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Noctuelle de la tomate : reconnaître les trous dans les fruits et agir efficacement

noctuelle tomate

Cet été, vos tomates sont belles, vigoureuses, bien alignées sur leurs tuteurs. Certaines commencent à rougir, d’autres sont encore vertes, et tout semble annoncer une belle récolte. Mais soudain, sur la peau lisse d’un fruit, vous apercevez un petit trou rond, net, presque parfaitement découpé. Puis un autre. En coupant la tomate, la chair est abîmée, creusée de galeries, parfois déjà en train de pourrir. Le responsable est probablement la noctuelle de la tomate, aussi appelée armigère, une chenille discrète mais redoutable.

Quels sont les symptômes sur les tomates ?

Les tomates sont des plantes potagères assez faciles à cultiver, mais elles peuvent être touchées par tout un cortège de maladies et de ravageurs. Mildiou, oïdium, cul noir ou nécrose apicale, pourriture grise… Ces problèmes sont souvent liés à l’humidité, aux arrosages irréguliers ou à une mauvaise aération des plants.

Les insectes comme les aleurodes, les pucerons ou les araignées rouges sont également assez faciles à repérer. Mais dans le cas de la noctuelle, le diagnostic est différent : le fruit paraît souvent beau, puis révèle un petit trou caractéristique.

Noctuelle de la tomate : trou dans une tomate

Un trou rond et net dans une tomate est souvent le signe d’une attaque de noctuelle.

Les symptômes les plus fréquents sont les suivants :

  • Un seul trou par tomate, souvent rond et bien net.
  • Un trou situé près du pédoncule, plus rarement à l’extrémité du fruit.
  • Des dépôts noirs visibles à l’intérieur, semblables à des déjections.
  • Des galeries dans la chair lorsque l’on coupe la tomate.
  • Une chair qui pourrit rapidement autour de la zone attaquée.
  • Des fruits qui finissent par tomber, qu’ils soient encore verts ou déjà mûrs.

Les variétés allongées, comme les tomates Roma ou les Cornues des Andes, semblent parfois plus touchées, même si toutes les tomates peuvent être concernées.

Dans ce cas, le responsable est très probablement la noctuelle de la tomate (Helicoverpa armigera), aussi appelée armigère.

C’est quoi la noctuelle de la tomate ?

Comme son nom le laisse supposer, la noctuelle de la tomate est un papillon de nuit de la famille des Noctuidae. Ce lépidoptère possède des ailes blanchâtres, légèrement tachetées et parcourues de lignes grisâtres. Son envergure atteint environ 3 cm, mais il est rarement observé en journée puisqu’il est actif la nuit.

Les premiers vols ont généralement lieu en avril-mai. D’origine tropicale ou subtropicale, la noctuelle de la tomate profite de la hausse des températures pour progresser vers le nord. Longtemps surtout présente dans le sud de la France, elle peut désormais apparaître dans davantage de régions lorsque les conditions sont favorables.

Au printemps, les noctuelles s’accouplent. La femelle pond ses œufs, d’abord blanc jaunâtre puis brunâtres, sur les pieds de tomates : jeunes pousses, feuilles, fleurs ou fruits. L’incubation dure environ 4 jours, et dès que la température atteint 25 °C, les larves éclosent.

Très mobiles, les jeunes chenilles passent par 6 stades larvaires. Elles se nourrissent d’abord des feuilles, puis, dès le deuxième stade, pénètrent dans les tomates dont elles consomment la chair. Au fil de leur développement, elles changent de couleur : blanc jaunâtre, vert, jaune, noir ou brun. En fin de croissance, elles mesurent 3 à 4 cm avant de se nymphoser dans le sol.

Si les conditions météo sont favorables, de deux à quatre générations peuvent se succéder jusqu’en septembre-octobre. En fin d’été, les nymphes entrent en diapause, une forme de repos hivernal, dans le sol. Elles reprennent leur activité dès que la température du sol dépasse 18 °C.

Quels sont les dégâts sur les tomates ?

Le problème avec la noctuelle est que les dégâts sont parfois invisibles au début. De l’extérieur, la tomate peut sembler saine. Pourtant, tout se joue à l’intérieur : la larve creuse des galeries, consomme la chair et favorise l’apparition de pourritures.

Les tomates attaquées deviennent rapidement impropres à la consommation. Même si la zone abîmée semble localisée, la présence de galeries, de déjections et de pourriture impose de les écarter.

