L’abricotier est l’un des arbres fruitiers emblématiques de l’été. Généreux lorsqu’il bénéficie de suffisamment de soleil, il peut produire pendant de longues années des fruits parfumés et sucrés. Sa culture demande pourtant de bien choisir son emplacement : plus que le froid hivernal, c’est sa floraison très précoce, exposée aux gelées de fin d’hiver et de printemps, qui limite parfois les récoltes.
Bien installé dans un sol drainé et une situation chaude, Prunus armeniaca reste néanmoins un fruitier relativement facile à cultiver.
| Nom | Prunus armeniaca |
| Famille | Rosacées |
| Type | Arbre fruitier |
| Hauteur | 4 à 6 m selon les variétés et porte-greffes |
| Exposition | Soleil, situation chaude |
| Sol | Drainé, plutôt léger, sans humidité stagnante |
| Feuillage | Caduc |
| Floraison | Fin d’hiver à début du printemps selon le climat |
| Récolte | Juin à août selon les variétés et régions |
Le choix de l’emplacement conditionne en grande partie la réussite de la culture. L’abricotier aime avant tout le soleil et la chaleur.
Une situation bien exposée favorise la maturation des fruits, mais il faut également tenir compte de sa floraison précoce. Dans les régions où les gelées printanières sont fréquentes, évitez autant que possible les points bas du jardin où l’air froid a tendance à s’accumuler.
L’abricotier apprécie une terre bien drainée. Il tolère une certaine sécheresse une fois bien enraciné, alors que l’excès d’eau, surtout pendant l’hiver, lui convient beaucoup moins.
Dans une terre lourde et argileuse, améliorez le drainage et évitez de planter dans une cuvette où l’eau pourrait s’accumuler.
Le choix du porte-greffe permet également d’adapter davantage l’arbre aux caractéristiques du terrain.
La plantation s’effectue de préférence à l’automne, hors période de gel. L’arbre profite alors de l’hiver pour commencer son enracinement avant la reprise de végétation.
Un abricotier acheté en conteneur peut également être planté au printemps, mais il faudra surveiller davantage les arrosages durant sa première saison.
Contrairement à une idée reçue, l’abricotier n’est pas exclusivement réservé au Midi. L’arbre lui-même peut supporter des hivers froids lorsqu’il est bien installé.
La difficulté vient surtout de sa floraison précoce. Une période douce peut provoquer l’ouverture des fleurs, puis une gelée tardive compromettre tout ou partie de la future récolte.
Dans le Sud, le problème est généralement moins fréquent, même si les gelées tardives restent possibles. Plus au nord et dans l’Est, le choix de la variété et de l’emplacement devient déterminant.
Dans les régions froides, privilégiez notamment les variétés à floraison relativement tardive et les situations protégées. Un mur bien exposé peut créer un microclimat intéressant, mais il faut également éviter les situations provoquant un démarrage beaucoup trop précoce de la végétation.
La floraison de l’abricotier est particulièrement décorative. Les fleurs blanches à rosées apparaissent sur le bois avant ou en même temps que les premières feuilles.
Beaucoup de variétés cultivées sont autofertiles : un seul arbre peut donc produire des fruits. La présence d’un autre abricotier compatible à proximité peut néanmoins favoriser la pollinisation de certaines variétés et contribuer à une fructification plus régulière.
Avant l’achat, vérifiez donc les caractéristiques de la variété choisie, en particulier lorsqu’elle est annoncée comme nécessitant un pollinisateur.
La présence d’insectes pollinisateurs au moment de la floraison est également précieuse.
Une fois installé, l’abricotier ne réclame pas un entretien très important.
Arrosez régulièrement durant la première année afin de favoriser l’enracinement, notamment en cas de plantation printanière.
Par la suite, un arbre correctement enraciné supporte mieux les périodes sèches. Des arrosages peuvent toutefois être utiles lors des sécheresses prolongées, particulièrement pendant le grossissement des fruits.
Évitez à l’inverse de maintenir constamment le sol humide.
Un apport de compost mûr au pied à l’automne ou au début du printemps contribue à entretenir la fertilité du sol.
En cas de besoin, un engrais spécial fruitier peut compléter cet apport. Évitez cependant les excès d’azote, qui favorisent la végétation au détriment de la fructification.
Lorsque l’arbre porte énormément de jeunes fruits, un éclaircissage peut être intéressant. Il permet de limiter la concurrence entre les fruits et de favoriser leur développement.
Retirez en priorité les fruits les plus petits, abîmés ou mal placés afin de conserver une charge raisonnable sur les branches.
L’abricotier ne demande pas de taille sévère. Il supporte d’ailleurs assez mal les grosses coupes, qui constituent autant de portes d’entrée possibles pour certaines maladies.
L’objectif consiste donc surtout à maintenir une ramure équilibrée, lumineuse et bien aérée.
Un abricotier couvert de fleurs mais sans fruits n’est pas forcément malade. Plusieurs causes peuvent expliquer l’absence de récolte.
C’est l’une des causes les plus fréquentes. Les boutons et les fleurs sont beaucoup plus vulnérables au froid que l’arbre en repos hivernal.
Une seule gelée au mauvais moment peut donc suffire à réduire fortement la récolte.
Une météo froide, pluvieuse ou venteuse pendant la floraison réduit l’activité des insectes pollinisateurs. Certaines variétés peuvent également bénéficier de la proximité d’un autre abricotier compatible.
Après plantation, il faut laisser à l’abricotier le temps de développer sa charpente et son système racinaire. Les premières récoltes apparaissent généralement après quelques années.
Une terre excessivement riche en azote ou une fertilisation trop importante peut favoriser les pousses et les feuilles au détriment des fruits.
L’abricotier peut être sensible à plusieurs maladies, notamment lorsque le printemps est frais et humide.
La moniliose peut provoquer le dessèchement des fleurs et rameaux ainsi que le pourrissement des fruits. Les abricots atteints peuvent rester momifiés sur l’arbre et devenir une source de contamination.
Ramassez les fruits malades et éliminez les parties atteintes. Une taille permettant à l’air et à la lumière de circuler dans la ramure contribue également à la prévention.
Solution : Bouillie bordelaise : l’alliée historique pour protéger fruitiers et potager
Un feutrage blanchâtre peut apparaître sur les feuilles, les pousses ou les jeunes fruits. Là encore, une ramure bien aérée et une surveillance régulière permettent de réagir rapidement.
Solution : Pulvérisateur anti-oïdium – 750 ml | Fongicide naturel bio
Les pucerons colonisent principalement les jeunes pousses. Les feuilles peuvent alors se recroqueviller et la croissance ralentir.
Favorisez les auxiliaires comme les coccinelles et intervenez seulement lorsque l’attaque devient importante.
Solution : Traitement anti-pucerons Siltac® Décamp – Curatif 10 ml
Le choix de la variété doit tenir compte du climat autant que de la qualité gustative des fruits.
| Variété | Caractéristiques | Récolte indicative |
|---|---|---|
| Bergeron | Fruit orangé, chair parfumée, variété très connue | Juillet-août |
| Rouge du Roussillon | Fruit très parfumé, orangé ponctué de rouge | Juillet |
| Orangé de Provence | Chair fine et savoureuse | Juillet |
| Hargrand | Gros fruits, adaptés notamment aux confitures | Juillet |
| Orangered | Précoce, fruits colorés et savoureux | Début d’été |
| Polonais | Variété intéressante dans les régions moins chaudes | Juillet |
| Tardif du Tain | Variété tardive à fruits orangés | Août |
Selon les variétés, le climat et les régions, la récolte s’étale généralement de juin à août.
Un abricot arrivé à maturité prend sa couleur caractéristique, devient légèrement souple et développe son parfum. Le fruit doit se détacher facilement sans qu’il soit nécessaire de tirer fortement dessus.
Récoltez-les délicatement : les abricots mûrs sont sensibles aux chocs et se conservent relativement peu de temps.
La culture en pot est possible, notamment avec une variété à développement modéré ou un arbre greffé sur un porte-greffe peu vigoureux.
Choisissez un grand contenant percé et un substrat fertile mais parfaitement drainant. L’arrosage devra être beaucoup plus régulier qu’en pleine terre, car le volume de terre disponible est limité.
Une culture en bac demande également une fertilisation régulière et une surveillance particulière pendant les fortes chaleurs.
L’abricot fraîchement récolté se conserve peu de temps. Il est donc préférable de le consommer rapidement ou de le transformer.
Il se prête particulièrement bien aux confitures, compotes, tartes, clafoutis et sorbets. Il accompagne également certaines préparations salées.
Retrouvez toutes nos recettes à base d’abricots.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.