Le stewartia ou « faux camélia », un arbuste ornemental aux multiples atouts
Le stewartia est un petit arbre caduc d’ornement, très apprécié pour sa floraison estivale en fleurs blanches proches du camélia, son feuillage automnal flamboyant, et son écorce décorative qui s’exfolie en plaques.
D’allure élégante, celui qu’on appelle aussi faux-camélia est idéal en isolé dans un petit jardin, surtout si vous disposez d’un sol acide, frais et bien drainé. Très rustique, il pousse lentement mais durablement, sans entretien particulier. Il appartient à la famille des Théacées, comme le camélia et le théier.
En résumé, ce qu’il faut savoir :
Nom : Stewartia spp.
Famille : Théacées
Type : Grand arbuste
Hauteur : 3 à 6 m
Exposition : Mi-ombre
Sol : Acide, humifère, et drainé
Feuillage : Caduc
Floraison : Eté
Rusticité : Excellente (jusqu’à -20 °C)
Plantation du Stewartia
Originaire des montagnes boisées de Chine, du Japon et de Corée, le Stewartia a une préférence pour les zones mi-ombragées plutôt fraîches. En revanche, il craint l’ombre totale ou le plein soleil, surtout dans les régions méridionales aux étés secs et chauds. Bien que rustique jusqu’à – 15 à – 20 °C suivant les espèces, le Stewartia doit être planté à l’abri des vents froids. En effet, les gelées printanières tardives peuvent endommager les boutons floraux et les jeunes pousses.
Le Stewartia a besoin d’un sol neutre à acide, parfaitement drainé et léger, plutôt humifère et frais. Il redoute surtout les sols calcaires.
La plantation en pot sur un balcon ou une terrasse est tout à fait envisageable
Conseil de pro. Le point clé, au moment de planter, est de créer une « poche » de sol acide et humifère, mais sans transformer la fosse en baignoire. Un sol drainant est indispensable : si l’eau stagne, les racines s’asphyxient, la croissance ralentit et la plante devient plus sensible au stress estival.
Le stewartia aime les expositions fraîches et les sols acides, humifères et drainants.
Plantation en pleine terre :
Faire un trou profond de 40 à 50 cm au maximum en laissant un espace d’au moins 2 à 4 m avec les autres arbustes
Mélanger la terre extraite à une bonne quantité de compost et de terre de bruyère
Installer l’arbuste
Combler le trou avec la terre extraite
Tasser, arroser abondamment et ajouter une couche de paillis d’écorces de pin.
L’écorce décorative, cannelle et marbrée, reste un atout majeur en hiver.
Astuce de plantation. En climat chaud, une lumière tamisée l’après-midi est idéale : le stewartia aime le soleil du matin mais apprécie un peu d’ombre quand les températures montent. Un emplacement protégé du vent desséchant facilite aussi la reprise.
Stewartia en pot :
Le Stewartia se cultive dans un pot ou un bac d’au moins 30 à 40 cm de diamètre, doté d’une couche de billes d’argile pour assurer le drainage.
Le pot sera rempli d’un substrat constitué de 1/3 de terre de jardin (non calcaire), de 1/3 de terreau et de 1/3 de terre de bruyère.
Point bac. En pot, le stewartia souffre surtout de la chaleur et du dessèchement : prévoyez un contenant profond, une bonne couche drainante, et un paillage permanent. Un arrosage suivi en été est la clé, car le volume de substrat se dessèche beaucoup plus vite qu’en pleine terre.
Doté d’une croissance très lente, le Stewartia trouvera facilement sa place dans un petit jardin, planté en isolé au centre d’une pelouse, ou en fond de massif. De par ses préférences culturales, il se plaît en compagnie d’arbustes de terre de bruyère comme :
Cet arbuste à floraison estivale blanche craint surtout la sécheresse. Pour autant, son entretien reste simple :
Arroser régulièrement pour conserver la fraîcheur du sol avec de l’eau de pluie ou une eau non calcaire. Un arrosage hebdomadaire et abondant est essentiel en été, en hiver, quelques apports d’eau sont nécessaires en cas de sécheresse. En pot, les apports d’eau seront plus conséquents car le substrat ne doit pas sécher
Fertiliser par griffage avec un peu de compost en hiver
Protéger le Stewartia d’un voile d’hivernage en hiver dans les régions aux hivers un peu rudes, surtout les 3 années qui suivent la plantation
Tailler éventuellement tous les 3 ans pour équilibrer la silhouette et dégager le tronc
Une bonne fraîcheur de sol favorise la floraison et limite le stress estival.
À retenir. Le stewartia n’aime pas les tailles répétées : on intervient peu, et plutôt pour aérer, enlever un bois mort ou dégager un tronc afin de mettre l’écorce en valeur. Une taille sévère peut retarder la floraison sur certaines espèces.
