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Aleurode épineux du citronnier, un danger pour de nombreux végétaux à prendre très au sérieux

aleurode épineux du citronnier

En juin 2023, la DRAAF-SRAL a confirmé officiellement la présence de l’aleurode épineux du citronnier en France métropolitaine. Bien que l’invasion se cantonne aujourd’hui principalement à l’Occitanie, une propagation vers d’autres régions est envisagée avec le réchauffement climatique. À quoi faut-il s’attendre et comment limiter l’impact de ce ravageur au jardin comme en verger ?

Un insecte qui cause des ravages

L’aleurode épineux du citronnier se nourrit de la sève des plantes. Les adultes piquent et prélèvent la sève, tandis que les larves aspirent la sève sur les feuilles. À mesure que la population augmente, l’arbre s’épuise, la croissance ralentit, et la végétation jaunit.

  • Les aleurodes épineux du citronnier se nourrissent de la sève des plantes, alors que leurs larves aspirent la sève des feuilles.
  • Une forte infestation entraîne la chute des feuilles et peut provoquer la mort des jeunes arbres ou des plantes affaiblies, privés de nutriments vitaux.
  • En rejetant un miellat collant, l’aleurode favorise le développement de champignons nuisibles et gêne la photosynthèse. Ce dépôt forme une couche noirâtre appelée fumagine.

 

Larves d’aleurodes épineux du citronnier

Les larves se fixent sous les feuilles. Surveillez l’envers du feuillage, surtout sur jeunes pousses et rameaux bas.

Dans la pratique, les premiers signes passent souvent inaperçus au début. Les symptômes qui doivent alerter sont des feuilles collantes, un aspect poussiéreux noir (fumagine), un jaunissement progressif, et la présence de petits insectes volants qui s’envolent lorsque l’on secoue la plante.

Lutter contre l’aleurode épineux du citronnier

Ralentir la propagation de l’aleurode est l’affaire de tous, professionnels comme jardiniers amateurs. L’objectif est double : limiter les foyers (pour freiner la diffusion) et protéger les plantes sensibles (pour éviter l’affaiblissement et les pertes).

Détruire ou isoler les végétaux infestés

  • Par incinération (selon les consignes locales et la réglementation en vigueur).
  • Avec des insecticides ciblés, lorsque leur usage est autorisé et adapté à la situation.

Astuce : au tout début de l’infestation (avant l’apparition de la fumagine), des traitements à base d’huile de paraffine ou d’huiles essentielles d’orange peuvent asphyxier les larves au contact. On trouve aussi des solutions à base de neem, de pyrèthre ou de savon insecticide. Respectez strictement les doses, les conditions d’application et les périodes d’usage, surtout sur agrumes en fleur.

  • En enfermant le végétal atteint dans un sac hermétique plusieurs semaines (deux minimum), afin de limiter la dispersion des adultes.
  • Avec un tuyau d’arrosage sous pression pour décrocher larves et adultes. Ces insectes n’aiment pas l’humidité et les projections répétées peuvent réduire la pression, surtout en début d’attaque.
  • En installant des pièges collants jaunes pour capter une partie des adultes et surveiller l’activité.

Astuce : la couleur jaune attire les aleurodes. Les plaques collantes servent à la fois de piège et d’outil de suivi. Si les captures augmentent nettement, intensifiez les inspections sous les feuilles.

Maîtriser la circulation des végétaux

Toutes les plantations produites dans les départements infectés par l’aleurode épineux du citronnier peuvent être soumises à des contrôles officiels.

  • Ces contrôles sont réalisés par le service en charge de la protection des végétaux.
  • Ou par un professionnel des traitements approuvé par le SRAL (Service régional de l’alimentation).

Ces actions visent à garantir l’absence du nuisible sur les végétaux avant leur mise en circulation. À l’échelle d’un jardin, le bon réflexe est simple : évitez de déplacer, d’échanger ou d’offrir des plants issus d’une zone infestée, surtout s’ils présentent des feuilles collantes ou noirâtres.

