Accueil / Jardinage / Reportage / Quel est l’impact des inondations sur le jardin et comment réagir ?
Quel est l’impact des inondations sur le jardin et comment réagir ?
Les inondations peuvent causer des dégâts importants au jardin et aux plantes. L’excès d’eau, surtout combiné au froid, peut entraîner l’asphyxie des racines, la prolifération de maladies et l’appauvrissement du sol. Voici un tour d’horizon des principaux impacts et des solutions concrètes pour limiter les dégâts, puis remettre votre jardin sur pied.
1. Quels sont les effets des inondations sur le jardin ?
Lorsque le sol est gorgé d’eau, les plantes subissent un stress qui peut menacer leur survie. Voici les principaux problèmes à surveiller.
Asphyxie et pourrissement des racines
L’eau stagnante empêche l’oxygène d’atteindre les racines, ce qui peut provoquer leur pourrissement.
Les plantes en pot et les arbustes les plus fragiles risquent de ne pas survivre, surtout si le substrat reste détrempé plusieurs jours.
Signes fréquents : feuilles qui jaunissent puis brunissent, tiges ramollies, odeur de “fermentation” au niveau du sol, racines noires et molles.
Érosion, tassement et appauvrissement du sol
Le lessivage du sol emporte les nutriments essentiels à la croissance des plantes (azote, potassium, oligo-éléments).
L’érosion peut modifier la structure du terrain et rendre certaines zones instables, en créant des cuvettes où l’eau reviendra s’accumuler.
À l’inverse, le passage de l’eau peut aussi déposer une couche de limon ou d’argile qui “colmate” le sol : l’infiltration devient plus difficile ensuite.
Propagation des maladies
L’humidité excessive favorise les champignons (mildiou, botrytis, pourriture grise) et certaines bactéries opportunistes.
Les racines affaiblies sont plus vulnérables aux infections, surtout si le feuillage reste longtemps mouillé et si l’air circule mal.
Les blessures (tiges couchées, racines mises à nu, frottements) sont des portes d’entrée classiques après un épisode d’inondation.
Risque de gel après l’inondation
Si le sol reste gorgé d’eau et que les températures chutent brutalement, le gel peut causer des dommages irréversibles aux racines et aux tiges.
Dans un sol très humide, le gel “casse” plus facilement les tissus et aggrave les pourritures au redoux.
2. Comment protéger son jardin en cas d’inondation ?
Il existe des gestes simples à adopter avant, pendant et après une inondation pour limiter les dégâts et aider votre jardin à se rétablir rapidement.
Après une crue, l’objectif est d’évacuer l’eau, d’aérer le sol et de limiter les maladies.
Avant l’inondation
Surélever les plantations sensibles : placez les plantes en pot sur des supports (parpaings, palettes) et installez des buttes pour les cultures en pleine terre.
Améliorer le drainage : creusez des rigoles temporaires vers une zone d’évacuation, ou installez des drains (tranchée + gravier) dans les secteurs récurrents.
Protéger les racines : un paillage organique (feuilles, BRF, paille) limite les projections, les écarts de température et la battance du sol.
Renforcer la structure : compost mûr, matières fibreuses et, si votre terre est lourde, une part de sable grossier (non fin) peuvent améliorer la perméabilité.
Anticiper les points bas : si une zone se remplit à chaque épisode, transformez-la en espace “tampon” (noue, petit fossé végétalisé, zone de rétention).
Pendant l’inondation
Surveiller l’évolution de l’eau : repérez les points bas et les zones où l’eau stagne le plus.
Éviter de marcher sur le sol détrempé : cela compacte la terre et aggrave le manque d’oxygénation des racines.
Déplacer les pots en hauteur : mettez-les à l’abri sous un auvent, sur des palettes, ou dans un endroit surélevé (même provisoire).
Mettre à l’abri ce qui est transportable : semis, jeunes plants, boutures, bacs de balcon, plantes fragiles.
