Prunier : les conseils de culture pour avoir de belles prunes
Le prunier est l’un des fruitiers les plus populaires dans les jardins, et à juste titre. Facile à cultiver, souvent très productif, il s’adapte à la plupart des régions et ne demande que peu d’entretien. Ses fruits, les fameuses prunes, offrent une incroyable diversité de goûts, de formes et de couleurs, allant de la mirabelle sucrée à la quetsche acidulée, en passant par la prune d’Ente, idéale pour les fruits secs.
Si vous rêvez de récoltes estivales abondantes, suivez nos conseils pour bien planter, entretenir et choisir votre prunier selon vos besoins.
En août et en septembre, les prunes nous régalent : reines-claudes bien mûres, quetsches et prunelles pour les confitures… Il existe aussi des prunes japonaises, des prunes-cerises et même des prunes-abricots hybrides. « Le prunier est l’espèce dominante dans la catégorie des fruits à noyau, expliquent Élisabeth et Jérôme Jullien, horticulteurs. La prune est le 3e fruit le plus cultivé de France en superficie avec 75 000 tonnes par an ».
Prunier chargé de prunes mûres
Il existe deux grandes catégories : les pruniers européens (Prunus domestica) et les pruniers japonais (Prunus salicina). Voici quelques variétés parmi les plus connues :
Reine-Claude dorée : fruit vert-doré, très sucré, excellent cru
Quetsche d’Alsace : prune allongée, violette, idéale en tarte
Mirabelle de Nancy : petite prune jaune, très parfumée, mûre en août
Prune d’Ente : base du pruneau d’Agen, très sucrée et riche
Stanley : prune bleue, autofertile, bonne en frais comme en conserve
Santa Rosa : prune japonaise, juteuse, à peau rouge et chair jaune
Bon à savoir : certaines variétés sont autofertiles, mais d’autres ont besoin d’un pollinisateur compatible à proximité. Renseignez-vous bien avant l’achat pour favoriser des récoltes abondantes.
Un prunier même dans les petits jardins !
« Les quetsches sont abondantes si l’on plante plusieurs arbres à proximité, ajoute Benoît Priel, co-auteur de Cultiver son jardin. Les pruniers prenant peu de place, il est possible d’en planter un petit bosquet dans un jardin pas très grand ».
Prunier adapté même aux petits jardins
Pour les très petits jardins, il existe aujourd’hui des variétés de pruniers autofertiles qui fructifient grâce à leur propre pollen : idéal si vous ne souhaitez planter qu’un seul arbre.
Le mirabellier occupe peu de place, ce qui en fait une essence adaptée aux jardinets.
Les pruniers colonnaires peuvent même être cultivés en conteneur, sur terrasse ou balcon bien exposés.
Plantation du prunier
Préférez une plantation à l’automne ou au printemps, mais en évitant toujours les périodes de gel. Une plantation d’automne favorise l’enracinement avant l’été suivant.
Prunier fraîchement planté au jardin
Le prunier aime les situations plutôt ensoleillées pour donner de bonnes prunes.
Prévoyez que votre prunier atteindra sa taille adulte d’ici quelques années et qu’il aura donc besoin de place pour se développer.
Durant les premières semaines, arrosez régulièrement à condition qu’il ne gèle pas.
Privilégiez un arrosage en journée car les nuits sont souvent beaucoup plus fraîches.
Mélangez les variétés afin de stimuler la pollinisation et donc la fructification. Si vous ne plantez qu’un seul prunier, choisissez une variété autofertile comme le Prunier d’Ente, le Mirabelle de Nancy ou le Quetsche d’Alsace.
Prunier : un entretien facile
Tout l’été, arrosez régulièrement en cas de forte chaleur et installez un filet de protection pour limiter les dégâts des oiseaux gourmands. En hiver, protégez les jeunes sujets du gel avec un voile d’hivernage si nécessaire, puis fertilisez en février et paillez en mars.
Prunier adulte en pleine production
Une taille très légère suffit, mais pas en hiver : intervenez plutôt au début du printemps ou juste après la récolte, lorsque la circulation de sève favorise une bonne cicatrisation.
La récolte des prunes a lieu durant l’été, mais la période varie autant en fonction des variétés que du climat de votre région.
Lors de l’achat de votre prunier, opter pour un prunier adapté au climat de votre région, c’est l’assurance d’avoir une belle récolte, au bon moment.
Il est important de ne pas trop laisser mûrir la prune sur l’arbre : elles finissent par tomber et pourrir au sol.
Récolte des prunes à maturité
Les prunes les plus précoces se récoltent au début de l’été. Parmi elles, la Golden Japan, appréciée pour sa délicieuse chair jaune.
Les prunes semi-précoces se récoltent courant août, comme la Reine-Claude ‘vraie’.
Les prunes semi-tardives et tardives se récoltent à la fin de l’été, comme la variété Reine-Claude de Bavay.
Conservation des prunes :
Il est difficile de garder les prunes très longtemps, d’où l’intérêt de les consommer rapidement ou de les transformer.
Pour augmenter légèrement la durée de conservation, conservez-les au frais, au réfrigérateur, et manipulez-les avec douceur pour éviter les meurtrissures.
Vous pouvez faire des confitures de prunes, de la liqueur, des pâtisseries ou encore des fruits secs comme les pruneaux d’Agen.
Prunes prêtes à être dégustées ou cuisinées
Conseil malin
Un paillage au pied de l’arbre évite la pousse des mauvaises herbes, protège les racines du froid l’hiver et limite l’évaporation de l’eau l’été. Il contribue aussi à améliorer la vie biologique du sol.
FAQ – Vos questions
Mon prunier donne peu de fruits, pourquoi ?
Il peut manquer de pollinisateur, de soleil ou avoir subi une taille trop sévère. Vérifiez aussi la floraison : un gel tardif peut griller les boutons à fleurs et compromettre la récolte.
Dois-je planter deux pruniers pour avoir des fruits ?
Pas toujours. Certaines variétés sont autofertiles (Stanley, Quetsche d’Alsace, certaines reines-claudes), mais d’autres ont besoin d’un arbre compagnon pour assurer une bonne pollinisation croisée.
Combien de temps avant une première récolte ?
Comptez généralement 2 à 4 ans après la plantation, selon la vigueur du porte-greffe, la variété choisie et les conditions de culture.
Peut-on planter un prunier en pot ?
Oui, mais uniquement pour les variétés naines ou greffées sur porte-greffe nanifiant, dans un très grand pot (au minimum 50 L), avec un arrosage suivi et des apports réguliers d’engrais organique.
Faut-il traiter systématiquement contre les vers dans les prunes ?
Non, un traitement systématique n’est pas nécessaire. Posez des pièges à phéromones dès le printemps, ramassez les fruits tombés au sol et favorisez les auxiliaires (mésanges, chauves-souris) pour limiter naturellement les attaques.
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.