Dans le sud, la noctuelle de la tomate peut également s’attaquer à d’autres cultures potagères comme les poivrons, les aubergines et les courges.

Comment lutter contre la noctuelle de la tomate ?

Si vous découvrez déjà des trous dans vos tomates, il est souvent trop tard pour sauver les fruits atteints. La chenille est à l’intérieur, bien protégée, et les traitements ne peuvent plus l’atteindre correctement.

Le seul traitement utilisable en jardinage biologique, le Bacillus thuringiensis (Bt), peut être efficace, mais seulement sur les jeunes larves avant qu’elles ne pénètrent dans les fruits. Il faut donc intervenir tôt, idéalement après détection des premiers vols de papillons.

En période à risque, les pulvérisations doivent être renouvelées environ tous les 10 jours, afin de cibler les générations successives.

Il est également primordial de récolter et de détruire toutes les tomates perforées, qu’elles soient tombées au sol ou encore accrochées aux pieds. C’est la seule façon de limiter la naissance d’une nouvelle génération. Profitez-en pour observer le sol et éliminer les chenilles qui seraient tombées pour se nymphoser.

Prévenir les attaques de noctuelle

La lutte repose surtout sur la prévention, à mettre en place dès le printemps. C’est ainsi que les professionnels limitent les dégâts causés par ce ravageur.

Noctuelle de la tomate : traitement et prévention

La pose de pièges à phéromones permet de repérer les premiers vols et d’intervenir au bon moment.

  • Installer des pièges à phéromones pour repérer les premiers vols de noctuelles. Dès que les mâles sont capturés, une pulvérisation de Bt peut être envisagée.
  • Poser des filets anti-insectes sur les tomates dès le mois d’avril, afin d’empêcher les femelles de pondre.
  • Détruire les débris végétaux en fin de saison, notamment les restes de plants de tomates et les fruits abîmés.
  • Favoriser les prédateurs naturels, notamment les mésanges, grandes consommatrices de chenilles.

Pour attirer les mésanges, installez des mangeoires en hiver et des nichoirs fermés avec des trous d’envol adaptés : 27 à 28 mm pour les mésanges bleues, noires ou nonnettes, et 32 à 34 mm pour les mésanges charbonnières. Planter des arbustes à baies et des plantes mellifères est également utile pour favoriser leur présence au jardin.

À l’automne, au moment de travailler légèrement le sol, ouvrez l’œil pour repérer les larves ou les nymphes. Si vous avez des poules, laissez-les explorer les parcelles après la culture : elles sont très efficaces pour débusquer les larves.

Que faire des tomates attaquées ?

Les tomates perforées doivent être retirées rapidement. Ne les laissez pas sur les plants, ni au sol, car elles peuvent abriter une chenille encore active. Il vaut mieux les détruire plutôt que les mettre au compost, surtout si celui-ci ne chauffe pas suffisamment.

En cas d’attaque importante, inspectez les fruits encore verts et les zones proches du pédoncule. Les premiers trous sont parfois discrets, mais un fruit touché finit souvent par se dégrader très vite.

Conseils du jardinier – FAQ

  • Pourquoi mes tomates ont-elles un petit trou rond ?
    Un trou rond, net, souvent situé près du pédoncule, peut indiquer la présence d’une chenille de noctuelle de la tomate.
  • Peut-on manger une tomate attaquée par la noctuelle ?
    Non, il vaut mieux l’écarter, car la chair est souvent creusée, souillée par des déjections et en cours de pourriture.
  • Quel traitement naturel utiliser ?
    Le Bacillus thuringiensis peut être utilisé en prévention sur les jeunes larves, avant qu’elles n’entrent dans les fruits.
  • Les pièges à phéromones sont-ils utiles ?
    Oui, ils permettent surtout de détecter les premiers vols et de traiter au bon moment.
  • Comment éviter une nouvelle attaque l’année suivante ?
    Détruisez les fruits atteints, retirez les résidus de culture, surveillez le sol à l’automne et installez des pièges ou filets dès le printemps.

Écrit par Pascale Bigay | L'écriture a ponctué la vie de Pascale. Tout comme la nature, la botanique, le jardinage... C'est pourquoi à travers ses mots, elle vous fait partager ses expériences et ses découvertes de jardinage, ses plantations de vivaces ou d'arbustes, ses recettes du potager, la vie de ses poules...