Après l’inondation
Une fois l’eau retirée, il est crucial d’agir rapidement pour éviter que les dégâts ne s’aggravent.
Retirer les dépôts indésirables : si une croûte de limon compacte s’est formée, cassez-la délicatement en surface dès que le sol est ressuyé, sans retourner profondément.
Drainer et aérer le sol : lorsque la terre n’est plus collante, aérez à la fourche-bêche (ou grelinette) pour favoriser la circulation de l’air, sans tasser.
Évacuer l’eau des pots : videz les soucoupes, vérifiez les trous de drainage, remplacez le substrat si une odeur de pourri apparaît.
Couper les parties endommagées : supprimez feuilles et tiges noircies ou molles pour limiter la propagation des maladies, avec un outil propre.
Traiter préventivement : une décoction de prêle peut aider à limiter les risques fongiques. Pour les situations à risque élevé, certains utilisent la bouillie bordelaise, avec parcimonie et uniquement si nécessaire.
Relancer la vie du sol : apportez du compost mûr en surface, puis paillez. L’objectif est de nourrir la microfaune et de reconstituer une structure grumeleuse.
Re-semer si besoin : dans les zones lessivées, un engrais vert (phacélie, seigle, trèfle selon saison) stabilise le sol et accélère la remise en état.
Surveiller sur 2 à 3 semaines : certaines plantes semblent “tenir” puis déclinent ensuite. Réagissez dès les premiers signes (feuillage qui flétrit malgré l’humidité, base de tige qui brunit, odeur anormale).
3. Quels végétaux sont les plus sensibles et lesquels résistent mieux ?
Toutes les plantes ne réagissent pas de la même manière aux inondations. Certaines sont très sensibles, tandis que d’autres tolèrent mieux un excès d’eau temporaire.
4. Anticiper pour mieux protéger son jardin à l’avenir
Les inondations peuvent être imprévisibles, mais certaines mesures permettent de limiter leur impact sur votre jardin à long terme.
Installer des systèmes de drainage permanents : rigoles, drains, noues végétalisées, ou une petite zone de rétention d’eau pour éviter l’accumulation dans les massifs.
Structurer le terrain : une légère pente, des bordures bien pensées et des “chemins d’eau” maîtrisés évitent que l’eau ne s’installe au mauvais endroit.
Adapter les plantations : dans les parties basses, privilégiez des plantes tolérantes à l’humidité. Réservez les méditerranéennes aux zones les plus drainantes et surélevées.
Travailler la résilience du sol : paillage, apports réguliers de matière organique, engrais verts et limitation du tassement améliorent l’infiltration et la stabilité.
Penser “buttes” au potager : les cultures sur buttes ou planches surélevées ressuyent plus vite et réduisent les pertes après une crue.
Conseils du jardinier – FAQ
Quand peut-on retravailler le sol après une inondation ? Attendez que la terre ne colle plus aux outils et ne fasse plus de “boue”. Si vous intervenez trop tôt, vous tassez et vous déstructurez le sol, ce qui aggrave le problème.
Faut-il enlever le paillage après une crue ? Si le paillage est boueux, fermenté ou saturé, retirez-le et remplacez-le une fois le sol ressuyé. S’il est simplement humide, vous pouvez le laisser : il protège la surface et limite la battance.
Comment sauver une plante en pot qui a eu les racines dans l’eau ? Videz la soucoupe, vérifiez le drainage, puis laissez ressuyer. Si le substrat sent mauvais, rempotez rapidement dans un mélange aéré, en supprimant les racines noires et molles.
Doit-on traiter systématiquement après une inondation ? Non. Surveillez d’abord. Un traitement préventif (comme la prêle) peut être utile si l’humidité persiste, mais il vaut mieux prioriser l’aération, la taille des parties atteintes et l’amélioration des conditions de reprise.
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.