Peau et soleil : les plantes utilisées avant et après l’exposition
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Carotte, roucou, amande douce, karité, millepertuis : l’herboristerie et la cosmétique naturelle emploient ces plantes autour de la belle saison, avant l’exposition comme après. Cette fiche indique quelle partie utiliser, sous quelle forme, à quel moment, et surtout ce qu’il ne faut pas en faire — car l’une d’elles est photosensibilisante.
Les graines de roucou, séchées puis réduites en poudre
Carte d’identité du roucou (urucum)
Nom latin
Bixa orellana
Famille
Bixacées
Partie utilisée
Les graines et la cire rouge qui les enrobe (le fruit n’est pas comestible)
Formes d’emploi
Poudre, gélules, huile végétale (macérat de graines)
Saison de récolte
À maturité des capsules, sous climat tropical d’Amérique du Sud ; importé séché
Goût
Discret, légèrement terreux et poivré ; colore fortement en orange
Ce qu’on leur prête
La carotte crue : la naturopathie la conseille traditionnellement en « cure d’avant-saison », pour sa richesse en bêta-carotène, réputée donner bonne mine. On recommande de commencer plusieurs semaines avant les beaux jours.
L’urucum : très employé en cosmétique naturelle pour sa concentration en caroténoïdes, bien supérieure à celle de la carotte, et sa teneur en vitamine E. On lui prête un effet « bonne mine » et un teint plus lumineux.
L’huile d’amande douce : l’herboristerie la range parmi les huiles adoucissantes. Elle est réputée hydrater et nourrir la peau, ce qui aide, selon l’usage courant, à garder un hâle plus longtemps.
Le beurre de karité : utilisé depuis des siècles en Afrique de l’Ouest pour assouplir et nourrir la peau. On l’emploie traditionnellement après le soleil, sur les peaux desséchées ou échauffées.
Le macérat de millepertuis : la pharmacopée européenne traditionnelle l’emploie en application locale sur les peaux irritées, en soin apaisant du soir. Il est réputé calmant et adoucissant.
Aucune de ces plantes ne remplace une protection solaire : ce sont des soins de confort cutané, pas des écrans.
L’amande douce, huile de support des préparations maison
Comment les employer
La carotte, en cuisine
Crue de préférence : râpée, en bâtonnets ou en jus, le bêta-carotène étant sensible à la cuisson.
Quantité d’usage courant : une à deux carottes moyennes par jour, en accompagnement des repas.
Le geste utile : ajoutez un filet d’huile (olive, colza) à vos carottes râpées, les caroténoïdes se dissolvent dans le gras.
Durée : en cure d’environ trois mois avant la belle saison, selon l’usage naturopathique.
L’urucum, en poudre ou en huile
En poudre : une petite pincée dans une soupe, un riz, une vinaigrette — la coloration est franche, allez-y progressivement.
En gélules : suivez strictement la notice du fabricant, sans jamais dépasser la dose indiquée.
En huile végétale : quelques gouttes mélangées à une huile neutre, appliquées le soir sur peau propre.
L’huile d’amande douce, comme support
Seule : une petite quantité dans la paume, chauffée entre les mains, sur peau légèrement humide après la douche.
En base de lotion : c’est l’huile de support classique. Dilution d’usage courant en cosmétique maison : environ 20 gouttes d’huile essentielle (1 ml), par exemple de carotte, pour 100 ml d’huile végétale.
Où : peau, ongles et cheveux, elle est inodore et peu coûteuse.
Le beurre de karité, en massage
En massage quotidien : prélevez une petite noix, réchauffez-la entre les paumes jusqu’à ce qu’elle fonde, puis étalez-la en massant.
Dans le bain : une bonne noix jetée dans l’eau chaude du bain.
Moment : plutôt le soir, après la douche, sur les zones sèches (jambes, coudes, mains).
Le macérat de millepertuis, le soir uniquement
Préparation : macération de fleurs fraîches dans de l’huile d’olive vierge de première pression, jusqu’à obtenir une huile rouge.
Emploi : en cosmétique nocturne, en fine couche sur les zones à apaiser.
Jamais avant le soleil : l’hypéricine qu’il contient est photosensibilisante. On l’applique le soir, et on ne s’expose pas avec l’huile sur la peau.
Le karité se réchauffe entre les paumes avant application
Comparer les cinq plantes
Plante
Forme et partie
Ce qu’on lui prête
Carotte
Racine crue, jus ; huile essentielle très diluée
Cure « bonne mine » d’avant-saison, en naturopathie
Urucum (roucou)
Graines séchées : poudre, gélules, huile
Teint lumineux, réputé pour sa richesse en caroténoïdes
Amande douce
Huile vierge de l’amande, en support
Hydratation et souplesse de la peau, hâle mieux conservé
Karité
Beurre des amandes, en massage ou dans le bain
Usage africain séculaire pour nourrir et assouplir la peau
Millepertuis
Macérat huileux de fleurs fraîches, le soir
Soin apaisant traditionnel des peaux échauffées — photosensibilisant
Le macérat rouge de millepertuis s’applique uniquement le soir
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : les huiles et macérats s’appliquent le soir, sur peau propre, jamais juste avant de s’exposer au soleil.
Faut-il manger les carottes crues ou cuites ?
Plutôt crues : le bêta-carotène est sensible à la cuisson. Râpées, en bâtonnets ou en jus, elles conservent mieux ce pigment. Un filet d’huile dans la préparation aide à en tirer parti, les caroténoïdes étant solubles dans les corps gras.
Quand commencer une cure d’avant-saison ?
L’usage naturopathique conseille de s’y prendre environ trois mois avant la belle saison, le temps que l’alimentation s’installe dans les habitudes. Il s’agit d’un usage traditionnel de confort, pas d’une préparation de la peau au soleil.
Pourquoi ne pas appliquer le millepertuis avant de s’exposer ?
Ses fleurs contiennent de l’hypéricine, un pigment photosensibilisant. Appliqué puis exposé au soleil, le macérat peut provoquer des réactions cutanées. On le réserve donc au soin du soir, en cosmétique nocturne, et on rince avant toute exposition.
Le beurre de karité peut-il servir de crème solaire ?
Non. Il est employé traditionnellement en Afrique de l’Ouest pour nourrir et assouplir la peau, y compris après le soleil, mais il n’offre pas de protection comparable à un écran solaire. Gardez votre protection habituelle et utilisez le karité comme soin de confort.
Comment diluer une huile essentielle de carotte ?
Jamais pure : on la mélange à une huile de support comme l’amande douce. La dilution d’usage courant en cosmétique maison est d’environ 20 gouttes (1 ml) pour 100 ml d’huile végétale. Si vous associez plusieurs huiles essentielles, ne dépassez pas 20 gouttes au total.
Ces informations sont données a titre indicatif et relèvent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil à un professionnel de santé.
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Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Rédactrice web confirmée, elle a été webmaster d'une jardinerie indépendante avant de se spécialiser dans le végétal. Sur Jardiner Malin, elle écrit sur les orchidées, les rosiers et le potager de balcon. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos.