Sous la surface du sol de nos forêts, de nos jardins et de nos potagers se déroule une vie foisonnante, invisible à l’œil nu. Des milliards de micro-organismes, bactéries, champignons et microfaune, interagissent en permanence avec les racines des végétaux. Parmi eux, les mycorhizes jouent un rôle essentiel pour obtenir des plantes plus saines, plus vigoureuses et souvent plus résistantes aux stress. Ces associations naturelles entre les racines et certains champignons améliorent l’absorption de l’eau et des nutriments, tout en participant à la vie et à la structure du sol.
Découvrons ce que sont ces associations symbiotiques, leurs bénéfices pour le jardin, le verger ou le potager, et les bonnes méthodes pour les intégrer au sol.

Les mycorhizes sont des associations naturelles entre les racines des plantes et certains champignons du sol.
Les mycorhizes se définissent comme des associations symbiotiques, complexes et diversifiées, entre un champignon et le système racinaire d’un végétal, qu’il s’agisse d’une plante, d’un arbre ou d’un arbuste. En fonction des espèces de plantes et de champignons impliquées, ainsi que de la nature de l’association, on distingue plusieurs types de mycorhizes. Mais, dans tous les cas, cette symbiose repose sur une forme d’entraide. On est clairement dans une relation gagnant-gagnant.
Concrètement, le mycélium du champignon, grâce à ses filaments microscopiques, pénètre dans les racines ou les enveloppe. Il y prélève des glucides, principalement du glucose et du saccharose, produits par la plante grâce à la photosynthèse. Ces sucres sont indispensables au développement et à la croissance du champignon.
En retour, le champignon permet à la plante d’absorber plus efficacement l’eau et les nutriments, notamment le phosphore, l’azote et certains oligo-éléments présents dans le sol. En quelque sorte, il prolonge et démultiplie le système racinaire de la plante, qui peut alors explorer un volume de terre beaucoup plus important, parfois en profondeur.
Dans un jardin, un potager ou un verger, favoriser le développement des mycorhizes permet donc d’obtenir des végétaux plus robustes, mieux enracinés et mieux armés face aux conditions difficiles.
Le fait que les mycorhizes captent les nutriments et l’eau pour permettre à la plante de les assimiler plus facilement représente déjà un bénéfice majeur. Grâce au réseau déployé par le mycélium, les plantes accèdent plus facilement aux éléments nutritifs et à l’humidité. Mais les avantages ne s’arrêtent pas là, aussi bien pour les plantes que pour la qualité du sol.

Le réseau mycorhizien aide les plantes à mieux absorber l’eau et les nutriments disponibles dans le sol.
Les mycorhizes ne profitent donc pas uniquement aux plantes. Elles participent pleinement à l’équilibre biologique du sol, ce qui explique leur importance dans les jardins conduits de façon naturelle.
Les sols riches, humifères, bien drainés et peu perturbés n’ont pas toujours besoin d’un apport de mycorhizes. Dans ces terres vivantes, les champignons utiles sont souvent déjà présents naturellement. En revanche, la mycorhization devient particulièrement intéressante dans les sols très pauvres, peu humifères, compactés ou dégradés par les activités humaines.
Un sol sablonneux, par exemple, peut bénéficier d’un apport de mycorhizes, car il retient peu l’eau et les éléments nutritifs. Les champignons mycorhiziens peuvent aider les plantes à mieux exploiter ce type de terrain.
On peut aussi ajouter des mycorhizes dans le substrat des plantes cultivées en pot. Elles améliorent la qualité du terreau et favorisent un enracinement plus efficace, ce qui est très utile dans un volume de substrat limité.
Les plantes soumises à des conditions de stress, comme la sécheresse, la salinité du sol, les températures extrêmes ou une transplantation difficile, se montrent souvent plus résistantes lorsqu’elles bénéficient d’une bonne mycorhization.
Enfin, les mycorhizes peuvent aider à réduire le recours aux engrais, qu’ils soient chimiques ou naturels. Contrairement aux engrais, dont l’action est ponctuelle, les mycorhizes peuvent s’installer durablement dans le sol si les conditions leur sont favorables.
Naturellement, environ 90 % des végétaux développent une symbiose mycorhizienne. Certains champignons mycorhiziens, comme les cèpes ou les truffes, sont d’ailleurs bien connus des amateurs de champignons et des gourmets.
La plupart des plantes cultivées au jardin, au potager, au verger, sur un balcon ou une terrasse peuvent donc profiter des bienfaits des mycorhizes. Dans le commerce, on trouve généralement des produits adaptés à différentes catégories de végétaux.
Pour autant, certaines plantes ont des besoins plus spécifiques. Les mycorhizes doivent alors être capables de s’adapter à un environnement particulier, à un type de sol ou à des besoins nutritionnels précis :
D’autres plantes se passent de mycorhizes et ne dépendent pas de cette association symbiotique. Elles ont développé d’autres mécanismes pour absorber l’eau et les nutriments, ou vivent dans des environnements naturellement riches. C’est le cas de nombreuses Brassicacées, comme les choux, le radis, la moutarde ou les navets, mais aussi de certaines Amaranthacées, comme l’épinard, la betterave, le quinoa ou le chénopode, et de plusieurs Polygonacées comme l’oseille ou la rhubarbe.
Les mycorhizes se trouvent dans le commerce sous forme de poudre, à intégrer directement dans le sol. L’incorporation se fait surtout au moment de la plantation ou du rempotage, en pleine terre comme en pot. Il suffit de déposer la poudre au fond du trou ou de l’incorporer à la terre extraite, de façon à ce qu’elle entre en contact avec les racines.
On peut aussi ajouter des mycorhizes à une plante vieillissante, stressée ou fragilisée, installée depuis plusieurs années. Dans ce cas, il faut faire quelques trous à proximité des racines et y incorporer le produit. Un arrosage est toujours nécessaire après l’apport, afin de favoriser le contact avec le sol et les racines.
Il est essentiel de ne pas utiliser les mycorhizes en même temps que des engrais chimiques forts ou des fongicides, qui peuvent limiter, voire empêcher, l’installation des champignons bénéfiques.
Au-delà des apports du commerce, il est possible de créer des conditions favorables à leur développement. Les mycorhizes aiment les sols vivants, riches en matière organique et peu perturbés.
Un jardin conduit en douceur, avec peu de travail du sol et beaucoup de matière organique, favorise naturellement la présence de champignons utiles.
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