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Le thym revient en force cet automne : 5 usages qui tiennent jusqu’en hiver

Brins de thym et tasse d'infusion

Le thym ne fait pas partie des herbes qui disparaissent en septembre. C’est même l’inverse : quand le basilic s’effondre aux premières nuits fraîches et que le persil ralentit, lui reste vert, coriace, disponible.

Et il se trouve que ses usages — plats longuement mijotés, infusions du soir, bocaux à parfumer — correspondent exactement à ce qu’on cuisine en ce moment. D’où son retour en force dans les cuisines.

Ce qui explique ce retour en ce moment précis

Trois choses se croisent à cette période. Le thym garde son feuillage persistant alors que les annuelles jaunissent, il supporte des cuissons longues sans perdre son goût, et la saison des refroidissements relance l’intérêt pour ses infusions.

Ce qu’il faut savoir : contrairement au basilic ou à la coriandre, le thym ne s’ajoute pas en fin de cuisson. Ses feuilles minuscules, épaisses, à revers gris duveteux, libèrent leurs arômes lentement.

Elles tiennent 2 heures dans un bouillon sans devenir amères.

Mais l’autre raison est plus terre-à-terre. Les aromatiques méditerranéennes sont les seules encore pleinement utilisables à cette saison, et le thym en est la plus polyvalente des trois — devant le romarin, trop dominant, et la sauge, trop typée. Sur un rebord de fenêtre, un pot de thym en pot reste fonctionnel jusqu’aux gelées et souvent au-delà.

Le thymol, expliqué simplement

Le goût piquant et légèrement chaud du thym vient principalement du thymol, une molécule aromatique qui peut représenter jusqu’à la moitié de son huile essentielle. C’est aussi elle qui lui donne sa réputation en herboristerie.

L’Agence européenne du médicament reconnaît l’usage traditionnel du thym pour apaiser la toux liée au rhume, en infusion. Rien de miraculeux, mais rien d’anecdotique non plus.

La méthode compte plus qu’on ne le croit. Comptez 3 à 4 brins frais (ou 1 cuillère à café de feuilles séchées) pour 25 cl d’eau frémissante, 10 minutes à couvert. Sans couvercle, les composés volatils s’échappent avec la vapeur : vous buvez une eau tiède vaguement herbacée. Avec couvercle, l’infusion est nettement plus corsée. Une cuillère de miel adoucit l’amertume finale.

5 usages d’automne qui changent vraiment un plat

  • Dans les légumes rôtis — courges, panais, oignons : 4 brins entiers jetés sur la plaque, retirés avant le service.
  • Dans le sel — 2 cuillères à soupe de feuilles séchées mixées avec 100 g de gros sel. Se garde 6 mois en bocal.
  • En huile parfumée — brins parfaitement secs immergés dans l’huile d’olive, 3 semaines à l’abri de la lumière.
  • Dans les bouillons et pot-au-feu — indispensable au bouquet garni, avec laurier et persil.
  • En infusion du soir — seul, ou associé à une infusion de menthe pour arrondir le goût.

Une erreur revient sans arrêt : doser le thym séché comme le frais. Le séché est plus concentré.

Divisez les quantités par deux, sinon le plat vire au médicinal.

Le garder jusqu’au printemps

Le thym est l’une des rares herbes qui ne perd presque rien au séchage. C’est même là qu’il devient le plus pratique.

Suspendez de petits bouquets de 8 à 10 brins, tête en bas, dans une pièce sèche et ventilée, à l’abri du soleil direct. Comptez 10 à 14 jours. Les feuilles sont prêtes quand elles se détachent d’un simple frottement entre les doigts. Effeuillez, stockez en bocal hermétique — jamais en sachet plastique, qui retient l’humidité résiduelle. La méthode complète pour faire sécher les herbes aromatiques s’applique telle quelle.

Oui, suspendre des bouquets prend de la place dans une cuisine. Mais la différence de goût avec du thym industriel en pot est immédiate.

La congélation fonctionne aussi, notamment pour les brins entiers destinés aux plats mijotés : glissez-les dans un bac à glaçons rempli d’huile d’olive. Un cube = une dose. Les autres options sont détaillées dans notre page sur la congélation des herbes aromatiques.

Thym commun, thym citron, serpolet : lequel pour quoi

Ils ne sont pas interchangeables, et c’est là que beaucoup se trompent.

  • Thym commun (Thymus vulgaris) — le plus riche en thymol. Pour les mijotés, les infusions, les marinades.
  • Thym citron (Thymus × citriodorus), dont le cultivar ‘Silver Queen’ au feuillage bordé de blanc : poissons, volaille, desserts, sirops.
  • Serpolet (Thymus serpyllum) — plus doux, plus fin. Parfait en infusion pour qui trouve le thym commun trop âpre.

Pour tout ce qui concerne la plantation et l’entretien au jardin, reportez-vous à notre fiche thym, une plante précieuse du jardin à l’assiette.

Bouquets de thym séché suspendus la tête en bas dans une cuisine, bocaux de feuilles effeuillées

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : infusez toujours le thym à couvert, 10 minutes — sinon l’arôme part en vapeur.

Peut-on boire du thym tous les jours ?

Une à deux tasses d’infusion par jour ne posent pas de problème chez l’adulte en bonne santé. En cas de grossesse, de traitement médical ou pour un enfant, demandez l’avis d’un professionnel de santé.

Thym frais ou thym séché en cuisine ?

Le séché est plus concentré : comptez une demi-cuillère à café séchée pour une cuillère à café de frais. Le frais convient mieux aux cuissons courtes et aux huiles parfumées.

Combien de temps se garde le thym séché ?

Environ 12 mois en bocal hermétique, à l’abri de la lumière. Au-delà, il reste consommable mais l’arôme s’estompe nettement — froissez-en une pincée pour vérifier.

Faut-il retirer les brins avant de servir ?

Oui pour les brins entiers, dont la tige devient ligneuse et désagréable en bouche. Les feuilles effeuillées, elles, se mangent sans problème.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.