La multiplication du Stewartia
La manière la plus accessible de multiplier cet arbuste est le bouturage de tiges à l’étouffée au printemps/été. Les boutures seront plantées au printemps suivant après avoir été transplantées en godets en été et hivernées hors-gel.
Conseil : Les boutures demandent de la patience : chaleur douce, forte humidité et substrat très drainant. Un enracinement lent est normal sur ce type d’arbuste.
Les maladies et ravageurs
Le Stewarthia est peu sensible aux maladies et ravageurs. Seule la chlorose peut faire jaunir ses feuilles s’il est planté dans un sol trop calcaire.
Diagnostic utile. Une chlorose (feuille jaune, nervures plus vertes) se corrige d’abord par le sol : apport de terre de bruyère, paillage acide, arrosage à l’eau de pluie. Les traitements au chélate de fer dépannent, mais ne remplacent pas une correction du pH sur le long terme.
À savoir sur le Stewartia
Il est très décoratif par son feuillage automnal et son écorce qui se desquame en différentes nuances. Un arbuste très rustique pour tous les jardins, mais aussi les balcons et les terrasses.
À l’automne, son feuillage prend des teintes orange, rouges et violacées très décoratives.
Le Stewarthia est un arbuste absolument charmant à plusieurs titres. Cousin du camélia, il offre un feuillage caduc vert foncé, très brillant, coriace, dotées de nervures très apparentes et dentelés sur les bords. En automne, avant de tomber assez tardivement, les feuilles se parent de couleurs flamboyantes entre l’orangé, le rouge écarlate et le violet.
Entre juin et août, des fleurs simples en coupes naissent à l’aisselle du feuillage. Les fleurs à la texture soyeuse, dotées de 5 pétales et d’un bouquet d’étamines jaune vif, arborent un blanc laiteux, parfois légèrement maculé de rose. Certaines variétés offrent des pétales délicatement dentés. Des fruits en forme de capsules sèches naissent après la floraison.
Le Stewartia est aussi intéressant par son écorce qui se dévoile en hiver. De couleur cannelle, elle s’exfolie en plaques diversement colorées, allant du gris beige à l’orange ou au brun.
Espèces et variétés
Espèce / variété
Hauteur adulte
Floraison
Écorce
Rusticité
Remarques et usages
Stewartia pseudocamellia
6–10 m
Blanc, fin été
Très décorative, marbrée (gris, orange, brun)
≈ −20 °C
Espèce la plus cultivée ; port élégant, superbe feuillage automnal.
Stewartia pseudocamellia ‘Koreana’
5–8 m
Blanc pur, fleurs larges
Marbrée, très ornementale
≈ −20 °C
Feuilles plus grandes, floraison plus ouverte et spectaculaire.
Stewartia rostrata
4–6 m
Blanc rosé, très abondante
Peu décorative
≈ −25 °C
Espèce très rustique, idéale pour climats froids ; intérêt surtout floral.
Stewartia monadelpha
6–8 m
Blanc crème, été
Exceptionnelle, exfoliante multicolore
≈ −18 °C
Silhouette étagée, l’une des plus belles écorces du genre.
Stewartia sinensis
1–3 m
Blanc, été
Brun rouge, se desquamant finement
≈ −15 °C
Petit développement, adapté aux jardins modestes.
Stewartia ovata
4–7 m
Blanc crème, été
Lisse, brun orangé
≈ −20 °C
Originaire d’Amérique du Nord, port naturel et élégant.
Stewartia serrata
6–10 m
Blanc, été
Décorative avec l’âge
≈ −15 °C
Plus rare en culture, proche de S. pseudocamellia.
Conseils du jardinier – FAQ
Le Stewartia pousse-t-il lentement ? Oui, c’est un arbre à croissance lente, mais régulière. Il forme une belle structure avec l’âge.
Peut-on le cultiver en pot ? Uniquement jeune, ou dans un grand bac profond, en respectant le besoin en sol acide et frais.
Perd-il ses feuilles en hiver ? Oui. Le stewartia est caduc, mais son écorce reste décorative toute l’année.
Est-ce un arbre pour petit jardin ? Oui, surtout les espèces comme S. monadelpha ou S. koreana qui restent plus compactes.
Pourquoi mon stewartia jaunit-il ? Le plus souvent à cause d’un sol trop calcaire (chlorose) ou d’un stress hydrique en été. Corrigez le pH et maintenez une fraîcheur régulière du sol.
Écrit par Pascale Bigay | L'écriture a ponctué la vie de Pascale. Tout comme la nature, la botanique, le jardinage... C'est pourquoi à travers ses mots, elle vous fait partager ses expériences et ses découvertes de jardinage, ses plantations de vivaces ou d'arbustes, ses recettes du potager, la vie de ses poules...