La cténanthe, une plante verte tropicale graphique au feuillage spectaculaire
La cténanthe (Ctenanthe setosa) est une plante tropicale cultivée en intérieur pour son feuillage spectaculaire, argenté et nervuré de vert sombre, avec un revers pourpre. Non rustique, elle apprécie la chaleur régulière, une lumière abondante sans soleil direct, et surtout une hygrométrie élevée. Bien installée, elle forme une touffe élégante et graphique, parfaite pour donner du relief à une décoration végétale, tout en restant plus tolérante que certains calathéas.
Cténanthe en résumé
Nom : Ctenanthe spp.
Famille : Marantacées
Type : vivace rhizomateuse d’intérieur
Hauteur : 60 cm à 1,50 m (souvent 80–100 cm en intérieur)
Exposition : très lumineuse, sans soleil direct
Substrat : drainant, frais, riche en matière organique
Le genre Ctenanthe regroupe des vivaces de sous-bois tropical, originaires d’Amérique du Sud (notamment du Brésil).
Ctenanthe setosa se distingue par ses longues feuilles oblongues à lancéolées, pouvant dépasser 40 cm, portées par des pétioles dressés.
Le dessus du limbe affiche un vert pâle argenté, structuré par un veinage plus sombre, tandis que le revers est uniformément pourpre.
Cet effet “bicolore” renforce l’aspect graphique dès que la plante reçoit une lumière latérale (fenêtre) ou un éclairage doux en soirée.
Feuillage argenté nervuré et revers pourpre : la signature visuelle de la cténanthe.
La floraison, crème, est généralement peu visible en intérieur et ne constitue pas son principal intérêt. La cténanthe est avant tout une plante de feuillage. Elle crée un volume élégant en pot, se marie très bien avec des fougères (texture fine), des marantas (port plus bas) ou des plantes à feuilles unies (pour contraster). Elle peut aussi être utilisée seule comme “pièce graphique”, surtout dans un cache-pot sobre.
Espèce / cultivar
Feuillage
Port & dimensions
Exposition
Arrosage & humidité
Atouts & usages
Ctenanthe oppenheimiana
Grandes feuilles vert argenté rayées de vert foncé, revers pourpré
Touffe érigée, 80–120 cm
Lumière vive tamisée, sans soleil direct
Substrat frais, air très humide
Plante spectaculaire pour intérieur lumineux, très décorative en isolé
Ctenanthe burle-marxii
Feuilles ovales vert clair à motifs gris argenté, revers pourpré
Port étalé, 30–50 cm
Mi-ombre lumineuse
Arrosages réguliers, forte humidité
Parfait en pot bas ou en terrarium ouvert
Ctenanthe lubbersiana
Vert clair maculé de jaune, revers vert pâle
Touffe souple, 60–90 cm
Lumière douce, éviter soleil direct
Sol toujours légèrement humide
Très lumineux, apporte une touche tropicale élégante
Ctenanthe setosa
Grand feuillage gris argenté nervuré de vert foncé, revers pourpre
Érigé, 90–120 cm
Lumière tamisée
Arrosages réguliers, hygrométrie élevée
Aspect graphique moderne, idéale dans un salon lumineux
Ctenanthe amagris
Feuilles allongées vert pâle à nervures foncées, revers violacé
Compact, 30–40 cm
Mi-ombre
Substrat frais, brumisations régulières
Format réduit, idéale pour étagère ou bureau
Où installer la cténanthe pour réussir à coup sûr
La cténanthe a besoin de beaucoup de lumière pour garder des feuilles bien contrastées, mais redoute le soleil direct qui brûle le limbe. L’objectif est de reproduire une lumière de sous-bois tropical : abondante, mais filtrée.
Meilleur emplacement : à 50 cm–2 m d’une fenêtre très lumineuse, avec voilage si exposition sud ou ouest.
Exposition idéale : est (soleil doux le matin) ou nord lumineux. Au sud, la lumière doit être tamisée.
Signaux à observer : feuilles qui pâlissent = manque de lumière. Feuilles qui s’enroulent, pointes sèches = air sec ou stress hydrique. Taches brunes nettes = soleil direct.
Installez-la en lumière vive sans soleil direct : c’est la clé d’un feuillage dense et bien marqué.
Côté température, visez une plage stable entre 18 °C et 24 °C. La plante supporte un léger rafraîchissement hivernal, mais ne doit jamais passer sous 10 °C. Évitez les courants d’air froid (fenêtre ouverte en hiver) et les sources de chaleur directe (radiateur, poêle) qui assèchent l’air et “cuisent” les pointes.
Substrat et pot : le bon mélange pour éviter les erreurs
La cténanthe est une rhizomateuse qui aime un sol riche et frais, mais elle déteste l’eau stagnante. Le bon substrat est donc un compromis : rétenteur d’humidité, mais très drainant.
Mélange conseillé : 60 % terreau plantes vertes de qualité + 20 % fibre de coco ou compost bien mûr + 20 % perlite (ou pouzzolane fine).
Drainage : couche de billes d’argile au fond du pot uniquement si vous ne réduisez pas le volume de substrat (sinon cela peut créer une “nappe perchée”). L’essentiel est un pot percé et un substrat aéré.
Type de pot : pot plastique ou céramique émaillée pour limiter le dessèchement. La terre cuite brute accentue l’évaporation (possible, mais demande plus de suivi).
Choisissez un pot légèrement plus large que la motte, pas trop grand : un pot surdimensionné garde l’humidité trop longtemps, augmente le risque de pourriture des racines et ralentit la reprise.
Rempotage et surfaçage
Rempotez au printemps, idéalement quand la croissance redémarre (mars à mai). Un rempotage annuel convient aux jeunes plantes, puis tous les 2 à 3 ans lorsque le sujet est bien installé.
