Taro, oreille d’éléphant, madère, songe, dachine, malanga ou encore chou caraïbe ; derrière toutes ces appellations, se cache une plante vivace tubéreuse aux nombreux intérêts, le colocasia. En effet, elle est à la fois esthétique, avec ses grandes feuilles cordiformes, et comestible puisque l’on peut consommer ses rhizomes et son feuillage. Originaire des pays tropicaux, le taro demandera néanmoins quelques attentions pour en profiter dans votre jardin ou votre potager.
Le taro en résumé :
| Espèce / Variété | Caractéristiques | Exigences de culture | Usages / Particularités |
| Colocasia esculenta (espèce type, taro) |
Grandes feuilles vert clair en forme de cœur ; port large, tiges massives. Seule variété comestible. | Sols riches, humides ; chaleur et soleil doux. | Cultivé comme légume (taro) dans les régions tropicales. Comestible après cuisson obligatoire. |
| Colocasia ‘Black Magic’ | Feuillage violet sombre presque noir ; texture mate. | Chaleur, forte luminosité ; sol humide. | L’un des plus décoratifs ; idéal pour jardins exotiques. |
| Colocasia ‘Black Coral’ | Feuilles très sombres, presque métalliques ; veinage marqué. | Sol riche, très humide ; soleil ou mi-ombre. | Effet graphique spectaculaire dans les massifs. |
| Colocasia ‘Mojito’ | Feuilles vert pâle marbrées de taches noires irrégulières. | Soleil doux ou mi-ombre ; sol drainé mais humide. | Très prisé en pot pour son feuillage unique. |
| Colocasia ‘Blue Hawaii’ | Feuillage bleuté, veines violettes ; revers argenté. | Humidité élevée, chaleur constante. | Variété très ornementale, idéale en bassin marginal. |
| Colocasia ‘Diamond Head’ | Feuilles noires brillantes, aspect lustré. | Sol fertile, humide ; mi-ombre ou soleil doux. | Effet luxueux et contemporain. |
| Colocasia ‘Illustris’ | Feuilles noires avec larges nervures vert vif. | Sol constamment humide ; chaleur. | Superbe contraste pour jardins tropicaux. |
| Colocasia gigantea ‘Thailand Giant’ | Feuilles géantes pouvant dépasser 150 cm ; croissance spectaculaire. | Sols riches et humides ; besoin d’espace. | Pour massifs XXL et ambiance jungle. |
| Colocasia ‘Coffee Cups’ | Feuilles en coupe collectant l’eau de pluie ; tiges pourpres. | Soleil doux, chaleur ; sol humide. | Très original : les feuilles se renversent pour « vider » l’eau. |
| Colocasia ‘Pharaoh’s Mask’ | Feuilles vertes sculptées, nervures violettes en relief. | Chaleur, sol humide, exposition lumineuse. | Aspect tridimensionnel très spectaculaire. |
| Colocasia ‘White Lava’ | Feuilles vert foncé, bandes blanches centrales, nervures violettes. | Humidité élevée, soleil doux. | L’un des plus colorés et contrastés. |
Plante exotique par excellence, le taro a besoin de certaines conditions pour s’épanouir :
Si vous résidez dans le sud de la France ou en Outre-mer, vous pourrez le cultiver sans grande difficulté. En revanche, dans les autres régions, la culture sous serre devra être privilégiée pour obtenir des résultats, ou la culture en gros bac à rentrer hors gel.
Si votre sol ne remplit pas les conditions de fertilité et de texture requises, vous devrez procéder à quelques travaux durant l’automne précédent la plantation :
Un terrain trop lourd et asphyxiant fait pourrir les rhizomes : en sol argileux, n’hésitez pas à créer des buttes surélevées et à mélanger sable grossier et compost mûr pour améliorer le drainage tout en gardant de la fraîcheur.
Conseil malin et écologique : pensez à nos précieux auxiliaires les vers de terre et évitez d’utiliser une bêche pour réaliser le bêchage. Vous limiterez ainsi les impacts négatifs sur la faune du sol.
Pour faciliter la reprise et gagner du temps, la plantation se réalise en deux étapes :
Placez les jeunes plants tous les 50 cm sur le rang, en enterrant bien le collet, et arrosez copieusement à la plantation. Dans un massif d’allure exotique, le taro peut aussi être installé en arrière-plan, en mélange avec des Canna, colocasias ornementaux, bananiers rustiques ou graminées graphiques.
En dehors des zones les plus douces, le taro gagne à être cultivé en grand bac (40 cm de diamètre minimum) :
Cette méthode permet de profiter du feuillage spectaculaire sur la terrasse l’été et de sécuriser les rhizomes l’hiver.
À l’instar des pommes de terre, le taro nécessite un léger buttage en cours d’été. Vous favoriserez ainsi la production de nouveaux rhizomes et limiterez l’apparition des adventices. Pour maintenir un beau feuillage et soutenir sa croissance, vous devrez également réaliser des arrosages réguliers ; a fortiori en cas de sécheresse prolongée.
Le taro apprécie une atmosphère chaude et humide : un sol qui ne sèche jamais complètement, mais qui n’est pas détrempé. Une eau tiède, non calcaire, est idéale. En bac, surveillez de près l’évaporation en été : un arrosage quasi quotidien peut être nécessaire en période très chaude.
Conseil malin : pour limiter les pertes en eau et conserver l’humidité du sol, vous pouvez appliquer un paillage épais au pied de votre plante. Le paillis permettra également de préserver une certaine chaleur dans le sol à l’approche de l’hiver.
Dans les régions où les hivers sont marqués, deux options s’offrent à vous :
Si le taro n’est pas spécialement sensible aux maladies cryptogamiques lorsque le sol est bien drainé, il peut en revanche être la cible de quelques parasites et ravageurs tels que :
Un feuillage qui jaunit par plages peut aussi traduire un excès d’eau froid, ou au contraire une carence en éléments nutritifs. Dans ce cas, apportez un peu de compost mûr en surface au printemps et corrigez les apports d’eau.
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Si possible, la récolte des rhizomes doit être effectuée en fin d’année. Vous leur laisserez ainsi le temps de se former. Une fois récoltés, ils peuvent se conserver dans du sable et au frais.
Si la culture du taro peut ressembler à celle de la pomme de terre, il en va de même pour la préparation de ses rhizomes. Vous pouvez ainsi les accommoder en gratins, en soupes, à la poêle, etc. Vous serez également surpris par leur texture légèrement farineuse et leur saveur pouvant évoquer celle de la châtaigne.
Traditionnellement, le taro est aussi utilisé :
Attention : les rhizomes comme les feuilles se consomment toujours bien cuits. Crus ou insuffisamment cuits, ils peuvent être irritants pour la bouche et l’intestin.
Pour finir, sachez que les jeunes feuilles peuvent être cuisinées de la même façon que les épinards, dans des currys, soupes ou farces végétales.