L’automne rebat les cartes pour le chat qui sort au jardin. Écarts de température entre le jour et la nuit, humidité qui s’installe, gibier plus rare : autant de facteurs qui fragilisent son organisme. Certaines maladies saisonnières s’installent sans bruit, et un chat sait admirablement masquer sa souffrance. Voici les cinq signes qui doivent retenir votre attention, ce qu’ils révèlent vraiment, et le moment où consulter devient nécessaire. Pour la culture des plantes du jardin, consultez le dossier dédié aux dangers du jardin en été.
C’est le signal le plus fiable. Un chat qui boude sa gamelle deux jours de suite n’est jamais anodin.
Contrairement au chien, le chat ne supporte pas le jeûne. Passé 48 heures sans manger, son foie commence à souffrir : c’est la lipidose hépatique, une accumulation de graisse dans le foie qui peut devenir grave.
Le risque grimpe encore chez un chat en surpoids.
À l’automne, plusieurs causes se combinent. Le froid réclame plus d’énergie, mais un chat malade mange moins alors qu’il aurait besoin de plus.
Un début de coryza, une gencive douloureuse ou une infection urinaire coupent aussi l’appétit.
Pesez la vraie quantité mangée, pas ce qui reste dans la gamelle. Un chat qui vient renifler puis repart n’a rien avalé. Notez le moment où le refus a commencé : au-delà de 24 heures chez un chat habituellement gourmand, une visite chez le vétérinaire s’impose.
L’automne est la saison de pointe du coryza chez le chat, cette maladie respiratoire qui associe plusieurs virus et bactéries. Les écarts de température et l’humidité favorisent sa propagation.
Les signes ne trompent pas :
Un chat déjà porteur du virus peut le voir se réveiller à la faveur d’un coup de froid ou d’un stress. C’est pourquoi certains chats font des rechutes chaque automne.
Le coryza se soigne d’autant mieux qu’il est pris tôt. La vaccination reste la meilleure protection, surtout pour un chat qui sort. Pour les détails cliniques, le dossier coryza chez le chat décrit symptômes et traitements.
Un chat dort déjà beaucoup, jusqu’à 15 heures par jour. Repérer un excès demande donc de l’attention.
Ce qui doit alerter, c’est le changement de comportement. Un chat qui ne vient plus vous accueillir, qui abandonne le rebord de fenêtre où il guettait les oiseaux, qui ne joue plus du tout : ces ruptures dans les habitudes valent plus que le nombre d’heures dormies.
Un chat qui se réfugie dans un placard, sous un lit ou dans un coin sombre exprime souvent une douleur ou une fièvre. Ce repli n’est pas un caprice.
La léthargie accompagne de nombreuses maladies fréquentes du chat : infection, insuffisance rénale, anémie liée à des parasites. Prenez la température : au-delà de 39,5 °C, il y a fièvre et une consultation devient nécessaire. La normale se situe entre 38 et 39 °C.
Touchez les oreilles et les coussinets de votre chat. S’ils sont anormalement froids alors qu’il fait doux dans la maison, l’organisme peine à maintenir sa température.
Un chat malade, âgé ou affaibli régule mal sa chaleur corporelle. À l’automne, un vieux chat qui reste dehors trop longtemps par une nuit humide risque l’hypothermie sans qu’on s’en rende compte.
Les signaux à croiser :
Un chat âgé mérite une vigilance renforcée : sa thermorégulation faiblit avec les années. Installez-lui un couchage chaud en hauteur, loin des courants d’air, et limitez ses sorties nocturnes quand les nuits descendent sous 8 °C.
Un chat en bonne santé passe une grande partie de sa journée à faire sa toilette. Quand il arrête, quelque chose ne va pas.
Le poil devient terne, gras, hérissé par endroits, parfois emmêlé au bas du dos ou sur les flancs. C’est souvent l’un des premiers signes visibles d’un malaise général, avant même la baisse d’appétit.
À l’inverse, un chat qui se lèche frénétiquement toujours au même endroit signale une douleur localisée, une irritation ou des parasites. L’automne reste une saison active pour les puces, qui trouvent refuge dans les maisons chauffées.
Passez la main à rebrousse-poil : un pelage sain revient en place aussitôt, un poil malade reste plaqué et gras. Vérifiez aussi la présence de petits grains noirs à la base des poils, signature des puces. En cas de doute sur des parasites rapportés du jardin, un traitement adapté s’impose.

L’astuce à retenir : Un chat qui change soudain d’habitudes — gamelle, toilette, sommeil — vous parle : observez et agissez vite.
Au-delà de 48 heures, le risque de lipidose hépatique devient réel. Consultez dès 24 heures de refus chez un chat habituellement gourmand.
Par voie rectale avec un thermomètre souple lubrifié. La normale est de 38 à 39 °C ; au-delà de 39,5 °C, il y a fièvre.
Quelques éternuements isolés ne sont pas alarmants. Surveillez l’apparition d’écoulements aux yeux ou au nez, signes d’un coryza qui débute.
Indirectement, oui : les écarts de température affaiblissent les défenses et favorisent le coryza, surtout chez les chats qui sortent la nuit.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.