Incontournable dans un jardin, l’hortensia (Hydrangea) est un arbuste vigoureux et rustique, à la floraison estivale généreuse et colorée. Mais comme tous les arbustes ornementaux, il peut parfois être fragilisé par des maladies ou des attaques de parasites, souvent liées à de mauvaises conditions de culture. Apprendre à reconnaître ces problèmes dès leur apparition permet d’intervenir au bon moment, de sauver la plante et d’éviter leur propagation au reste du jardin.
La chlorose touche de nombreux arbustes de terre de bruyère comme les camélias. Plus qu’une maladie, il s’agit d’un symptôme qui révèle un déséquilibre du sol. La chlorose se manifeste lorsque le sol est trop calcaire ou mal adapté aux besoins de l’hortensia. Cet excès de calcaire, alors que la plante apprécie les terres acides, bloque l’absorption du fer et de certains oligo-éléments. L’hortensia ne parvient plus à fabriquer suffisamment de chlorophylle et le feuillage jaunit, tout en conservant souvent des nervures plus vertes.
On observe d’abord un jaunissement progressif des feuilles les plus jeunes, puis une décoloration plus générale. La floraison finit par s’affaiblir et les nouvelles pousses deviennent chétives si aucune correction n’est apportée.
Si les symptômes sont déjà bien visibles, un arrosage au purin d’ortie, riche en fer et en oligo-éléments, permet parfois de corriger rapidement les carences et d’améliorer la coloration du feuillage. Il ne s’agit toutefois que d’une solution provisoire.
Pour un effet durable, il est indispensable d’améliorer l’acidité du sol : apports réguliers de terre de bruyère, de paillis acides, et si nécessaire culture en bac avec un substrat adapté. Sans correction de fond, la chlorose réapparaîtra saison après saison.
Cette maladie est également d’origine cryptogamique, due au champignon Botrytis cinerea. Ce champignon opportuniste se développe surtout dans des conditions chaudes et humides, avec des températures supérieures à 20 °C. Il se cache dans les débris végétaux laissés à terre et peut survivre longtemps dans le sol.
Sur les hortensias, on le reconnaît à un feutrage gris apparaissant sur les feuilles, les tiges ou les fleurs, accompagné de taches brunes plus ou moins étendues. Les feuilles sèchent, les boutons floraux avortent et les fleurs peuvent se flétrir avant même de s’ouvrir complètement. Les attaques sont plus fréquentes lorsque la plante est trop serrée, mal aérée ou souvent arrosée sur le feuillage.
En cas de forte attaque, il est parfois nécessaire de rabattre plus sévèrement l’arbuste pour repartir sur un feuillage sain la saison suivante.
L’oïdium est une autre maladie cryptogamique, nettement moins grave que la pourriture grise, mais inesthétique et affaiblissante à la longue. Elle se manifeste par un feutrage blanc poudreux qui recouvre les feuilles, les tiges et parfois les boutons floraux. À un stade avancé, les feuilles se déforment, brunissent puis se dessèchent.
Ce champignon profite d’une combinaison de facteurs climatiques : humidité, nuits fraîches après des journées chaudes, manque d’aération autour des plantes. Les hortensias plantés trop serrés ou à l’ombre dense y sont plus sensibles.
Heureusement assez rare au jardin d’ornement, le Phytophthora est en revanche l’une des maladies les plus graves pour l’hortensia. Lorsqu’il s’installe, le pronostic est malheureusement mauvais.
Le Phytophthora est un champignon de la famille des Oomycètes, dont les spores persistent dans le sol pendant de nombreuses années. Il en existe de nombreuses espèces qui s’attaquent aux plantes potagères, aux arbustes ornementaux, aux petits fruits, en s’introduisant par les racines et le collet. Sur l’hortensia, le Phytophthora dessèche et décolore le feuillage, qui finit par se flétrir entièrement. La plante dépérit souvent en quelques semaines.
Il n’existe aucun traitement curatif efficace contre le Phytophthora. La maladie est généralement détectée lorsque le mal est déjà avancé. La seule solution consiste à éliminer rapidement la plante malade.
Il faut alors arracher l’hortensia, enlever un maximum de racines, et brûler les déchets végétaux (si la réglementation locale le permet). Dans la zone infectée, il est déconseillé de replanter un hortensia ou une plante sensible pendant plusieurs années.
Beaucoup plus sensibles aux maladies cryptogamiques qu’aux parasites, les hortensias peuvent néanmoins être attaqués par quelques insectes ravageurs comme les pucerons et les cochenilles, plus rarement les araignées rouges. Même si ces attaques sont rarement mortelles, elles affaiblissent la plante et la rendent plus vulnérable aux maladies.
En prévention, favoriser la biodiversité (coccinelles, syrphes, oiseaux insectivores), limiter les excès d’azote dans les engrais, et surveiller régulièrement l’apparition de colonies dès le printemps.
Pourquoi les feuilles de mon hortensia jaunissent-elles ?
La cause la plus fréquente est la chlorose liée à un excès de calcaire dans le sol ou l’eau d’arrosage. Améliorez l’acidité du sol et arrosez avec de l’eau de pluie.
Mes fleurs d’hortensia pourrissent avant de s’ouvrir, que faire ?
Il peut s’agir de pourriture grise (Botrytis). Supprimez les parties atteintes, aérez la plante et traitez avec un fongicide naturel adapté.
Un voile blanc recouvre les feuilles, est-ce grave ?
Ce voile blanc évoque l’oïdium. La maladie est rarement mortelle mais doit être traitée rapidement pour éviter un affaiblissement général.
Comment savoir si mon hortensia a le Phytophthora ?
Le feuillage se dessèche brutalement, la plante dépérit rapidement malgré des arrosages corrects. En cas de doute, mieux vaut arracher la plante atteinte pour protéger le reste du jardin.
Les pucerons peuvent-ils transmettre des maladies à l’hortensia ?
Ils affaiblissent surtout la plante et favorisent l’apparition de fumagine, mais ne transmettent pas de maladies graves connues sur hortensia. Il est toutefois préférable de les contrôler rapidement.
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