Les espèces identifiées en Occitanie :

Rester attentif et signaler les foyers

  • Il ne faut pas hésiter à signaler la présence de l’aleurode épineux du citronnier à la DRAAF-SRAL (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt – Service régional de l’alimentation). Cela permet de suivre la progression de l’invasion.
  • Inspectez régulièrement vos plantations. Taches collantes, feuilles jaunissantes et présence de petits insectes volants autour des plantes doivent alerter.
  • Astuce : les principales communes infestées se situent dans le Gard et dans l’Hérault. La présence de l’insecte a aussi été signalée dans certaines régions du sud-ouest, du centre et de l’est de la France. Même si votre région n’est pas classée « foyer », une surveillance régulière des agrumes en pot (terrasses, vérandas, serres) reste pertinente, car les échanges de végétaux sont un facteur de diffusion.

Aleurode épineux du citronnier, ce qu’il faut savoir

  • Originaire du sud-est de l’Asie, le ravageur est connu sous le nom scientifique Aleurocanthus spiniferus. Sa capacité de reproduction est élevée, ce qui explique la rapidité des infestations en conditions favorables.
  • L’aleurode épineux du citronnier a été observé en Europe à partir de 2008, notamment en Italie, en Grèce, en Croatie, au Monténégro et en Albanie. Sa présence a aussi été signalée à La Réunion en 2013.
  • Ses larves mesurent environ 0,3 à 0,8 mm, tandis que les adultes atteignent environ 1,7 mm. Les adultes arborent des ailes gris bleu ornées de points blancs.
  • Nuisible pour les végétaux, il ne présente aucun danger pour les humains ou les animaux.
Aleurodes épineux du citronnier : adulte

Adulte d’aleurode épineux : un petit insecte ailé qui se disperse facilement, surtout lors des manipulations de plantes.

Conseils du jardinier – FAQ

  • Comment reconnaître l’aleurode épineux du citronnier sur mes agrumes ?
    Surveillez l’envers des feuilles. Vous pouvez observer des colonies de larves sombres bordées de filaments cireux, des feuilles collantes (miellat), puis un noircissement (fumagine). Les adultes sont de petits insectes volants qui s’envolent facilement lorsque l’on touche la plante.
  • Quelle est la différence entre fumagine et maladie ?
    La fumagine est un champignon qui se développe sur le miellat sucré rejeté par des insectes piqueurs-suceurs (aleurodes, pucerons, cochenilles). Elle n’attaque pas directement les tissus, mais elle bloque la lumière et gêne la photosynthèse, ce qui affaiblit la plante.
  • Que faire au tout début de l’infestation ?
    Isolez la plante si elle est en pot. Douchez le feuillage (surtout l’envers) pour décrocher larves et adultes, posez des pièges jaunes pour suivre l’activité, puis appliquez si besoin une solution adaptée (savon insecticide, huiles, produits autorisés) en respectant les précautions d’emploi.
  • Les pièges jaunes suffisent-ils à eux seuls ?
    Non. Ils capturent surtout des adultes et servent d’indicateur. Pour être efficaces, ils doivent s’accompagner d’inspections régulières sous les feuilles, de mesures d’hygiène (isolement, suppression des feuilles très atteintes) et, si nécessaire, de traitements ciblés.
  • Pourquoi l’humidité peut-elle aider à limiter le ravageur ?
    Les douches au jet et une atmosphère moins sèche gênent l’installation des aleurodes, tout en permettant de décrocher physiquement une partie des individus. Attention toutefois à ne pas maintenir un feuillage constamment mouillé en automne, car l’humidité persistante peut favoriser d’autres problèmes.
  • Dois-je signaler la présence si je pense en avoir dans mon jardin ?
    Oui. Le signalement à la DRAAF-SRAL contribue à la surveillance et à la cartographie des foyers. Avant de déplacer ou d’échanger des plantes, vérifiez l’absence de symptômes et évitez la circulation de végétaux potentiellement infestés.
  • Le conseil malin ?
    Pour lutter contre l’aleurode épineux du citronnier, installez une cabane à insectes au jardin afin d’attirer des auxiliaires. Les coccinelles et certaines guêpes parasitoïdes, entre autres, s’attaquent aux larves et contribuent à réguler les populations, surtout si vous évitez les traitements non sélectifs.

©aukid, ©stanislav71, ©estudio


Écrit par Lydie Dronet | En immersion dans le monde animalier depuis plus de 20 ans, Lydie partage son expérience et son expertise. Ses autres sujets de prédilection, la nutrition et les vertus des plantes.