Rempotage : dépotez, démêlez légèrement le chignon racinaire, retirez le substrat compacté, puis replantez dans un mélange neuf.
Surfaçage : si le pot est trop lourd, retirez 3–4 cm de terreau en surface et remplacez par un mélange frais, riche et drainant.
Après rempotage : arrosage modéré, forte hygrométrie, pas d’engrais pendant 3–4 semaines.
Arrosage : la méthode simple qui fonctionne
La règle d’or : substrat frais, jamais détrempé. L’arrosage doit suivre la vitesse de séchage, qui dépend de la saison, de la température, de la lumière et du type de pot.
Arrosez quand la surface sèche sur 1–2 cm : la motte doit rester légèrement humide.
Printemps–été : 1 à 2 arrosages par semaine en moyenne, dès que les 1–2 cm supérieurs du substrat sont secs.
Automne–hiver : espacez (tous les 10 à 15 jours en moyenne), surtout si la lumière baisse et que la température chute.
Eau : eau de pluie, filtrée ou peu calcaire. Une eau très dure laisse des traces, peut encrasser les tissus et favorise les pointes sèches.
Technique : arrosez jusqu’à écoulement, puis videz la soucoupe. Ne laissez pas d’eau stagner.
Hygrométrie : la clé “expert”
La cténanthe aime une hygrométrie élevée, idéalement au-delà de 50–60 %. En appartement chauffé, l’air descend souvent bien en dessous, d’où les pointes sèches et les feuilles qui s’abîment.
Brumisation : utile ponctuellement, mais ne remplace pas une humidité ambiante stable. Utilisez une eau non calcaire.
Plateau humide : posez le pot sur des billes d’argile maintenues humides (sans que le fond du pot trempe).
Regrouper les plantes : effet “microclimat” très efficace, surtout avec fougères et marantas.
Humidificateur : la solution la plus régulière si votre air est très sec en hiver.
Engrais et croissance
La croissance est modérée. Un excès d’engrais fragilise la plante (feuilles molles, sensibilité aux ravageurs). Préférez des apports légers mais réguliers.
Période : d’avril à septembre.
Rythme : toutes les 3 à 4 semaines, à demi-dose, avec un engrais “plantes vertes”.
Arrêt : aucun engrais en hiver, quand la lumière et la croissance diminuent.
Multiplication : division des touffes
La cténanthe se multiplie principalement par division des rhizomes, au printemps. C’est la méthode la plus fiable pour obtenir un sujet identique au pied-mère.
Au rempotage, séparez délicatement une touffe périphérique avec racines et quelques tiges.
Replantez aussitôt dans un substrat frais, gardez chaud (20–24 °C) et humide (air).
Évitez le plein soleil et l’engrais durant les premières semaines.
Problèmes courants et solutions
Pointes brunes : air trop sec, eau calcaire, ou substrat irrégulier (trop sec puis trop arrosé). Augmentez l’humidité ambiante, stabilisez l’arrosage.
Feuilles qui s’enroulent : stress (air sec, soleil direct, manque d’eau). Vérifiez la lumière et l’humidité, arrosez si la surface est sèche.
Taches brunes nettes : brûlures de soleil. Déplacez la plante ou filtrez la lumière.
Feuilles jaunes + substrat humide : excès d’eau, racines asphyxiées. Laissez sécher, améliorez le drainage, rempotez si nécessaire.
Ravageurs
La cténanthe est surtout exposée aux acariens (araignées rouges) en atmosphère sèche, et parfois aux cochenilles. Une hygrométrie correcte et des douches tièdes du feuillage (occasionnelles) limitent fortement les attaques.
Cténanthe, calathéa, maranta : les différences utiles
Ces plantes appartiennent à la même famille et se ressemblent, mais elles n’ont pas exactement le même comportement en intérieur.
Cténanthe : feuilles souvent plus longues, port assez dressé, généralement un peu plus tolérante.
Calathéa : feuillage très ornemental mais parfois plus exigeant sur l’humidité et la stabilité.
Maranta : port plus bas et étalé, souvent plus facile, feuilles plus petites.
Idées déco et associations
Ambiance “jungle chic” : cténanthe + fougère de Boston + pothos, pour textures contrastées et volume.
Coin lumineux : cténanthe en plante “vedette” dans un cache-pot clair, sur un support bas, pour mettre en valeur ses nervures.
Véranda tempérée : association avec un areca ou un rhapis, à l’abri du soleil direct.
Conseils du jardinier – FAQ
Pourquoi les feuilles de ma cténanthe se recroquevillent-elles ? C’est un signe de stress : air trop sec, soleil direct ou substrat trop sec. Augmentez l’humidité ambiante, filtrez la lumière, et arrosez si les 1–2 cm supérieurs du substrat sont secs.
À quelle fréquence faut-il arroser une cténanthe ? Arrosez quand la surface du substrat sèche sur 1–2 cm. En pratique, souvent 1 à 2 fois par semaine au printemps-été, puis tous les 10 à 15 jours en hiver, selon votre intérieur.
La cténanthe est-elle plus facile qu’un calathéa ? Souvent oui, car elle tolère un peu mieux les écarts, mais elle reste exigeante sur l’humidité de l’air et la lumière sans soleil direct.
Dois-je brumiser tous les jours ? Ce n’est pas obligatoire si l’hygrométrie est bonne. Mieux vaut stabiliser l’humidité (plateau de billes d’argile, regroupement de plantes, humidificateur) que brumiser sans régularité.
Photos : Aidenluei/AdobeStock, David J. Stang, Maja Dumat
Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos. Rédactrice confirmée, boulimique de littérature et amoureuse du beau, elle dévore tous les livres à sa portée.