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Fourmis sur vos plantes : elles ne les tuent pas, ce sont les pucerons qu’elles élèvent

Fourmis et pucerons sur une tige

Une file noire qui monte le long d’une tige, des boutons floraux couverts d’insectes, des feuilles qui se recroquevillent. Le raccourci est immédiat : les fourmis mangent la plante.

Et on sort la poudre. Sauf que sur les milliers de dégâts attribués aux fourmis chaque automne, la quasi-totalité vient d’ailleurs.

Les fourmis, elles, ne font que passer — pour récolter quelque chose de très précis.

Ce que les fourmis viennent chercher (ce n’est pas la feuille)

Les fourmis de nos jardins ne possèdent pas de pièces buccales capables de découper du tissu végétal vivant. Elles n’ont ni les mandibules tranchantes d’une chenille, ni le rostre piqueur d’un puceron. Physiquement, elles ne peuvent pas dévorer votre feuillage.

Ce qu’elles viennent chercher, c’est le miellat : une gouttelette sucrée excrétée par les pucerons, les cochenilles et les psylles. Passez le doigt sur une feuille de cerisier ‘Bigarreau Burlat’ colonisée : c’est poisseux, légèrement brillant, ça colle un peu comme du sirop dilué.

Alors les fourmis s’organisent. Elles montent, stimulent les pucerons avec leurs antennes, redescendent chargées. Une colonie de Lasius niger, la fourmi noire commune, peut exploiter plusieurs milliers de pucerons sur un seul rosier ‘Pierre de Ronsard’. Elles élèvent un troupeau. Elles ne broutent pas la prairie.

D’où vient la croyance : trois coïncidences trompeuses

La logique apparente est solide, et c’est pour ça que le mythe tient. Les fourmis arrivent toujours au moment où la plante va mal.

  • Elles sont visibles, les pucerons non. Les colonies de pucerons se cachent sous les feuilles et sur les pousses tendres. La file de fourmis, elle, se voit à trois mètres.
  • Le dépôt noir sur les feuilles. Ce voile sombre et terne, c’est la fumagine, un champignon qui pousse sur le miellat. Résultat d’une infestation de suceurs, jamais des fourmis.
  • La terre remuée au pied. Un petit cône de particules fines de 3 à 5 cm apparaît contre le collet. On croit les racines rongées. En réalité les galeries suivent les racines sans les entamer.

Ajoutez qu’elles nettoient les cadavres d’insectes, transportent des graines, et on leur attribue tout. Elles sont surtout d’utiles fossoyeuses : une fourmilière active remonte de la matière organique et la fourmi participe réellement à la vie du sol.

Les 3 situations où elles nuisent vraiment

Elles ne sont pas innocentes pour autant. Leur nuisance est indirecte, mais bien réelle dans trois cas précis.

Elles protègent activement les pucerons de leurs prédateurs. Une larve de coccinelle qui s’approche du troupeau est mordue, attrapée, jetée au sol. C’est mesurable : sur une branche gardée par les fourmis, la prédation naturelle s’effondre. Vos auxiliaires du jardin travaillent à vide.

Deuxième cas : elles transportent les pucerons d’une plante à l’autre, et propagent l’infestation d’un pied de haricot au suivant en quelques jours.

Troisième cas, le seul vraiment mécanique : une fourmilière installée dans un pot ou une jardinière. Les galeries y créent des poches d’air qui laissent les racines à sec.

Là, il faut intervenir sur le nid lui-même.

Que faire à cette saison

Réglez le problème de pucerons, et la file de fourmis s’éteint d’elle-même en 3 à 4 jours. Sans miellat, plus de raison de monter. C’est l’inverse exact de ce que font la plupart des jardiniers.

À l’automne, avec des nuits sous 10 °C, l’activité ralentit déjà nettement. Le bon moment pour préparer le terrain :

  • Douchez les colonies de pucerons restantes au jet, puis traitez au savon noir dilué à 5 % (50 g par litre d’eau tiède), deux passages à 5 jours d’intervalle.
  • Pour les fruitiers, posez une bande de glu arboricole de 5 cm de large à 60 cm du sol : les femelles de pucerons ne seront plus remontées au printemps.
  • Un Spray Anti-Pucerons au purin d’ortie sur les jeunes pousses coupe la source à la racine.
  • Nid dans un pot : dépotez, immergez la motte 20 minutes dans une bassine. La colonie part entière.

Oui, c’est plus long que de saupoudrer un produit. Mais si vous voulez vraiment cibler un nid gênant sous une terrasse ou contre un mur, la poudre anti-fourmis s’applique en épandage localisé — et pour le détail des solutions anti-fourmis et leur efficacité comparée, tout y est.

Fourmis regroupées sur un bouton floral poisseux de miellat, feuilles collantes et brillantes

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : supprimez les pucerons, pas les fourmis — elles partent d’elles-mêmes en trois jours.

Les fourmis mangent-elles les racines des plantes ?

Non, elles creusent leurs galeries entre les racines sans les consommer. Le seul risque est l’assèchement dans un pot ou une jardinière fortement colonisée.

Pourquoi les fourmis sont-elles sur mes boutons de rosier ?

Parce que les pédoncules floraux hébergent les pucerons les plus productifs en miellat. Écartez un bouton : vous verrez la colonie verte en dessous.

Faut-il détruire une fourmilière dans le gazon ?

Rarement utile : elle aère le sol et élimine des larves d’insectes. Intervenez seulement si les monticules gênent le passage de la tondeuse.

Le marc de café ou la craie font-ils fuir les fourmis ?

L’effet est très temporaire, quelques heures à peine, et disparaît à la première pluie. Une barrière de glu sur le tronc est bien plus fiable.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.