en a fait un tonique de la reprise d’activité ; on le réputé stimulant et soutenant pour l’endurance des personnes peu entraînées.
Spiruline : la naturopathie l’emploie comme complément nutritionnel avant une période d’entraînement soutenu, pour son apport en protéines et en fer.
Éleuthérocoque : classé parmi les plantes adaptogènes, il est traditionnellement conseillé en période de charge d’entraînement, pour aider l’organisme à faire face au stress.
Schisandra : la médecine traditionnelle chinoise le réserve aux moments où l’on attend de la vivacité et de la lucidité — d’où son usage chez les pratiquants de sports de combat, de raquette ou de tir.
Rhodiole : également considérée comme adaptogène, elle est réputée en herboristerie pour accompagner la phase de récupération après l’effort.
Ces usages relèvent d’un savoir traditionnel et d’une pratique naturopathique : ils ne constituent ni une promesse de performance, ni un avis médical.
Le ginseng, pour la reprise d’activité
La racine réduite en poudre, forme d’emploi la plus courante
Quelle partie : la racine, séchée entière, en tronçons ou réduite en poudre.
Quelle forme : décoction de racine séchée, poudre, ou extrait en gélules (ginseng rouge le plus souvent).
Quand : au petit-déjeuner, jamais en fin de journée.
Quel goût : très amer en décoction ; une rondelle de gingembre ou un peu de miel adoucit la tasse.
La spiruline, un complément d’assiette
Micro-algue riche en protéines, fer et magnésium
Quelle forme : paillettes ou poudre à saupoudrer, comprimés à avaler.
Comment la faire passer : dans un jus de fruits, une soupe tiède, une vinaigrette ou un houmous — jamais dans un plat brûlant.
Quel goût : nettement marin ; l’acidité du citron et l’ail le masquent bien.
Bon réflexe : commencer par une très petite quantité, le temps que le transit s’y habitue, et augmenter progressivement.
L’éleuthérocoque, en période de charge
Le ginseng de Sibérie, plante des montagnes froides
Quelle partie : la racine et son écorce, séchées.
Quelle forme : infusion de racines séchées, poudre, ou teinture diluée dans un peu d’eau.
Quand : le matin exclusivement, pour ne pas perturber le sommeil.
Quel goût : boisé, avec une pointe piquante en fin de bouche.
Le schisandra, la baie aux cinq saveurs
Ce sont les baies séchées que l’on infuse
Quelle partie : les baies séchées, entières ou concassées.
Quelle forme : infusion, poudre, gélules.
Quand : le matin, de préférence, comme l’éleuthérocoque.
Quel goût : déroutant — acide d’abord, puis sucré, amer, salé et piquant ; se boit très bien froid, façon boisson acidulée.
La rhodiole, pour la phase de récupération
Plante adaptogène des rocailles d’altitude, on utilisé le rhizome
Quelle partie : le rhizome séché.
Quelle forme : le plus souvent des gélules d’extrait ; plus rarement en infusion, très amère.
Quand : une demi-heure avant le petit-déjeuner ou avant le repas de midi.
Rythme d’usage : la naturopathie la conseille en cure courte, entrecoupée de pauses, plutôt qu’en prise continue.
Comment l’employer
Trois gestes suffisent à couvrir presque tous les cas : l’infusion pour les baies et les racines tendres, la décoction pour les racines dures, la poudre pour la spiruline.
Infusion (éleuthérocoque, schisandra) : verser l’eau frémissante sur la plante, couvrir, laisser 10 à 15 minutes, filtrer. Le couvercle évite que les arômes s’échappent.
Décoction (racine de ginseng) : mettre la racine dans l’eau froide, porter doucement à ébullition, laisser frémir une vingtaine de minutes, puis filtrer. On peut réutiliser la même racine pour une seconde tasse.
Poudre (spiruline, ginseng, éleuthérocoque) : incorporée à froid ou à tiède dans un jus, un yaourt, une compote, une soupe.
Teinture (éleuthérocoque) : quelques gouttes selon les indications de l’étiquette, diluées dans un fond d’eau, le matin.
Gélules et comprimés : respecter strictement le dosage indiqué par le fabricant, qui varie du simple au triple d’un extrait à l’autre.
Forme d’emploi
Préparation
Usage courant
Infusion
Eau frémissante versée sur la plante, à couvert, 10 à 15 minutes
Baies de schisandra, racines d’éleuthérocoque ; le matin
Décoction
Départ à l’eau froide, frémissement doux une vingtaine de minutes
Racine de ginseng séchée ; au petit-déjeuner
Poudre
Mélangée à froid ou à tiède dans un aliment liquide
Spiruline dans un jus ou une vinaigrette ; à table
Teinture
Quelques gouttes diluées dans un fond d’eau
Éleuthérocoque ; le matin, selon l’étiquette
Gélules
Aucune préparation, dosage fixé par le fabricant
Rhodiole avant le repas ; ginseng au petit-déjeuner
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : ces plantes se prennent le matin, une seule à la fois, en cure courte entrecoupée de pauses.
Peut-on prendre plusieurs de ces plantes en même temps ?
Ce n’est pas recommandé. Éleuthérocoque, schisandra et rhodiole appartiennent tous les trois à la famille des plantes dites adaptogènes, et les cumuler multiplie surtout les risques de nervosité et d’insomnie. Mieux vaut n’en essayer qu’une, en observer les effets, puis changer après une pause.
À quel moment de la journée les consommer ?
Le matin dans presque tous les cas. Le ginseng se prend au petit-déjeuner, l’éleuthérocoque et le schisandra également, afin de ne pas perturber le sommeil. La rhodiole s’utilisé une demi-heure avant le petit-déjeuner ou avant le repas de midi. La spiruline, elle, s’intègre simplement aux repas.
Comment faire passer le goût de la spiruline ?
Son goût marin est prononcé et la chaleur l’accentue. Incorporez-la à froid ou à tiède : jus de fruits acidulé, vinaigrette citronnée, houmous, soupe déjà refroidie. Commencez par une très petite quantité, autant pour le palais que pour le transit.
Faut-il une infusion ou une décoction ?
Tout dépend de la dureté de la partie utilisée. Les baies de schisandra et les racines fines d’éleuthérocoque s’infusent 10 à 15 minutes à couvert. La racine de ginseng, dense et ligneuse, se met à l’eau froide puis frémit une vingtaine de minutes : c’est une décoction.
Ces plantes conviennent-elles à un adolescent sportif ?
Non, et c’est une précaution à prendre au sérieux : l’éleuthérocoque est déconseillé avant 12 ans, la rhodiole avant 15 ans, et le schisandra comme le ginseng ne s’adressent pas aux enfants. Pour un jeune sportif, l’alimentation, l’hydratation et le sommeil restent les seuls leviers à privilégier, avec l’avis d’un professionnel de santé.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Rédactrice web confirmée, elle a été webmaster d'une jardinerie indépendante avant de se spécialiser dans le végétal. Sur Jardiner Malin, elle écrit sur les orchidées, les rosiers et le potager de balcon. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos.