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Curcuma, thé vert, ginseng, ginkgo, aloès : ce que l’herboristerie leur prête
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Cinq plantes réputées pour leur richesse en composés antioxydants : le curcuma, le ginseng rouge, le thé vert, l’aloès et le ginkgo biloba. Voici, pour chacune, la partie utilisée, la forme d’emploi la plus courante, le goût, les usages que leur prêtent la tradition et la naturopathie — et surtout les précautions à connaître avant d’ouvrir un bocal.
Rhizome (curcuma), racine (ginseng), jeunes feuilles (thé vert), gel des feuilles charnues (aloès), feuilles (ginkgo)
Formes d’emploi
Poudre et cuisine, infusion, décoction, gel frais, extraits en gélules
Saison de récolte
Rhizomes et racines à l’automne ; feuilles de thé au printemps ; feuilles de ginkgo en fin d’été ; aloès toute l’année sur plante établie
Goût
Terreux et poivré (curcuma), amer et sucré (ginseng), végétal et astringent (thé vert), très amer (aloès), herbacé (ginkgo)
Ce qu’on leur prête
Le rhizome de curcuma, séché puis réduit en poudre
Le curcuma
Originaire d’Asie, il est employé depuis très longtemps comme épice quotidienne dans la cuisine indienne.
La médecine ayurvédique traditionnelle lui prête un rôle dans le confort digestif, en particulier après un repas riche.
Les herboristes le classent parmi les plantes dites « de confort articulaire », toujours dans le cadre d’un usage traditionnel.
En naturopathie, il est réputé pour sa teneur en composés antioxydants.
Le ginseng rouge
Racine coréenne étuvée, elle est considérée en médecine traditionnelle chinoise comme une plante « adaptogène ».
On l’emploie traditionnellement en période de fatigue passagère ou de baisse de tonus, en cure limitée dans le temps.
La naturopathie lui prête un soutien de la vitalité générale et de la concentration.
Feuilles de thé vert : deux à trois minutes suffisent
Le thé vert
Ses feuilles sont riches en polyphénols, dont les catéchines, et contiennent de la caféine.
Il est réputé, dans son usage traditionnel asiatique, comme boisson tonique et désaltérante tout au long de la journée.
La naturopathie l’inscrit souvent parmi les boissons de remplacement du café, pour son apport en caféine plus progressif.
Aloe arborescens : c’est le gel intérieur que l’on récolte
L’aloès
Aloe arborescens, comme Aloe vera, renferme dans ses feuilles charnues un gel translucide et un latex jaune amer juste sous l’épiderme.
La tradition l’emploie surtout en usage externe, sur la peau sèche, échauffée ou après une exposition au soleil.
En herboristerie, le jus est traditionnellement associé au confort du transit — un usage réservé aux cures très courtes, tant la plante est amère et irritante.
Le ginkgo biloba
Arbre ornemental des villes, dont les feuilles jaunissent spectaculairement à l’automne.
La phytothérapie traditionnelle lui prête un rôle dans le confort circulatoire, notamment la sensation de jambes lourdes.
Il est également réputé soutenir la mémoire et la concentration chez les personnes âgées, selon un usage traditionnel bien établi.
Et l’if ?
L’if, Taxus baccata, est un conifère toxique dans presque toutes ses parties : aiguilles, écorce, graines.
Des molécules isolées de ses aiguilles sont extraites et transformées par l’industrie pharmaceutique ; cela ne concerne en rien un usage domestique.
L’if n’a aucune place en herboristerie familiale : on ne le consomme ni en infusion, ni en décoction, ni en poudre.
Comment les employer
Chaque plante a sa forme d’emploi la plus simple, celle que l’on peut préparer chez soi sans matériel particulier.
Le curcuma, en cuisine avant tout
Compter une demi-cuillère à café rase de poudre par portion, ajoutée en début de cuisson.
L’associer à une matière grasse (huile d’olive, lait de coco, beurre) : la curcumine s’y dissout, pas dans l’eau.
Un tour de moulin à poivre est la façon traditionnelle de compléter le mélange.
En « lait d’or » : une demi-cuillère à café de poudre dans une tasse de lait végétal chaud, avec une pointe de cannelle, le soir.
Le thé vert, en infusion courte
Une cuillère à café de feuilles (2 à 3 g) par tasse.
Eau à 70-80 °C, jamais bouillante : l’eau trop chaude rend l’infusion amère.
2 à 3 minutes d’infusion, pas plus ; les feuilles supportent une seconde infusion.
Plutôt le matin et en début d’après-midi, la caféine pouvant gêner l’endormissement.
À distance des repas, d’environ une heure, comme le veut l’usage.
Le ginseng rouge, en décoction ou en extrait
En décoction : quelques rondelles de racine séchée dans une tasse d’eau, portées à frémissement une quinzaine de minutes.
Le matin de préférence, la tradition évitant la prise en soirée.
En gélules d’extrait sec, s’en tenir strictement aux indications du fabricant et à des cures courtes, entrecoupées de pauses.
L’aloès, en gel frais
Couper une feuille extérieure à la base, la laisser s’égoutter debout une dizaine de minutes pour évacuer le latex jaune.
Fendre la feuille, prélever le gel translucide à la cuillère, l’appliquer sur la peau propre.
Le gel frais se conserve deux à trois jours au réfrigérateur dans un bocal fermé.
Le ginkgo, en infusion de feuilles
Une cuillère à café de feuilles séchées et émiettées par tasse, en infusion couverte 10 minutes.
Goût herbacé, discret : une rondelle de citron ou un peu de menthe l’adoucit.
Plante
Partie utilisée
Forme courante
Ce que la tradition lui prête
Curcuma
Rhizome séché
Poudre en cuisine, lait doré
Confort digestif et articulaire (usage ayurvédique)
Ginseng rouge
Racine étuvée
Décoction, extrait sec
Tonus en cas de fatigue passagère (médecine chinoise)
L’astuce à retenir : le curcuma ne se dissout pas dans l’eau — associez-le toujours à une matière grasse et à un tour de moulin à poivre.
Peut-on prendre plusieurs de ces plantes en même temps ?
Non, ce n’est pas conseillé : certaines de ces plantes ne doivent pas être prises simultanément. Il vaut mieux n’en employer qu’une à la fois, sur une durée courte. Avant d’entamer une cure, demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, surtout si vous suivez déjà un traitement.
Pourquoi ne faut-il pas faire bouillir l’eau du thé vert ?
Une eau bouillante extrait trop vite les tanins et rend l’infusion amère et astringente. On vise 70 à 80 °C, soit une eau que l’on a laissée retomber quelques minutes après l’ébullition. Deux à trois minutes d’infusion suffisent, et les feuilles supportent un second passage.
Comment récolter le gel d’aloès sans se tromper ?
Coupez une feuille extérieure à la base et laissez-la s’égoutter debout une dizaine de minutes : le latex jaune, irritant, s’écoule alors. Fendez ensuite la feuille dans la longueur et prélevez à la cuillère le gel translucide du centre. Il se conserve deux à trois jours au réfrigérateur, dans un bocal fermé.
L’if peut-il s’utiliser à la maison ?
Non, en aucun cas. L’if est une plante toxique dans presque toutes ses parties et il n’a aucune place en herboristerie familiale. Les molécules extraites de ses aiguilles relèvent exclusivement de l’industrie pharmaceutique et d’un cadre médical.
À quel moment de la journée prendre le ginseng rouge ?
La tradition le réserve au matin, car son effet tonique peut gêner l’endormissement s’il est pris en soirée. Il s’emploie en cures courtes, entrecoupées de pauses, et reste déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes et en cas d’hypertension artérielle.
Ces informations sont données a titre indicatif et relèvent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Rédactrice web confirmée, elle a été webmaster d'une jardinerie indépendante avant de se spécialiser dans le végétal. Sur Jardiner Malin, elle écrit sur les orchidées, les rosiers et le potager de balcon. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos.